Construire un abri à insectes

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Vous souhaitez contribuer à la sauvegarde des insectes. Vous trouverez ici comment construire des gîtes et abris pour coccinelles, abeilles, guêpes, bourdons ... et ainsi contribuer à la sauvegarde de la biodiversité dans votre jardin. 

C'est facile, ludique, éducatif... Et très utile dans une Oasis Nature !

I - Intérêt écologique

En plus des herbes folles et des massifs fleuris, il est possible d’offrir à certains insectes - auxiliaires du jardinier - des gîtes sur mesure. 

Les insectes ont besoin d’abris pour y construire leur nid, pour passer l’hiver ou simplement la nuit ou le jour. Un jardin naturel composé d’une importante variété de plantes sauvage et de micro-habitats (bois mort, mur de pierres, tas de feuilles mortes…) offre suffisamment d’abris. La pose d'abris à insectes n’est alors pas nécessaire.

Mais s’il s’agît d’un milieu déséquilibré offrant une importante source de nourriture et peu de sites pour s’abriter, ou si l’on souhaite artificiellement augmenter la présence de certains insectes (notamment pour contrôler les parasites du potager) ou si l’on veut observer des insectes, la pose est alors justifiée.

II - Faisabilité technique

Différents types d’abris peuvent être réalisés en fonction des espèces que l’on souhaite attirer. Il existe des abris spécifiques pour les abeilles, pour les guêpes, pour les bourdons, les forficules (perce-oreilles), les coccinelles et de nombreuses autres espèces. Il est également possible de regrouper ces différents abris dans un "hôtel à insectes".

Les gîtes pour hyménoptères (famille des abeilles, guêpes, bourdons…)

Ces gîtes sont les plus faciles à réaliser : un fagot de tiges creuses ou de tiges à moelle, une bûche percée… sont autant d’abris qui peuvent être utiliss par les abeilles et les guêpes. Ils doivent être posés dans un endroit bien ensoleillé, à proximité de fleurs, de plantes nectarifères et d’arbres fruitiers à polliniser. Ils peuvent être installés à même le sol, accrochés à un poteau ou à un mur, suspendus à une branche ou déposés en hauteur.

La bûche percée doit être réalisée dans un bois dur (chêne, charme…), des trous de différents diamètres (de 3 à 15 mm) doivent être forés en les espaçant de quelques centimètres. Les bois d’œuvre ne doivent pas être utilisés car ils sont traités, les bois tendres sont également déconseillés car ils gonflent en présence d’eau.

Pour réaliser des fagots de tiges creuses, il suffit d’assembler une dizaine de morceaux de tiges creuses de 8 à 20 centimètres de longueur et de 2 à 10 mm de diamètre en petites bottes solidement liées avec un fil. Il faut ensuite boucher l’une des extrémités de ces tiges avec de l’argile ou de la terre. Les plantes conseillées pour réaliser ces fagots sont la canne, le bambou, le roseau, la paille de céréale ou les tiges de certaines ombellifères. Pour réaliser des fagots de tiges à moelle, utiliser des tiges de sureau, de framboisier, de tournesol ou de ronce.

La réalisation d’un abri à bourdon nécessite un pot de fleur en terre cuite d’un diamètre minimum de 15 cm et d’un peu de paille. Il faut veiller à ce que le trou de drainage ait un diamètre d’au moins 15 mm. Le pot sera rempli à moitié de paille, éventuellement mélangée avec des feuilles mortes, de la mousse… Puis, il sera enterré horizontalement dans un talus (ou un tas de terre artificiel) bien ensoleillé. Pour assurer la communication avec l’extérieur, il suffit d’enfoncer un tuyau dans le trou de drainage et de le faire déboucher horizontalement à la surface du talus.

