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Espèces dites "nuisibles" : la position de Humanité & Biodiversité

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Concernant le dispositif de réglementation des espèces dites "nuisibles" en France, Humanité et biodiversité demande :

◊  l’abandon de la notion « d’espèces nuisibles »

Tous les scientifiques ont banni le terme « nuisible » de leur vocabulaire. La biologie, l’éthologie (étude du comportement animal), l’écologie l’ont prouvé : chaque espèce a sa place et un rôle au sein de l’écosystème et des équilibres naturels. Certains chasseurs l’admettent d’ailleurs très bien : « Le terme nuisible doit être retiré du langage cynégétique car, derrière cette terminologie se profile les pires excès » (J.-L. Baraillé, revue Nationale de la chasse, avril 1991).

◊  l’utilisation de l’expression « espèces pouvant poser problèmes » en ramenant ces problèmes à des impacts réels, ponctuels et locaux appelant une réponse ciblée.

Il ne s’agit pas pour autant de nier que la présence de certaines espèces peut localement causer des difficultés aux activités humaines et que leur prélèvement est parfois nécessaire. Mais le problème doit donc être posé en ces termes et non sur la base d’une « nuisibilité absolue » d’une espèce.

En conséquence, Humanité et Biodiversité demande à ce que soit mis en place un système où le prélèvement d’individus serait plus juste et plus ciblé, en réponse à un réel problème, notamment économique ou sanitaire.

Ces prélèvements ne pourraient être accordés que :

- lorsqu’aucune autre solution que le prélèvement n’aurait pu se révéler efficace. Des mesures de protection, d’évitement ou d’effarouchement doivent être mises en place prioritairement à toute action létale de chasse ou de piégeage ;

- localement et ponctuellement, en réaction à des dégâts avérés. Par exemple, le fait qu’un renard attaque régulièrement l’élevage de poulets de Monsieur X ne justifie pas que l’espèce Vulpes vulpes soit régulée systématiquement sur l’ensemble du département ;

- avec l’appui de diagnostics scientifiques chiffrés permettant de dire que le prélèvement ne remet pas en cause la viabilité locale des populations considérées.

- avec l’assurance que la nature de l’intervention ne va pas engendrer de nouveaux problèmes environnementaux d’envergure potentiellement beaucoup plus considérable. En ce sens, l’utilisation de poisons est à proscrire autant pour l’impact de ces produits sur d’autres espèces que pour la pollution chimique qu’elle entraîne. Les « appâts toxiques » déposés dans les étangs pour combattre les ragondins en sont un exemple spécifique.

Commentaires

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2012-10-26 16:29:33 +0200

Des pièges tuants à appâts (végétal ou carné) peuvent être installés partout en France. Par définition, les pièges utilisant des appâts ne sont pas sélectifs dès lors que l’espèce visée partage le même régime alimentaire que d’autres espèces. Les appâts carnés sont en effet susceptibles d’attirer tous les carnivores, protégés ou non, « nuisibles », et bien sûr domestiques. Les substances chimiques destinées à empoisonner l'animal sont aussi barbares. S'il convient de revoir l'appellation de l'animal, il convient aussi de revoir notre rapport au vivant, dans sa globalité. Tuer avant d'avoir pris la mesure du problème, demandé des opinions éclairées et scientifiques, tenter toutes les solutions alternatives, est une preuve de l'irresponsabilité des acteurs. Par ailleurs, il faudrait aussi s'assurer de ce qui se pratique ou pas, sur le terrain... et c'est assez difficilement réalisable. Pour ma part, je ne pense pas que les prélèvements règlent notre incapacité à trouver des solutions. Chaque espèce a sa place, bien précise, son rôle et il ne nous appartient pas d'exterminer à tout va, sans même nous poser la question : qui est entré sur le territoire de l'autre ? La biodiversité est menacée par des méthodes incontrolées et les exemples de mauvaise influence sont hélas nombreux...

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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