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5eme rapport du GIEC : peu disert sur la biodiversité

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Publié dans
le 02.10.13
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La cinquième édition du rapport GIEC vient de sortir, sous la forme simplifiée et imparfaite d’un « rapport pour les décideurs » de 36 pages. Bien qu’il évoque l’évolution de certains milieux, le document demeure à ce stade peu précis quant aux impacts des changements climatiques sur la biodiversité.

 

La production du rapport d’ensemble du GIEC est toujours un événement d’importance. Le groupe, qui en est à son cinquième cycle d’évaluation, vient de délivrer son « résumé à l’attention des décideurs », objet d’une négociation qui s’est achevée le 27 septembre à Stockholm. Il ne faut cependant pas confondre ce document avec le rapport scientifique proprement dit, qui sera diffusé pour sa part au mois de mars 2014, et dont le rapport évoqué ici ne constitue qu’une version très simplifiée.

 

Il n’en demeure pas moins que les grandes lignes tendancielles sont tracées. Le « rapport pour les décideurs » constate que le réchauffement moyen intervenu depuis 1880 est d’ores et déjà de 0,85°. Les concentrations de gaz à effet de serre atteignent 391 ppm (parties par million), ce qui représente une hausse de 40% par rapport aux valeurs pré-industrielles ; en outre les émissions annuelles de CO2 ont cru de 54% depuis 1990, ce qui ne fait que confirmer l’échec historique du protocole de Kyoto, dont les objectifs de réduction étaient calculés sur les mêmes bases.  L’ensemble de ces facteurs – et bien d’autres encore - permettent d’anticiper une élévation des températures qui se situerait à la fin du siècle dans une fourchette large, entre +0,3 et +4,8° pour la période 2081-2100. 

 

Il n’est pas inutile de noter que le rapport intègre bel et bien, quoiqu’en pensent les climato-sceptiques, des facteurs d’incertitude. Ainsi reconnaît-il la « variabilité substantielle » qui s’attache au  « réchauffement robuste multi-décennal », ou encore le rôle obscur de différents facteurs, comme par exemple l’effet de forçage des aérosols dans l’atmosphère. Il n’en demeure pas moins que les grandes tendances sont connues et reconnues par la communauté scientifique mondiale – incarnée dans le cas présent par les 833 auteurs des nouveaux rapports.

 

Mais quelles pourraient être les conséquences de ces différents bouleversements sur la biodiversité ? Malheureusement, le résumé ne contient aucune subdivision spécifiquement consacrée au sujet, et il conviendra d’attendre le rapport sur les impacts du réchauffement (groupe de travail 2) pour en savoir plus. Toutefois, les indications données par le résumé quant aux évolutions à prévoir sur les milieux laissent deviner quelques tendances. 

 

  • -Les océans paient un lourd tribu au réchauffement. Ils ont absorbé l’essentiel de ce dernier (90% entre 1971 et 2010), et il est « pratiquement certain » que l’océan superficiel (de zéro à 700 m de profondeur) s’est sensiblement réchauffé. Si la dynamique de ce que les chercheurs appellent le « contenu thermique océanique » est complexe, il y a indubitablement des effets sur la salinité (avec des zones désormais plus salées que d’autres, alors que ce critère témoignait d’une remarquable stabilité dans le temps) et bien sûr sur l’élévation du niveau des mers. Ce dernier augmente de 3,2 mm par an depuis le début des années 90, avec les effets qu’on sait sur les écosystèmes côtiers fragiles et les territoires faiblement émergés.
  • -Les milieux alpins et polaires souffrent également. La perte de glace des glaciers a été de 275 gigatonnes / an de 1993 à 2009. La perte enregistrée pars la calotte glaciaire antarctique est quant à elle de 147 GT/an. Le groupe estime en outre qu’ « un océan arctique pratiquement sans glace en septembre avant le milieu du siècle est un scénario « probable ». 
  • -Les précipitations seront bouleversées, surtout dans la ceinture tropicale. Ainsi les régions concernées par les systèmes de mousson vont-elles s’étendre, les dates de fin du phénomène étant repoussées dans le temps, à l’instar de ses limites géographiques. De façon générale le contraste entre régions sèches et régions humides ira en s’accentuant.
  • -Les régions boréales quant à elles seront marquées par un reflux des surfaces du pergelisol ou permafrost, de l’ordre de -37% d’ici à la fin du siècle. Ce phénomène pourrait engendrer des conséquences sur la biodiversité végétale locale dans la mesure où l’on a pu constater – en laboratoire pour l’instant – des reprises de germination de la part de graines emprisonnées dans ces sols gelés depuis plus de dix mille ans.

 

Le rapport pour les décideurs, en somme, n’explore que de façon périphérique la question des impacts du changement climatique sur la biodiversité. Le rapport précisément consacré aux impacts (du groupe de travail n°2) devrait sortir au mois de mars, et fournir des éléments plus précis. Il en ira de même du rapport 

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