« Notre galaxie contient au moins 100 milliards de planètes. »

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« Notre galaxie contient au moins 100 milliards de planètes. » La comptabilité menée par Arnaud Cassan à l'institut d'astrophysique de Paris donne le tournis. Selon ses travaux, la Voie lactée, une galaxie de taille moyenne selon les standards en vigueur dans l'Univers, contiendrait au moins autant de planètes que d'étoiles.

A ce jour, plus de 800 astres gravitant autour de soleils ont été formellement identifiés et plusieurs centaines d'autres sont en attente d'homologation. Autant dire que les chasseurs d'exoplanètes ne sont pas près d'être au chômage. Ils sont aidés par les satellites Kepler (Nasa) et Corot (Agence spatiale européenne) conçus sur mesure pour découvrir d'autres havres susceptibles d'abriter la vie.

Le premier de ces nouveaux mondes a été observé en octobre 1995 par deux chercheurs de l'université de Genève : Michel Mayer et Didier Queloz. Ces deux astrophysiciens, pères fondateurs de cette discipline, avaient utilisé un simple spectrographe mesurant la perturbation exercée par ces astres sur mouvement de son soleil pour détecter sa présence.

Il existe deux types principaux de planètes rocheuses ou telluriques. Pendant longtemps, les chercheurs ont pensé que tous les systèmes planétaires de l'univers étaient similaires au nôtre : un groupe de planètes solides tournant relativement près de l'étoile centrale et un autre gazeux gravitant sur des orbites plus lointaines. Avec ses quatre telluriques (Mercure, Vénus, Terre et Mars) et ses quatre gazeuses (Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune), le système solaire était donc l'illustration parfaite de cette théorie. En fait, on pense aujourd'hui que cette théorie est fausse et que les orbites des planète rocheuses ont évolué au cours du temps.

Derrière cette chasse aux exoplanètes qui ne fait que commencer se profilent deux questions qui ont inspiré nombre d'auteurs de science-fiction : « sommes-nous seuls dans l'Univers ? » et « pourrions-nous trouver refuge sur un autre astre en cas de besoin ? ». Face à ces interrogations, les scientifiques sont partagés. Pour nombre d'entre eux, la solution de l'énigme est dans les statistiques. Puisqu'il existe une quasi infinité de systèmes solaires plus ou moins similaires au notre, la probabilité pour que l'un d'entre eux ait vu naître la vie est forte.

Ni glaçon ni tison

L'astronome Ray Jayawardhana, à l'université de Toronto, estime ainsi qu'une vie extraterrestre -par hypothèse plus avancée que la nôtre -existe probablement et « nous ferait sentir tout petits et insignifiants » si nous la découvrions. Pour sa part l'Américain Howard Smith, à Harvard, défend l'idée d'une « Terre rare » et donc d'une vie sinon unique du moins très peu répandue dans l'univers. Il est évidemment impossible de départager ces deux écoles de pensée reposant sur des croyances personnelles plus que sur des faits avérés.

La vie, telle quelle est connue sur Terre, exige une série de conditions physiques et chimiques qui sont assez bien répertoriées. La taille de l'étoile centrale doit être proche de celle de notre Soleil. Si l'étoile productrice d'énergie est trop grosse, elle consomme trop vite son carburant. Si elle est trop petite, c'est l'inverse et la machine biologique n'a pas le temps de s'amorcer. Il faut donc « donner du temps au temps » pour permettre à l'évolution de faire son oeuvre. Au bas mot plusieurs milliards d'années.

De son côté, une planète doit posséder plusieurs caractéristiques pour être habitable. Elle doit être assez grosse pour retenir son atmosphère sous l'effet de la gravité, mais pas trop au risque d'écraser ses occupants. Elle doit posséder de l'eau (de préférence à l'état liquide) et croiser à la bonne distance de son étoile. Bref, il vaut mieux être de petite taille (entre 0,4 et 4 masses terrestres) et n'être ni glaçon ni tison. Il faut aussi une orbite pas trop elliptique entraînant de grandes variations de température entre les saisons.

Côté chimie, les ingrédients sont eux aussi assez bien connus : carbone, oxygène, azote et hydrogène, plus un peu de phosphore, de sodium et de calcium. Selon les premières estimations du satellite Kepler, près de 13 % des étoiles de la Voie lactée proposent ces conditions paradisiaques. Soit au minimum 13 milliard d'étoiles. Il n'y a plus qu'à choisir.

ALAIN PEREZ

Source : http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/innovation-competences/sciences/0202162639432-allons-voir-ailleurs-dans-le-cosmos-353252.php

 

REMARQUE:

LA PHOTO INTRODUITE DANS L'ARTICLE PROVIENT DE http://apod.nasa.gov/apod/ap120801.html

Elle ne figura pas dans la page des Echos 

Commentaires

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Nelly le 16 août 2012 06:55:07
Grande question: "Sommes-nous seuls dans l'univers?" C'est aussi le titre d'un livre auquel a participé Hubert Reeves
http://www.hubertreeves.info/livres/sommesnous.html
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