Oasis Nature, créer des micro-habitats

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Mur_micro-habitat

Chacune et chacun peuvent créer une Oasis Nature.

Celles-ci sont une application individuelle à la portée de tous.

Face à l'érosion importante de biodiversité - nous abordons une crise d'extinction de la biodiversité due en grande partie aux activités humaines - le souci de conservation du patrimoine biologique s'impose à toutes et tous.

La biologie de la conservation consiste à rechercher le maintien du maximum de biodiversité. Cette discipline s'appuie sur les sciences de la vie comme les sciences sociales ou l'aménagement du territoire au niveau d'un État.

Humanité et Biodiversité propose de l'étendre aux actions individuelles via les Oasis Nature.

Rochers en forêt : micro-habitats naturelsLes Oasis Nature sont des havres où faune et flore trouvent gîte et couvert. La réalisation de micro habitats est ,à ce titre, une action primordiale.

Définition d'un micro-habitat

Un micro habitat est un habitat de taille réduite qui diffère physiquement et écologiquement des conditions environnantes et qui satisfait un besoin vital d'un animal, d'un champignon ou d'une plante (individu ou population).

Si les grandes espèces emblématiques (loup, ours, cerf …) ont besoin de vaste espaces, il existe toute une foultitude de plantes, champignons et animaux qui se contentent de peu d'espace.

Elles ont souvent besoin à un moment de leur vie, soit pour se reproduire, soit pour s'abriter des intempéries d'un endroit qui leur offre des conditions  spécifiques.

Dans l'environnement urbain ou homogène, de petits coins pour  se réfugier, se reproduire ou se nourrir sont d'une  importance vitale. On citera une vasque avec de l'eau, une micro-parcelle de gazon non coupé, un creux dans un arbre, un pot de fleurs sur un balcon…

Les Oasis Nature promeuvent les micro habitats qui peuvent être naturels (une cavité dans un arbre) ou artificiels (un nichoir).

Les arbres, entre esthétique et écologie

L'écorce des arbres et arbustes, leurs branches, leurs cavités sont autant d'éléments qui profitent à la flore ou à la faune.

Mousses et lichens  s'installent au gré de l'humidité disséminés et circulant sur le tronc et ses ramifications.
Les branches charpentières et les cavités sont utilisés pour nicher par les oiseaux  troglodyte ou rouge gorge pour les plus basses, pouillot véloce  ou pigeon ramier pour les plus hautes.

Mais l'arbre est surtout le domaine des insectes.

Ces derniers sont présents sur toute la couche végétale des arbres et arbustes, des racines aux feuilles. Un chêne abrite pas loin de 19 espèces différentes d'insectes, du minuscule balanin en passant par le hanneton commun, le bombyx du chêne et le grand capricorne. Même mort, l'arbre continu à vire pour abriter et nourrir toute une variété de champignons et d'insectes.

C'est sur le tronc d'un arbre que le lierre pousse, indispensable à l'alimentation de nombreux  animaux et insectes de par sa floraison et fructification tardives.

C'est sur un arbre que les nichoirs à oiseaux, à chauve souris ou à osmies (abeilles solitaires) seront les plus efficaces. Enfin, un arbre branchu, comportant des cavités ou mort-sur-pied judicieusement dans un jardin revêtent un aspect esthétique évident.

Les tontes et fauches alternées

En France comme dans nombre de pays, les formations herbacées naturelles ont été profondément transformées pour répondre aux besoins de l'agriculture. Néanmoins, ces formation quand elles ne sont pas dégradées ont une diversité végétales d'environ 30 à 40 espèces pour 50 m2.

On estime qu'en  France, au moins 300 espèces de plantes rares et menacées sont confinés aux espaces prairiaux.

Réserver un coin de son jardin à une prairie naturelle, alterner la surface tondue sont des éléments importants pour bonifier un Oasis Nature. D'autant plus qu'insectes,  oiseaux et autres petits animaux (musaraignes, hérisson, reptiles…) en profiteront.

Donner une physionomie à votre Oasis Nature

Une communauté végétale est formée par plusieurs espèces et sa qualité écologique dépend de la taille de ceux ci (taille actuelle et à venir).

On distingue trois formes biologiques principales : arbre (plus de 7 mètres de haut), arbuste (végétaux ligneux  jusqu'à 7 mètres)  et herbe (en deçà d'un mètre).

Alternance de cultures et de zones non cultivées sont profitables à la biodiversitéLeur combinaison donne abri et nourriture à tout  un cortège d'autres plantes, de champignons et bien sûr d'animaux qui profitent spontanément de cette diversité de strates. D'autre part  cet étagement avec des espèces bien choisies s'avère très esthétique.

La grande variété des plantes disponibles procurent à chacun de multiples combinaisons possibles et une infinie de solutions adaptée à votre Oasis nature.

A chaque étage de végétation correspond un locataire. Ver et mulot au niveau du sol, merles et chenilles à l'étage intermédiaire tandis que les mésanges préfèrent vivre dans les arbres.

Laisser de la litière

Conserver tôt ou parie des produits de tontes, des tailles et de  la chute de feuilles c'est constituer une litière indispensable à la vie.

C'est là qu'une foule d'insectes et arthropodes vont vivre  et décomposer cette litière et constituer un humus, véritable terreau naturel pour le plus grand bien des végétaux présents.

Les vieux murs, un trésor de micro habitats

Un vieux mur restauré avec des matériaux naturels (éviter le béton) est une mine de micro habitats. La porosité du mur, l'existence de joints et fissures conditionnent les effets des pluies, rosées ou brouillards. Certains secteurs du mur seront bien irrigués et ainsi colonisés par des lichens (parmélie), algues et mousses.

Des successions d'espèces (rue des murailles, géranium herbe-à-Robert, capillaire noire, ruine de Rome) s'y installent produisant peu à peu de la matière organique.

Ancien murDes plantes supérieures (saponaire des murs, orpin blanc...) vont croître sur le faîte du mur en fonction des opportunités d'enracinement. Diptères (mouche à damier) et punaises (punaise écuyère)  sont attirés par la chaleur emmagasinée par le mur, abeilles solitaires comme les chalicodromes et guêpes maçonnes creusent des nids dans  les joints, mollusques et escargots y boulottent les lichens et les sels minéraux indispensables pour édifier leurs coquilles. Des acariens (les saxicolestes) y courent à la recherche des grains de pollen  transportés par les vents piégés par le mur.

Sous les coussinets des mousses, on trouve tout un monde fait de collemboles et de larves d'insectes tels les tardigrades qui prolifèrent grâce à l'humidité temporairement retenue par les bryophytes.

Enfin n'oublions pas le maître de lieux : le lézard de murailles.

Commentaires

D_2010-04-18(10)_17h01
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Gino-Robert le 29 mars 2012 00:22:38
Très intéressant votre texte sur la formation de micro-habitat facile à créer dans notre cour!
Photo_homme
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bernard L. le 27 mars 2012 14:18:24
Passionnant, la richesse que peuvent concentrer quelques micro-parcelles de nature ! Merci d'avoir rappelé le rôle des arbres (qui continuent à fournir le gîte et le couvert, même morts...).
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