Commentaires

Jach%c3%a8re
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jean Pierre BOMPARD le 25 juillet 2012 04:08:09

La réponse de Claire est argumentée et solide, cela justifie d'autant plus la relance du grenelle de la mer, car la conférence sur la transition écologique ne pourra pas traité la question ou alors de manière tronquée, ce qui était le cas sous le précédent président. Dissocier la mer de la pêche est un mystère de la politique.

Je soulève un autre problème: celui des émissions par les navires :
http://worldmaritimenews.com/archives/61962
T%c3%a9l%c3%a9chargement
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Claire Nouvian le 25 juillet 2012 01:50:00
Merci pour le lien. Pour info aussi :
1/ Les emplois concernés gonflent de jour en jour, les armateurs parlaient d'une centaine d'emplois au début de la Mission Pêches Profondes, puis 200 à la fin, version haute sur laquelle on était restés. Comment des captures qui représentent 1,4% des captures françaises pourraient-elles générer 600 emplois ? Nous attendons une démonstration rationnelle et transparente.
Une façon d'augmenter les chiffres est de prendre en compte tous les bateaux possédant des permis spéciaux espèces profondes bien que ceux-ci ne les possèdent que pour pouvoir débarquer des espèces inscrites aux annexes du règlement de 2002 (rég. 2347/2002), qu'ils attrapent alors qu'ils ciblent, à de plus grandes profondeurs qu'autrefois, certes, des espèces non profondes comme la lotte.

2/ Pourquoi parler de pertes d'emplois alors que le règlement ne propose aucunement d'interdire la pêche profonde mais simplement d'interdire une méthode de pêche ? Qui est d'ailleurs décrite à l'unanimité scientifique comme une méthode terriblement destructrice des écosystèmes et des espèces ? Voir la liste des références scientifiques ici (70 articles contre zéro en défense du chalutage profond) :
http://www.bloomassociation.org/download/Bibliographie_sur_les_impacts_des_chaluts_profonds.pdf
Personne n'empêche donc les armateurs français de convertir leurs navires. D'ailleurs, la Scapêche l'a fait dans l'océan austral lorsque CCAMLR a interdit le chalutage profond en 2006. Cela n'a généré aucun émoi de leur part semble-t-il.

3/ Pas de raison non plus que les autres ports bretons soient affectés puisque pratiquement aucune espèce profonde n'y est débarquée (données France AgriMer du temps du Grenelle reprises page 56 dans le rapport de BLOOM : http://www.bloomassociation.org/download/Profil_ecologique_et_socio-economique_des%20peches_profondes.pdf)

4/ Boulogne-sur-Mer n'a plus que 2 navires appartenant à Euronor qui débarquent des espèces profondes : André Leduc et Cap Saint Georges, qui sont des "spécialistes" plein temps et pourront reconvertir leurs méthodes de pêche également puisque comme la Scapêche, ils sont adossés à un énorme groupe industriel qui a les moyens de l'investissement s'ils le souhaitent (Intermarché pour Scapêche et UK Fisheries pour Euronor). S'ils pensent le contraire, c'est sans doute que ces pêches ne sont pas assez rentables et comme nous l'avons montré, elles sont même déficitaires MALGRE les subventions publiques substantielles dont elles bénéficient, ne serait-ce que par la détaxe sur le gasoil.

5/ Le chiffre d'affaires de la Scapêche ne nous dit rien de son résultat net et celui-ci, consultable jusqu'en 2009 inclus (ils ont cessé de la faire depuis, malgré l'obligation légale du Code du Commerce de déposer leurs comptes). Si vous voulez voir le niveau de déficit et de subventions de cette société comme des autres acteurs français de la pêche profonde, suivre le lien :
http://www.bloomassociation.org/download/Profil_ecologique_et_socio-economique_des%20peches_profondes.pdf
Aller sur les pages 97 et suivantes.

Force en tous cas est de saluer la mobilisation de la presse et des élus bretons aux côtés d'Intermarché pour empêcher toute avancée dans la protection de l'environnement et continuer à assurer la protection des bénéfices d'un géant de la distribution (car si l'armement d'Intermarché est déficitaire, il faut bien qu'il y ait création de richesse quelque part, or où ailleurs qu'aux rayons poissonnerie des supermarchés ?).

