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La fouine, un petit prédateur

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Élements de biologie 

La Fouine (Martes foina, 1777 Erxleben) appartient à la famille des Mustélidés (Ordre des Carnivores). Elle vit dans la campagne (bois et vergers), gîtant dans les granges et les greniers mais aussi à proximité des habitations et jusque dans les villes... En région méditerranéenne et dans les Alpes, on la trouve en forêt

Elle a une très mauvaise réputation. On l’accuse par exemple de commettre des massacres dans les poulaillers. Elle est souvent considérée comme “nuisible”, c’est alors un “puant” actuellement persécuté alors qu’à l’époque romaine elle était adoptée pour capturer les souris et dératiser les habitations.

Fouine (tête et corps: environ 47 cm pour un poids de 0,8 à 2,5kg; hauteur au garrot de 12 cm).

Martre (tête et corps: environ 45 cm pour un poids de 1,3 à 2,3 kg; hauteur au garrot de 15 cm).

Les deux espèces ne se croisent pas entre elles. Il arrive qu’elles soient confondues.

La fouine possède un museau assez clair, une bavette blanchâtre descend généralement jusque sur les pattes.
Elle se déplace avec souplesse, grimpe avec agilité, est capable de bonds importants, et nage très bien.

L’accouplement a lieu en été et les petits naissent au printemps suivant, il faut en effet attendre huit mois avant que les ovules fécondés ne s’implantent dans la paroi de l’utérus de la femelle.

Les territoires de chasse sont très variés: lisières des bois, haies et talus, vergers, jardins et abords des habitations. Ils peuvent concerner une aire de 50 à 150 ha et jusqu’à 300 pour certains individus. L’activité est surtout nocturne.

Alimentation

Extraits du bulletin mensuel de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS -fRANCE): “Le régime alimentaire de fouine est extrêment varié, quasi omnivore, ce qui fait considérer l’espèce comme un prédateur généraliste et même opportuniste car elle exploite les catégories alimentaires les plus abondantes... La fouine consomme des petits mammifères, des oiseaux, des oeufs, des fruits, des baies, des insectes, des vers de terre et toutes sortes de déchets divers abandonnés par les hommes.”

Régime “carné en hiver et omnivore à dominante frugivore en été et en automne" ‘(chmidt, 1943; Waetcher, 1975; Delibes, 1981; Poitevin, 1981; Amores, 1980; Clément et Saint-Girons, 1982). Les petits mammifères dominent sur l’ensemble de l’année et ils représentent de loin les proies principales en hiver. Les espèces les plus souvent capturées sont les campagnols, les mulots, les musaraignes et le surmulot qu’elle est l’un des seuls carnivores proches de l’homme à attaquer avec succès.”

A l’examen de ce régime, du fait de ses préférences alimentaires pour les rongeurs, et de la prédation exercée sur le “rat d’égout”, on peut affirmer que la fouine nous rend service en assurant une sorte de police sanitaire.

Que faire en cas de problème ?

Deux reproches sont parfois adressés à la fouine:
- ses sarabandes nocturnes, surtout en période de rut, sont la cause de bruit dans les greniers ou les faux-plafonds;
- ses incursions dans les poulaillers mal fermés la nuit se ponctuent par la perte de volailles.

Compte tenu de son rôle positif dans la lutte contre les rongeurs qu’ il est préférable de lui laisser assurer, il ne faut donc ni la piéger, ni l’empoisonner. Outre qu’il s’agirait de pratiques cruelles, ce serait de fausses solutions car d’autres fouines occuperaient la place laissée vacante par l’élimination des premières.

IL EXISTE DES METHODES POUR SUPPRIMER LES PROBLEMES !

1. Chaque soir, fermer soigneusement les portes des poulaillers.
2. Obturer les accès aux greniers et autres lieux. Veiller à ne pas emprisonner la fouine à l’intérieur. Effectuer ce travail à l’automne quand les jeunes ont abandonné leur gîte ou poser des manchons grillagés qui permettront la sortie mais interdiront toute entrée.
3. Badigeonner les lieux fréquentés avec un répulsif. Si l’on n’apprécie pas d’utiliser certains produits, mieux vaut les remplacer par un parfum de basse qualité mais efficace .

