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L'hermine, un petit prédateur

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Élements de biologie  

L’Hermine (Mustela erminea LINNE 1758) est un mustélidé de 22 à 31 cm, et la queue de 8 à 12 cm pour un poids variant de 125 à 440 g. La femelle est généralement plus petite et plus légère que le mâle.

Le pelage est brun dessus, blanchâtre dessous, la ligne de séparation bien droite. L’hiver, le pelage devient très souvent blanc, en totalité ou en partie, mais il peut ne pas varier. L’extrémité de la queue reste toujours noire (voir la vidéo ci-dessous). Le répertoire vocal est assez varié.

L’ovulation a lieu en avril-mai et le développement de l’oeuf se fait en 2 semaines. L’oeuf ne s’implante qu’après plusieurs mois. La gestation prend alors quatre semaines. L’Hermine donne alors naissance à plusieurs petits, de 4 à 12, dans des pierriers, des tas de paille, des fissures de mur. A partir de 7 semaines, environ, les jeunes sortent du nid pour jouer. Le sevrage s’effectue dès cette époque et jusqu’à 12 semaines.

Elle grimpe, bondit et nage fort bien. Elle ne craint pas la neige qu’elle creuse avec habileté. Elle se coule avec aisance dans les galeries souterraines de ses proies.

On rencontre l’Hermine en forêt comme en campagne, et même dans des endroits humides comme des marais. Il lui faut des refuges tels des trous dans des tas de pierres, des éboulis, des buissons. En zone rurale, elle est présente près des maisons. Elle est active de nuit mais parfois aussi de jour.

Alimentation

Les nombreuses études réalisées, notamment les analyses de fèces et de contenus stomacaux, montrent que si la gamme des proies est assez large, les principales sont les petits rongeurs dont le Campagnol terrestre. Puis viennent les lapereaux et des oiseaux, les poissons, les reptiles, des insectes, des vers de terre, et même, irrégulièrement, quelques taupes, ou des musaraignes.

La nette préférence pour la prédation de micromammifères (microtidés et muridés) est notée dans des ouvrages spécialisés tels “La belette et l’hermine” de Pierre Delattre de l’INRA (collection Encyclopédie des carnivores de France) et le Bulletin mensuel de l’Office National de la Chasseet de la Faune Sauvage.

Il existe un lien entre le Campagnol terrestre et l’Hermine, et les fluctuations de leurs populations respectives soulignent leur étroite relation.

Il y a “parfaite coïncidence entre le succès de la reproduction de l’Hermine et les phases d’augmentation et de fortes densités d’Arivola ainsi qu’entre les déclins de populations d’Hermine et de ce campagnol”. P. Delattre- ouvrage cité.

L'Hermine dans votre Oasis Nature

L'Hermine du fait qu'elle chasse les campagnols et les mulots, est un précieux auxiliaire, bien qu'elle n'épargne ni les oiseaux, ni les oeufs, ni les jeunes lapins. L'hermine chasse également les rats. Elle fréquente moins que la belette les abords d'une maison.

Si l'Oasis Nature abrite un poulailler, il doit être conçu pour empêcher les intrusions nocturnes. Mais les hermines ne s'en prennent généralement pas au poulailler du domaine qu'elles habitent.

Les tas de pierre ou de fagots de bois leur offrent des abris. Les haies, murets et brousailles de l'Oasis sont également appréciés.

Que faire en cas de problème ?

L’Hermine, grande destructrice de micromammifères, ne peut être accusée de poser des problèmes.

Au contraire. “Il n’est pas rare de l’observer en pleine action sur les petits rongeurs, ce qui lui vaut une assez bonne réputation d’efficacité et d’utilité dans la lutte contre les “ravageurs” des cultures et des prairies”. Bulletin de l’ONCFS.

Elle n’a aucune influence négative sur les activités économiques, sur la flore et la faune. Cependant son statut actuel n’est pas satisfaisant.

Si la loi de juillet 1976 interdit la mutilation, la naturalisation, le transport et la commercialisation, et si l’Hermine n’est pas inscrite sur la liste nationale des espèces susceptibles d’être classées nuisibles dans les départements, elle figure sur celle des espèces que l’on peut chasser.

Cette situation est due aux reproches que lui adressaient les chasseurs mais sa chasse ne se justifie plus lorsque l’on sait que les prélèvements sur les couvées de gallinacés sont très peu fréquents.

La mortalité par ingestion de rongeurs empoisonnés par des anticoagulants, et les modifications du milieu naturel s’ajoutant à la destruction volontaire, l’espèce est vulnérable.

Un quart de siècle plus tard, il reste des progrès à faire pour réhabiliter cet animal.

Voir l'article sur les auxiliaires du jardin

Voir les articles liés aux petits prédateurs :

La Belette

Le Blaireau

La Fouine

La Martre

Le Putois

Le Renard

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