Pas certain que le projet de société derrière la fronde bretonne de défense des pêches profondes fasse rêver l'ensemble des Bretons, ni les autres députés européens, malgré la détermination d'Isabelle Thomas et autres députés PS à les en convaincre et à entrer dans l'histoire comme ceux qui auront fait échouer un des rares projets ambitieux pour l'environnement et les finances publiques de l'Europe.

Si être socialiste au 21ème siècle signifie défendre les intérêts d'énormes groupes industriels au détriment des autres Français, à commencer par toute une profession de pêcheurs artisans, bénéficiant quasiment d'aucune aide publique, alors il est peut-être temps pour le parti socialiste d'enlever "socialiste" de son nom et de s'apprêter à perdre un certain nombre de sympathisants.

Bien cordialement.
Jach%c3%a8re
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jean Pierre BOMPARD le 24 juillet 2012 16:02:08

Un point de vue qu'il faut savoir.

Les armateurs vent debout contre l'interdiction de la pêche en eau profonde

Par Stanislas Du Guerny | 24/07 | 07:00

Les élus bretons et les armateurs estiment que l'interdiction de cette pêche en eau profonde dans l'Atlantique Nord projetée par Bruxelles anéantira une partie importante de la filière.

cette décision est tout à fait incompréhensible », explique Tristan Douard, le directeur général de l'armement Scapêche (43,2 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2011) basé au port de Lorient. Il s'insurge contre la proposition de règlement de la Commission européenne qui veut progressivement interdire la pêche au chalut dans les eaux profondes de l'Atlantique Nord pour préserver les espèces. Si le projet de la Commission européenne est accepté par le Parlement européen, « cela reviendra à supprimer totalement le chalutage dans les fonds de plus de 200 mètres, soit 40 % de nos captures », continue Tristan Douard. Filiale d'Intermarché, Scapêche est le premier armement français de pêche et assure risquer ainsi de perdre des apports de l'ordre de 10.000 tonnes par an de merlus, sabres noirs ou lingues bleues.

Les scientifiques du Ciem, le Conseil international pour l'exploration de la mer, qui regroupe l'ensemble des instituts de recherche dédiés aux océans des différents pays de l'Atlantique Nord, vient pourtant de démontrer que « les stocks de poissons sont en forte hausse ». Il précise que le chalutage n'atteint pas les massifs coralliens.

L'avis de la commissaire européenne à la Pêche, Maria Damanaki, est tout autre. Elle affirme que les risques de disparition des espèces sont très importants. Par conséquent, elle donne deux années aux armements pour stopper ce type de chalutage (filets larges de 30 mètres).
Emplois en jeu

Sa décision pourrait entraîner la disparition de 600 emplois à Lorient, selon les armateurs. Les autres ports bretons risquent aussi d'être touchés ainsi que l'armement Euronor situé à Boulogne-sur-Mer. Mais la Commission européenne n'est pas seule à statuer, elle va devoir prochainement soumettre son projet au Parlement. « Son vote est très incertain, les députés de Budapest ou du Tyrol se sentiront-ils vraiment concernés ? », se demande Tristan Douard. Isabelle Thomas (PS) et Alain Cadec (UMP), deux députés bretons du Parlement européen, se sont emparés du dossier et espèrent pouvoir convaincre leurs homologues, afin de les inciter à voter contre le texte de la Commission européenne. Si c'est le cas, la décision finale reviendra alors au Conseil des ministres des Pêches.

De leur côté, les associations de défense de l'environnement sont ravies : « L'adoption du texte de la Commission marque une avancée décisive dans la protection des océans profonds », explique l'association Bloom, spécialisée dans la pêche durable.

Stanislas du Guerny, Les Echos
CORRESPONDANT À RENNES


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Humanité et Biodiversité le 23 juillet 2012 20:44:38
Un site officiel français à connaître http://wwz.ifremer.fr/institut/L-institut
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