Voir les articles liés :

La Belette

Le Blaireau

L'Hermine

La Martre

Le Putois

Le Renard

Commentaires

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2012-07-24 15:27:35 +0200

Bonjour,
Je dois vous faire part d’un cas de conscience…

J’essaie tant que je peux d’être un défenseur de la biodiversité notamment chez moi et dans mon jardin. J’acceuille du mieux que je peux les nombreux animaux de toute sortes qui passe par ma propriété : abeilles, souris, chats, oiseaux, ecureuils, arraignées, etc.
J’ai été très recemment confronté à un problème de fouine installée et bien cachée dans mes combles.
Après m’être renseigné, j’ai compris que mon nouveau colocataire partait la nuit pour chasser tout ce qu’il trouvait autour de ma maison notamment des oiseaux.
J’ai fait venir une société spécialisée qui m’a expliqué que :
- 1 : il s’agissait bien d’une fouine et non d’un loir (gli gli, ou d’une belette par exemple)
- 2 : la fouine est une espèce nuisible carnivore qui chasse les espèces protégées de ma région
- 3 : elle mange l’isolation de la maison, fait son nid et utilise mes combles comme toilettes (toujours au même endroit ce qui est plutôt « classe » merci la fouine), elle n’est active qu’entre 1 et 4 H du matin mais fait beaucoup de bruit (glissade sur le toit etc.)
- 4 : elle est très difficile à piéger ou intimider même par des professionels

Cette société m’a proposé de faire ce qu’elle a apparemment l’habitude de faire en pareille situation : déposer de boulette de viande contenant un poison lent. Le principe : le poison affaiblit l’animal qui va pouvoir sortir chasser mais sera trop faible pour remonter… évitant ainsi que ce dernier meurt dans un endroit inaccessible de la maison avec tout les désagrément que cela puisse poser.

Je vous avoue que ce principe m’a fortement déplu… mais ne pouvant pas accéder directement aux combles, ne sachant pas comment piéger ou effaroucher l’animal et constatant qu’il représentait au fond une menace pour la biodiversité environnante… cela m’a tout de même semblé la meilleure (ou devrais-je dire moins pire) solution. Pour me reconforter d’avoir ordonné la mise à mort de cette pauvre créature (qui attendait peut être des petits en cette saison en plus), je me suis dit alors : « défendre la biodiversité n’est pas toujours simple » et « il faut parfois savoir faire preuve de discernement »…

Mais voilà qu’à peine quelques jours plus tard je vois votre article : http://www.humanite-biodive...

Puis aujourd’hui que vous mentionnez :
http://humanite-biodiversit...
« lorsqu’aucune autre solution que le prélèvement n’aurait pu se révéler efficace. Des mesures de protection, d’évitement ou d’effarouchement doivent être mises en place prioritairement à toute action létale de chasse ou de piégeage » …

Je suis vos publications et vos actions avec grand intérêt, je suis tout à fait d’accord avec votre article sur les éspèces dites « nuisibles » mais … concrétement, qu’auriez-vous fait à ma place ? Quelle solution serait içi acceptable ?

Beaucoup de français semblent avoir ce problème car le prédateur des fouines dans nos régions était le renard... lui même considéré comme nuisible… on comprend bien alors la complexité que vous évoquez dans votre article. Un ami qui revient de Nouvelle Zélande m’a confié que le pays était truffé de pièges à fouine qui menace là bas une grande partie de la fragile faune des deux îles.

J’ai tendance à penser que pour ce qui touche à la nature comme pour beaucoup de choses : « moins on touche mieux c’est »… mais est-ce toujours vrai ? Où est la limite ? Face à la compléxité des eco-systèmes il me semble très important de pourvoir fixer des règles mais parfois inévitable de devoir faire preuve de discernement.

Merci d’avance pour vos réponses.

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2012-07-24 17:31:39 +0200

Il est compréhensible que de tels désagréments incitent à déloger la fouine ! Confrontée à cette situation, avec un parfum très bas de gamme imbibant des chiffons et sa pulvérisation sur des lieux de passage de l'animal, j'ai réussi à le faire fuir.

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2012-07-24 17:46:39 +0200

RÉGIME ALIMENTAIRE:
Nous ne pouvons laisser dire sans réagir que sa nourriture serait "les espèces protégées" des alentours!
Le régime alimentaire de cette espèce a fait l’objet de plusieurs études menées en divers pays d'Europe
Son comportement alimentaire révèle un prédateur généraliste et même opportuniste
du fait qu’elle exploite les ressources alimentaires les plus abondantes et les plus
facilement accessibles ( travaux de Waechter 1975, Delibes 1978, Kalpers 1983, Lodé 1991, Lachat-Feller 1993).
Le spectre alimentaire garde une amplitude assez large couvrant aussi bien le règne animal (vertébrés et invertébrés) que végétal.
Le régime dépend de disponibilité saisonnière des fruits et des micromammifères: des variations annuelles significatives ont été observées selon des cycles de pullulation de certains rongeurs.

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2012-08-06 11:33:00 +0200

Bonjour, merci pour vos réponses bien documentées. Je regrette de ne pas avoir essayé d'autres solutions... Je vais soutenir votre action.

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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