POPULARITÉ
678

Notre-Dame-des-Landes : Le rapport des experts relance le débat sur les alternatives, mais suscite des interprétations gouvernementales divergentes

Éditer
Publié dans
le 06.04.16
Airport-1105980_1280

Le nouveau rapport, commandé en janvier dernier, suscite une cascade de réactions politiques, au risque d’une cacophonie gouvernementale.
Le lancement d’une nouvelle enquête publique serait en ligne de mire.

Un rapport critique, mais non conclusif.
Par une lettre de mission du 13 janvier 2016, la ministre de l’environnement sollicitait la réalisation d’une contre-expertise sur le chantier de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, afin de préciser « les avantages et inconvénients des différentes options qui ont été envisagées pour le développement des infrastructures aéroportuaires de la région nantaise ».
Les experts ont rendu leur copie datée de mars 2016 (pièce jointe).

Leur rapport est critique à de nombreux égards, mais n’est pas « conclusif », en ce sens qu’il ne désigne pas une solution préférentielle à l’exclusion d’autres scenarii. Ceci étant, les trois auteurs (Pierre Caussade, Nicolas Forray et Michel Massoni) réintroduisent clairement le réaménagement de l’aéroport existant dans le débat, en tant qu’alternative plausible. Selon eux, il est effectivement possible de répondre au cahier des charges soit par agrandissement de l’aérogare existante et rénovation de l’une des deux pistes, soit par ajout d’une piste supplémentaire est-ouest sur le site de Nantes-Atlantique, hypothèse qui n’irait pas, selon eux, sans d’autres impacts environnementaux, surtout au regard du bruit.

Concernant l’aéroport de Notre-Dames-des-Landes proprement dit, le rapport souligne que « des besoins non réévalués au fil du temps ont abouti à un projet surdimensionné ». S’il devait être décidé de poursuivre l’opération malgré tout, ce serait moyennant un « redimensionnement à la baisse de l’infrastructure », qui consisterait concrètement à ne réaliser qu’une seule piste de 2900 m de long, contre deux de 3600 m, ces dernières étant conçues pour l’accueil – jugé improbable – de très gros porteurs type A 380. On peut encore signaler qu’au passage, les auteurs écartent le scenario d’une « mise en réseau » des 16 aéroports du Grand Ouest (de Saint Brieux à La Rochelle), à raison notamment de son incompatibilité avec les exigences de l’Union Européenne.

Pour "Humanité et biodiversité", Il semble dès lors très clair que ce projet (NDDL "réduit") aurait une rentabilité socioéconomique bien moindre, et un impact sur la biodiversité bien plus fort, que l'aménagement sur place à Nantes-Atlantique, si on arrive à traiter correctement la question du bruit: celle-ci est donc un préalable indispensable à un débat vraiment éclairé.

Des réactions politiques contrastées… voire opposées.
La ministre de l’environnement a fait valoir devant l’Assemblée, ce même mercredi 5 avril, qu’au vu du rapport « personne ne pouvait contester que le projet d’aéroport est surdimensionné ». Elle a également signifié que la consultation référendaire se tiendrait le 26 juin prochain.
De son côté, Matignon a produit un communiqué sensiblement différent, dont il ressort que le rapport « demandé par Ségolène Royal (…) valide la pertinence du transfert de l’aéroport de Nantes sur le site de Notre-Dame des Landes ». Le même communiqué signale que l’agrandissement de l’aéroport actuel présenterait des « contraintes d’exploitation » … et aurait « un coût très élevé ».

Ségolène Royal, au cours d’une conférence de presse tenue à la mi-journée le lendemain 6 avril, a souligné que si le nouvel aéroport devait être réalisé, il n’aurait en tout état de cause qu’une seule piste, et qu’il y aurait pour ce faire lancement d’une nouvelle enquête publique. Son intervention éclaire quelque peu la question qui serait soumise aux électeurs, laquelle portera, toujours selon la ministre, sur « le seul transfert à Notre-Dames des Landes » et non pas sur la taille du projet. Force est d’avouer donc que l’interprétation gouvernementale du rapport est pour le moins contrastée, et porteuse de confusion. Dans ce contexte, la question de savoir s’il est faisable d’organiser une consultation ambitieuse dans un délai aussi contraint se pose.

Pour "Humanité et biodiversité", il serait envisageable d’organiser une consultation référendaire – s’il doit y en avoir une – avant la décision d’approbation (la Déclaration d'Utilité Publique- DUP) et non pas après, comme c’était envisagé dans le projet d’ordonnance soumis au CNTE le 24 mars dernier, et sachant bien que l’instruction d’une DUP comporte déjà des modalités de consultation du public. On n’est pas dans ce cas de figure aujourd’hui.

Retrouvez ci-dessous le rapport d’experts du 5 avril 2016.

Commentaires

0
2016-04-06 23:13:39 +0200

Je suis assez d'accord avec la position prise par Humanité et Biodiversité...

0

0
2016-04-07 11:33:54 +0200

trop politisé pour réagir sainement...
Les milliards ne semblent déranger personne ni le superflu, temps = argent paraît-il ...?

0

À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 773235
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 308285
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 128734
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 222280
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 43837
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 271574

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy