Les évènements climatiques extrêmes et le vivant

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Les changements climatiques contribuent-ils au mitage de la couche d’ozone?

     Plus d'orage, c'est moins d'ozone.

 

Les gros orages contribueraient, indirectement, au mitage de la couche d’ozone. Si elle était confirmée, cette découverte alourdirait le bilan, sanitaire notamment, des changements climatiques. Explication.

La réalité est en train de rejoindre le mythe. Bien qu’ils n’aient que peu de choses en commun, mitage de la couche d’ozone stratosphérique et renforcement de l’effet de serre sont souvent confondus par les non-spécialistes. Est-ce la présence, dans les deux phénomènes, de gaz un peu exotiques, du fait que ces mécanismes se déroulent dans des endroits inaccessibles de l’atmosphère et qu’ils résultent des activités humaines? Qui sait? Seule certitude: le grand public les lie fréquemment. A tort, estiment les scientifiques. «Estimaient», devra-t-on probablement dire.

Car la science vient finalement d’unir les deux phénomènes. Et pas forcément pour le meilleur. Dans un article publié jeudi 26 juillet dans Science (voir le lien de cette source sous l'article ), James Anderson (université de Harvard) et son équipe annoncent avoir jeté une passerelle entre réchauffement climatique et disparition de l’ozone stratosphérique.

Financés par l’administration américaine de l’océan et de l’atmosphère (Noaa), leurs travaux ont établi que les plus puissants des orages projettent de la vapeur d’eau à une altitude bien plus élevée que ce que l’on imaginait. Jusqu’à présent, les gouttelettes étaient supposées être expédiées à 14 kilomètres au grand maximum. En fait, explique le spécialiste de la chimie de l’atmosphère, dans la moitié des orages étudiés, la vapeur d’eau a été propulsée à une altitude comprise entre 15 et 20 km. Cela change-t-il la face du monde?

En partie. Car, en flirtant avec les 20 km, l’eau du tonnerre gravite dans la partie la plus basse de la couche d’ozone stratosphérique, laquelle filtre les dangereux rayons UV du soleil. Or, à cette altitude, l’eau facilite la destruction de l’ozone par les molécules de chlore, résultant des activités humaine. En résumé, plus d’eau dans la stratosphère, c’est plus de «trous» dans la couche d’ozone.

Problème, comme l’énonçait le rapport spécial du Giec[1] sur les événements climatiques extrêmes, nombre et puissance des orages pourraient augmenter dans les décennies qui viennent à cause des effets des changements climatiques.

Première conséquence: le mitage de la fine couche d’ozone stratosphérique devrait encore se poursuivre, voire s’étendre. Et moins d’ozone en haute altitude, c’est plus de rayons ultraviolets qui arrivent à la surface de la terre, avec leur cortège de malheurs (http://www.cnrs.fr/Cnrspresse/n24a1.html ): accroissement du nombre de cancers cutanés, cataractes, mutations génétiques, accélération du déclin des amphibiens et de certaines espèces de poissons, réduction de la productivité végétale (blé, soja, maïs, notamment).

Seconde conséquence: un coup d’arrêt porté à l’une des techniques de géo-ingénierie les plus en vue. Nombre de climatologues estiment possible de «refroidir» le réchauffement en brumisant des sulfates dans les hautes couches de l’atmosphère, afin de «renvoyer» dans l’espace une partie de l’énergie solaire. Or, rappelle James Anderson, les sulfates sont un catalyseur des réactions chimiques - impliquant eau, chlore, brome- conduisant à la destruction des molécules d’ozone stratosphérique. En jouant les apprentis sorciers climatiques, on risque de dégrader considérablement notre écran total.

Mais nous n’en sommes pas encore là. Encore sous le choc de cette découverte, les chercheurs veulent poursuivre les recherches. D’abord, sur le futur des orages. «Nous ne savons toujours pas quelles seront les conséquences des changements climatiques sur les orages», reconnaît, dans les colonnes de Nature ( http://www.nature.com/news/storms-may-speed-ozone-loss-above-the-united-states-1.11063 ), le météorologiste Kerry Emmanuel (Institut de technologie du Massachusetts -MIT). Autre piste: la conséquence climatique de la diminution de la couche d’ozone. Composé de trois atomes d’oxygène, ce gaz est un gaz à effet de serre dont les effets restent mal connus. S’il engendre environ 10% de l’effet de serre anthropique dans la troposphère, l’ozone n’est pas pris en compte par le protocole de Kyoto, car, comme l’écrit la physico-chimiste de l’atmosphère Valérie Thouret (in Le Climat à découvert), «il ne peut pour l’instant être régi par une métrique simple».

Le 27 juillet 2012 par Valéry Laramée de Tannenberg

[1] Groupe international d’experts sur l’évolution du climat

 

Ces phénomènes, portés à notre connaissnce par des travaux scientifiques, ont de grandes conséquences sur le vivant et sa pérennité. Les évenement extrêmes ne peuvent que bouleverser nos écosytèmes .

 

Illustration du site http://www.journaldelenvironnement.net/article/les-changements-climatiques-contribuent-ils-au-mitage-de-la-couche-d-ozone,30137

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