Les abris à forficules (perce-oreilles)

Les perce-oreilles vivent la nuit et se réfugient le jour dans des endroits sombres et frais. Ils sont consommateurs de pucerons et d'autres insectes parasitant des plantes. Pour offrir un gîte aux forficules, il suffit d’un pot de fleur en terre cuite, d’attacher une corde au milieu d’un bâton (dont la taille est plus grande que le diamètre du pot) et de passer l’autre extrémité de la corde à l’intérieur du pot.  Elle doit ressortir par le trou de drainage. Puis il faut remplir le pot avec de la paille, du foin ou des fibres de bois légèrement humide. Ensuite accrocher le pot à l’envers à une branche en veillant à ce que la longueur de la corde n’excède pas 5 cm. Le pot sera placé près d’une haie ou d’un tas de bois mort. La vidéo au bas de cet article vous montre comment faire.

Les gîtes à coccinelles

Il s’agît d’un refuge hivernal qui imite les interstices que peuvent trouver les coccinelles sous l’écorce des arbres ou dans les vieux murs. Ce gîte permet de fixer dans le jardin une petite population de coccinelles. Pour construire un gîte à coccinelles, il faut se munir de six planchettes carrées de 15 cm de côté et de 5 mm d’épaisseur, d’une tige filetée et de plusieurs écrous. Les planchettes seront percées au centre d’un trou correspondant au diamètre de la tige filetée (normalement 7 mm). Puis il faudra assembler les planchettes en les espaçant de 5 mm avec un écrou vissé entre chacune d’elles. Ce « sandwich » sera placé dans une boîte en bois installée dans un endroit sec, à l’abri du vent et de la pluie et orienté au sud ou au sud-est. Ainsi, si elles trouvent ce gîte, les coccinelles seront à l’étroit et à l’abri des intempéries et auront plus de chances de passer l’hiver dans de bonnes conditions. Dès le printemps, elles seront alors prêtes à se reproduire et à se nourrir à la première apparition des pucerons.

L’hôtel à insectes

L’hôtel à insectes est un concept qui permet d’optimiser la présence, par la survie hivernale, des insectes qui sont souhaités dans des écosystèmes où la pollinisation et la biodiversité sont souhaitées. Il s’agît d’une construction regroupant les différents types d’abris à insectes dans une seule et même structure. Elle regroupera ainsi des gîtes à abeilles, à guêpes, à coccinelles, à bourdons… Il sera donc composé de divers matériaux  tels des nattes de roseaux enroulés, des fagots de tiges creuses, de tiges à moelle, des briques creuses remplies de glaise ou de paille, des vieux bois empilés, des bois secs troués…

III - Calendrier et échéancier

Les meilleures périodes pour installer des abris à insectes sont le printemps ou le début de l’automne. Les insectes débutent leur reproduction au printemps et dès juin, l’abri aura une chance d’être colonisé. À l’automne, les insectes recherchent des gîtes pour passer l’hiver à l’abri.

IV - Gestion et entretien

Une fois installé, il est déconseillé de déplacer l’hôtel. Il sert de lieu d’hibernation, d’abri et de lieu de reproduction (ponte, développement des larves) au printemps et en été. Il sera possible de rajouter ou de remplacer certaines tiges creuses ou tiges à moelle en veillant à ne pas retirer de tiges occupées facilement identifiables car obstruées.

L’efficacité dépend de la localisation mais également de nombreux autres facteurs dont la nature et la méthode de construction.

 

Voir les articles associés pour les nids et nichoirs

Commentaires

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vertmongre le 04 mai 2013 07:19:56
Merci pour toutes ces informations ! Les éco-délégués du collège de Mongré en ont construit un :http://www.humanite-biodiversite.fr/doc/une-oasis-nature-en-construction
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Nelly le 02 août 2012 19:46:35
Attention à l' orientation: jamais face au vent dominant !
Si possible jamais face au vent apportant la pluie ...
Attention à l'inclinaison, faible mais suffisante pour l'écoulement de l'eau en cas de pluie sur la façade.
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