"Humanité et Biodiversité" pour une conférence environnementale ambitieuse !
Le Président de la République française a décidé l’organisation d’une « Conférence environnementale pour la transition écologique », elle se tiendra les 14 et 15 septembre 2012, Humanité et Biodiversité y sera représentée.
Selon le Premier Ministre il s’agit d’organiser pour les questions environnementales, le pendant de ce que la Conférence sociale a été pour les questions économiques et sociales.
5 thèmes ont été retenus, l’énergie, la biodiversité sont les deux principaux, s’y ajoutent santé/environnement, fiscalité et gouvernance.
Une conférence pour engager la transition écologique
Selon la Ministre de l’Ecologie, Madame Batho, la conférence sera un point de départ et non un aboutissement, c’est, selon elle, la différence avec le Grenelle.
Concrètement, cela signifie que la conférence ne va pas arrêter une liste de mesures consensuelles devant ensuite être mises en œuvre durant le quinquennat (comme pour le Grenelle), elle devra plutôt arrêter pour chaque thématique les chantiers à ouvrir, puis définir l’agenda et les méthodes pour les traiter au cours de l’année (puisque le rendez-vous de la conférence sera annuel). C’est donc une conférence de méthode.
Pour illustrer en matière d'énergie, il va s’agir d’arrêter le cadre du débat national promis par le candidat François Hollande, quels thèmes seront abordés, comment, avec qui ? En matière de Biodiversité, quels champs devra traiter la loi cadre annoncée, quels autres sujets ne dépendant pas de la loi doivent être ouverts ?
La conférence sociale a fixé les priorités du Gouvernement en matière économique et sociale et le travail pour faire s’engage avec les partenaires sociaux, la conférence environnementale va fixer les priorités du Gouvernement pour engager la transition écologique avec les partenaires environnementaux.
Donc une conférence qui doit être ambitieuse !
Autant dire que cette conférence ne peut qu’être ambitieuse, tous les clignotants environnementaux sont au rouge, et au-delà on sait que la crise économique actuelle ne trouvera de réponse durable que dans un changement de modèle, le « business as usual » n’est plus tenable, ni pour l’environnement, ni pour l’économie, ni pour le social !
Début août 2012, nous avons peu de précisions sur le cadre précis des discussions et des contenus, mais à Humanité et Biodiversité, nous savons où doivent porter les priorités :
- Faire de la Stratégie Nationale Biodiversité un déterminant des politiques publiques, ce n’est pas qu’une affaire du Ministère de l’Ecologie, ceux de l’agriculture, de l’aménagement du territoire, de la santé, des finances, du redressement productif sont tout autant concernés. Et il y faut un outil de mise en oeuvre avec une agence de la Biodiversité.
- Intégrer pleinement le respect de la biodiversité en matière d’aménagement du territoire, lutte contre l’artificialisation, moyens et outils pour la mise en œuvre de la Trame Verte et Bleue, développement des Atlas communaux de biodiversité. Ici le lien avec la décentralisation est une évidence, le premier Ministre nous en a d’ailleurs donné acte lorsqu’il a reçu les associations le 24 juillet dernier.
- La réforme fiscale annoncée pour le quinquennat doit aussi être une réforme d’éco-fiscalité, la transition écologique ne se fera pas sans cela.
- Les politiques de santé doivent intégrer la question des liens entre santé humaine et santé des écosystèmes.
Nous avons, dès sa nomination, fait des propositions au nouveau Gouvernement, nous les porterons lors de la conférence pour qu’elles figurent dans la feuille de route.
Voir nos propositions (document joint).
Illustration: photo de Mme Batho (site du ministère)

Commentaires
Tout le monde est concerné (parfois sans le savoir ou l'admettre)... Faire en sorte que chacun, sans exception, réalise cette évidence ... et participe au changement de cap: Pas facile du tout ... Au moins les adhérents et sympathisants de Humanité et Biodiversité ont une tribune pour s'exprimer puisque l'association a voulu un site informatif et participatif malgré l'investissement que cela représente dans son budget.
Mais l'enjeu de la conférence, qui est une conférence de méthode, est de voir comment mettre en place un large débat public.
C'est une question dont la réponse n'est pas simple. Je rédigerais un papier sur le sujet.
Mais il est évident que le débat sur la transition écologique ne peut se réduire à un groupe de spécialistes.
Prenons un exemple du moment, le prix de l'essence.
Quel débat organiser? Comment trancher entre le pouvoir d'achat et la rareté de la ressource pétrolière?
J'ai assumé la représentation CFDT dans la commission Rocard sur la taxe Carbone, les tensions étaient très fortes entre les défenseurs des consommateurs et ceux dont je faisais partie qui pense que le réchauffement climatique ( comme la perte de biodiversité) est un enjeu majeur pour l'humanité.
La fin du débat a été sifflée par le conseil constitutionnel qui a annulé la mesure.
Mais ce sujet mérite de longs échanges.
Sur la gouvernance, il faut que les commissions développement durable de l'assemblée nationale et du Sénat soient dynamiques sur la biodiversité et que la transition énergétique ne consomme pas "leurs énergies". je reviendrais sur le contour de l'Agence de la biodiversité et son articulation avec l'ANSES..