Trame verte et bleue, un espoir pour la biodiversité

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Depuis le Grenelle de l’Environnement, en France, on parle beaucoup de trame verte et bleue, de réseaux et de continuités écologiques. Mais de quoi s’agit-il ?

Les réseaux écologiques, une réponse indispensable à l’érosion de la biodiversité.

On a longtemps cru qu’une politique de protection de la nature pouvait se contenter de s'appuyer sur des morceaux de nature remarquable protégés, par-ci et par-là, faisant office de « réservoirs » de nature, tels les parcs nationaux, les réserves naturelles etc.

Mais dans le contexte actuel d'une biodiversité en voie de régression massive du fait de la réduction des surfaces non bâties (l’équivalent d’un département disparaît sous le bitume tous les 7 ans), de la pollution, de la surexploitation des ressources, de la dégradation des milieux… la préservation de fragments de nature isolés dans l'espace, si elle reste nécessaire est insuffisante. Au milieu d’une « matrice » hostile, on ne peut se contenter de protéger tels ou tels milieux remarquables sans lien avec les autres.

En effet, la biodiversité est faite d’interrelation, entre les espèces, entre les espèces et les milieux… Ces interrelations permettent la résistance d’un milieu donné à une agression, à un changement, elles permettent aux écosystèmes de fonctionner. Sans ces interrelations, la vie ne perdurerait pas depuis des millions d’années et elle ne sera pas capable de s’adapter pour durer encore et préparer l’avenir, le nôtre compris.

Or fragmenter, isoler les milieux et les populations d’espèces qui y vivent, c’est réduire les interrelations.

On voit bien dès lors la nécessité de retisser la trame du vivant, la nécessité de relier les milieux, la nécessité de permettre aux espèces de se déplacer. Il faut « penser réseaux et continuités écologiques » : c’est tout l’enjeu de cet ambitieux projet de Trame Verte et Bleue

Il y a continuités et continuités

Pour un oiseau d’eau migrateur, la continuité peut s’entendre par le maintien ou la reconstitution de zones humides de loin en loin le long du littoral du nord au sud. Pour un insecte pollinisateur, la continuité peut correspondre à un ensemble d’espaces sans pesticide ni insecticide. Pour un petit mammifère, une simple succession de haies suffira. Pour la grande faune, un couvert forestier ou de prés de façon continue sur de grandes distances est nécessaire. Pour une plante, il va s’agir de maintenir des milieux favorables. Des batraciens auront, quant à eux, besoin d’un réseau de mares, etc…

Au final, la TVB doit être la résultante de multiples (re)constitutions partout, de continuités « fines », constituées de milieux favorables indispensables (les zones noyaux) et de ce qui permet d’assurer des connexions. On parle de la trame des landes, de la trame littorale, de celle des vieilles forêts et bocage, de la trame des milieux agricoles extensifs, de la trame des cours d’eau et milieux associés etc. L’objectif c’est de maintenir et même d’augmenter les espaces favorables à la biodiversité et leurs liaisons, en se rappelant que l’important c’est d’éviter l’irréversible : quand une tourbière disparaît sous un parking ou une pelouse sèche sous un lotissement, c’est pour toujours !

La Trame verte et bleue un engagement du Grenelle de l’Environnement

Les scientifiques ont mis en évidence l’intérêt des réseaux écologiques depuis plusieurs années, lors du Grenelle de l’environnement, sur proposition des associations (Humanité et Biodiversité alors Ligue Roc, FNE et LPO) la décision a été prise de créer le réseau écologique de notre pays : c’est la Trame Verte et Bleue (TVB).

Concrètement ?

La TVB n’est pas un outil de protection de plus, elle est un outil d’aménagement du territoire qui doit permettre la prise en compte de la nature partout.

Si l’on veut que la TVB existe, il faudra qu’en dernière étape les documents d’urbanisme (le PLU des communes, ou le SCOT d’un groupement de communes par exemple) intègrent les continuités écologiques, il faudra que les grands projets d’aménagement respecte la TVB,  il faudra que les grandes infrastructure de transports (une autoroute par exemple) soient conçues et aménagées pour ne pas être des barrières infranchissables.

Associer tout le monde

C’est un vaste chantier qui a été ouvert, et pour que cette ambition réussisse il convient de mobiliser tous les acteurs : les élus, les agriculteurs, les forestiers, les entreprises mais aussi les populations locales. C’est d’autant plus vrai dans un pays comme le notre ou les dynamiques naturelles sont liés aux dynamiques de la société (nous n’avons plus de grands espaces « sauvages »).

Comme le dit Robert Barbault du Muséum National d’Histoire Naturelle « Faire la trame verte et bleue c’est renouer les réseaux du vivant pour que la nature fonctionne mais c’est aussi dans les territoires, renouer les liens sociaux autour de la nature qui nous est indispensable ».

Commentaires

Me-22-avril-video-hb
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Michel Lamarche le 16 mars 2012 03:31:52
Précision: ce PMAD vise à doter le grand Montréal d'une ceinture et trame verte et bleue
Me-22-avril-video-hb
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Michel Lamarche le 16 mars 2012 03:28:17
Le Québec vient d'adopter le premier Plan métropolitain d'aménagement et de développement (PMAD) de la Communauté Métropolitaine de Montréal. Le plus "facile" est fait, l'adoption; maintenant, il reste à l'appliquer... Voici un bulletin de presse à cet effet: http://www.davidsuzuki.org/fr/medias/communiques-de-presse/2012/03/adoption-du-premier-plan-metropolitain-damenagement-et-de-developpement-pmad-a-l/
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