Le renard, un petit prédateur

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Élements de biologie 

Le Renard (Vulpes vulpes LINNE 1758) mesure en moyenne 1,25 m, queue comprise, pour un poids moyen de 6 à 7 kg (au maximum 10 kg). Le museau est allongé, les oreilles pointues, la queue touffue, en panache. Le pelage est roux dessus, blanchâtre dessous.

Il vit en clan; un mâle pour plusieurs femelles. Son terrier, situé en terrain sec, comprend plusieurs galeries creusées jusqu’à 3 ou 4 m de profondeur.

L’accouplement a lieu en janvier; les naissances se situent souvent en mars. Les 3 à 6 petits (souvent 4 à 5) sont autonomes dès 5 mois. Il fréquente les forêts et les bosquets, les haies, les prairies, les cultures et même les villages et les abords des villes où il entre parfois. Son territoire varie de 50 à 500 ha. On peut l’entendre glapir et japper, ou aboyer. Piètre grimpeur, c’est un excellent marcheur. Il trotte, saute ou nage sans problème.

C’est un animal nocturne, parfois diurne en été.

RAPPEL : Les persécutions que le renard a subies (pour mémoire: 24000 renards tués en 1969 et 82000 en 1970) ont été décidées suite à la réapparition de la rage en France. La réduction drastique des populations de renards a été inefficace: ce n’était pas la bonne stratégie. Dès 1978 la Suisse vaccine ses renards mais il faut attendre 1986 pour que notre pays l’imite. Depuis la rage a peu à peu disparu de France.

Alimentation

Le Renard est un opportuniste et son alimentation varie au fil des saisons.

Il se nourrit surtout de micromammifères: L’essentiel de ses repas est constitué de petits rongeurs*. La consommation de très nombreux campagnols par jour favorise la pousse de l’herbe dans les pâtures, ce qui fait du renard un auxiliaire des paysans qui pratiquent l’élevage de plein air.

Il capture aussi des lapins de garenne et comme tout prédateur ses proies sont d’abord les animaux affaiblis par la maladie ou tout autre handicap.

Il consomme énormément de vers de terre, apprécie les fruits: cerises, prunes, mûres, et pommes, selon la saison. Il mange les charognes déposées par les éleveurs et tout cadavre trouvé sur son chemin.
Occasionnellement, il mange aussi des oiseaux (2% du régime alimentaire), en particulier les animaux dits de tir lâchés par des sociétés de chasse. Il lui arrive de capturer des reptiles (lézards), des poissons, des insectes (guêpes, sauterelles) ou des escargots.

Le “Chasseur de l’Oise” de décembre 1996 indique que le renard “mange beaucoup de souris et de mulots, ce qui le rend utile dans l’équilibre de la faune”.

Avis de chasseurs

Depuis longtemps, des chasseurs plus observateurs et plus réfléchis que la majorité, ont pris le parti de cesser les destructions de carnivores sans avoir à le regretter. Un témoignage en ce sens figure même dans Le Chasseur français d’août 1955, p.107. Et d’autres revues de chasse publient parfois des articles intéressants fustigeant la responsabilité de l’homme.

“Le syndrome du bouc émissaire” Sous ce titre J. Launay précise dans “La revue nationale de la chasse” d’octobre 1990:“en détruisant des milliers de petits rongeurs, le renard est un allié précieux pour l’agriculteur”. Et dans “Le petit livre vert des chasseurs” n°15 - 1992, Pierre Daillant, président de l’Union nationale des fédérations départementales des chasseurs, explique que “La prédation est un acte naturel: la vie ne peut s’entretenir qu’à travers la mort...Tout être vivant à l’état sauvage a un rôle à jouer y compris celui d’éliminer les plus faibles parmi .les individus d’autres espèces pour maintenir les populations en bonne santé”.

Dans la revue “Connaissance de la chasse, n° 240 d’avril 1996, on peut lire: “c’est une utopie de croire que les populations de perdrix redeviendront abondantes en faisant disparaître les prédateurs. Les prédateurs prélèvent ce qu’ils doivent prélever, jouant ainsi leur rôle. Le pire des fléaux est l’appauvrissement du milieu”.

