"Inventer un nouvel humanisme"

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L’homme a-t-il toujours été un prédateur pour la nature ?

Il n’est pas nouveau que les êtres humains se comportent mal à l’égard de la nature. Depuis l’apparition de l’homo sapiens, l’homme est faible et démuni par rapport aux autres espèces. Mais il a reçu un cadeau, l’intelligence, qui lui a permis de survivre et d’exister. Cette force positive au départ est devenue progressivement un élément négatif. Nous avons développé des technologies qui permettent aujourd’hui de détruire des forêts entières et de vider les océans de ses poissons. Notre influence sur l’environnement est énorme. Nous sommes les seuls responsables et les seuls à pouvoir y remédier. Il faut inverser la tendance pour vivre en harmonie avec la planète.

Les négociations internationales sur le climat patinent…

Aujourd’hui, on a l’impression que ce qui domine c’est la lassitude et le pessimisme en matière de défense de la nature. Mais le réveil vert existe aussi. Le mouvement de défense de la nature a émergé il y a un siècle et demi aux Etats-Unis. Il poursuit son combat. Car là où croît le péril, croît aussi ce qui sauve.

Il faut aussi impliquer les gens à leur échelle. Le mouvement que je préside « Humanité et Biodiversité » a développé une initiative à laquelle chacun peut adhérer : les « oasis nature », qui demande aux propriétaires d’un terrain de faire, chez eux, tout ce qui est orienté vers la protection de la vie : pas de pesticides, pas de surplus d’engrais… C’est important de donner aux gens le sentiment de pouvoir être acteur de la protection de la nature.

Vous insistez sur la nécessité de protéger la biodiversité, pourquoi ?

Nous sommes dépendants de la diversité de la vie sur terre. A terme, c’est notre capacité à produire notre nourriture qui est en jeu.

Nous devons inventer une nouvelle définition de l’humanisme. Avant, ce terme mettait l’humain au centre. A présent, l’homme doit prendre conscience qu’il est une espèce comme les autres, dépendante des autres, soumise aux lois de la nature et qu’il doit les respecter. Car, à terme, il pourrait disparaître, comme d’autres espèces auparavant.

Quelles sont les questions que se pose aujourd’hui la recherche en astrophysique ?

La grande interrogation est de savoir s’il existe de la vie ailleurs dans l’espace. Nous nous demandons aussi, toujours, comment s’est passée la naissance de l’univers. Une autre source de questionnement est la matière noire et l’énergie noire. Nous ne connaissons rien de ces éléments qui constituent pourtant 95 % de l’univers. En résumé : nous n’avons de connaissances que sur 5 % de l’univers !

Propos recueillis par Elodie Bécu

Source: http://www.leprogres.fr/actualite/2013/09/23/inventer-un-nouvel-humanisme

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