Avis de scientifiques

On connaît de nombreux exemples où de fortes populations de renards coexistent avec des densités importantes de gibier.” Informations Techniques des Services Vétérinaires n° 64 à 67.

Le vétérinaire C. Bougerol explique: 6 à 10 000 petits rongeurs par an, voilà ce que mange un renard! nous sommes donc loin du "mangeur de poules" tellement detesté. ... Il n’en capture guère que dans les endroits non grillagés. Il en va de même de la volaille-gibier inconsidérément "relâchée" dans les bois et les guérets. Le renard se contente d’exercer son rôle de prédateur-nettoyeur.

Deux spécialistes de la biologie du renard, C. Rivals (Université de Toulouse) et M. Artois (Laboratoire d’Etudes sur la pathologie des animaux sauvages de Malzéville), exposent les conclusions auxquelles ils sont parvenus :

Depuis toujours le renard est considéré comme un nuisible. Cette opinion est maintenant battue en brèche grâce aux études des zoologistes et éthologues: chaque renard est le destructeur de quelques milliers de rongeurs par an, particulièrement nuisibles, et de quelques lapins et volatiles le plus souvent maladroits ou malades. Dans l’équilibre du milieu, il participe donc tout naturellement à la lutte pour la vie, à la sélection des meilleurs et à l’élimination des faibles, des malades et des morts, évitant pullulation ou épidémies. Ce rôle de "policier sanitaire" a été maintes fois souligné, y compris par les plus grands chasseurs. Bulletin de l’institut National de Recherche Agronomique (INRA) n° 29, décembre 1996.

Que faire en cas de problème ?

On reproche au renard de capturer
1.    du gibier : Il s’agit surtout d’animaux élevés et lâchés pour le plaisir de les tuer. Ces animaux (faisans, perdrix ou lièvres) inadaptés à la vie sauvage, n’ont pas leur place dans la nature. Le renard intervient, comme c’est son rôle, pour les éliminer. La loi du moindre effort les lui fait préférer aux animaux de souche sauvage qui connaissent bien leur territoire, sont aux aguets, et ne deviennent proies qu’après un accident, ou une maladie. Le problème n°1 est donc la pratique des lâchers de tir. Humanité et Biodiversité en demande l’interdiction.
2.    des volailles : Certaines administrations jouent la carte de la pédagogie et donnent les indications de bon sens. Ainsi la Direction Départementale de l’Agriculture des Vosges rappelle aux propriétaires d’élevages que “les prédations peuvent être réduites par des mesures préventives: les volailles enfermées le soir dans un local bien clos ou à l’intérieur d’un poulailler entouré d’un solide grillage seront à l’abri du renard”. L’administration note aussi le rôle régulateur du renard puisqu’il prélève des animaux blessés, malades ou se nourrit d’animaux morts.

L’utilisation de répulsifs est aussi très efficace.

Voir les articles liés :

La Belette

Le Blaireau

La Fouine

L'Hermine

La Martre

Le Putois

en document joint: une peinture de Bernard Duhem.

*Le renard chasse le campagnol...VIDÉO CI-DESSOUS

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Commentaires

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Humanité et Biodiversité le 05 août 2013 19:50:06
Voici des idées pour construire la partie grillagée du poulailler anti-renard
http://www.youtube.com/watch?v=0uWZRY775bg
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Michel Lamarche le 14 novembre 2012 23:03:09
Si vous regardez la photo # 23 accessible via le lien à mon site web ici: http://www.findnature.com/faune/photo-renard-roux.html?app=index&photo=30, vous verrez le fantastique saut du renard roux décomposé en 3 étapes...
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Michel Lamarche le 14 novembre 2012 00:21:34
Voici un lien à 25 de mes photos de renard: http://www.findnature.com/faune/photo-renard-roux.html?app=index&photo=30
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