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Tout savoir sur la Convention sur la Diversité Biologique et les objectifs d’Aichi

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Publié dans
le 25.09.14
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Du 6 au 17 octobre prochain, se tiendra à Pyeongchang en Corée, la 12ème Conférence des parties de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB).
L’occasion de découvrir ce qu’est la CDB, une convention dont on parle moins que la convention climat, et c’est dommage.
Découvrez donc, ci-dessous, la CDB et les engagements de la communauté internationale pour 2020.
Nous reviendrons par ailleurs dans un prochain article sur les enjeux spécifique de Pyeongchang.

Qu’est-ce que la CDB ?

La Convention sur la diversité biologique (CDB) est l'une des trois conventions signées au Sommet de la Terre, à Rio de Janeiro (Brésil) en 1992 ; les deux autres conventions étant la Convention sur les Changements Climatiques et la Convention de lutte contre la désertification.

La Convention regroupe 194 pays (soit la quasi totalité des pays) mais pas les Etats-Unis. Parmi eux, 168 pays ont ratifié la convention et sont donc considérés comme les parties. La convention est le premier traité conclu au niveau mondial qui aborde tous les aspects de la diversité biologique, c'est-à-dire non seulement la protection des espèces mais également celle des écosystèmes et du patrimoine génétique.

Elle garantit l'utilisation durable des ressources naturelles : l’exploitation des écosystèmes, des espèces et des gènes doit se faire au bénéfice de l’humanité mais à un rythme et de manière à ce que cela n’entraîne pas, à long terme, une diminution de la diversité biologique.
Pour cela, la Convention sur la biodiversité biologique fixe trois objectifs principaux :
1. la conservation de la diversité biologique.
2. l’utilisation durable de ses éléments constitutifs.
3. le partage juste et équitable des avantages découlant de l’exploitation de ses ressources génétiques.

Enfin, la Convention est aussi la première à reconnaître que la conservation de la diversité biologique est "une préoccupation commune à l'humanité" et fait partie intégrante d'un développement socio-économique durable.

La Conférence des parties (COP) réunit tous les deux ans les États parties pour examiner toutes les questions relatives à l’application de la convention. Elle adopte des décisions à caractère administratif, financier et scientifique que les États sont tenus de suivre, ainsi que des protocoles d’application. Les Etats parties se doivent de décliner les objectifs de la Convention via une Stratégie Nationale pour la Biodiversité.

L’organe subsidiaire chargé de donner des avis scientifiques, techniques et technologiques (SBSTTA) est un organe pluridisciplinaire qui est ouvert à la participation de toutes les parties. Il se compose de représentants gouvernementaux compétents dans les domaines de spécialisation concernés. Les SBSTTA proposent des recommandations pour la COP dont certaines sont transformées de facto en décisions de la conférence.

Enfin, le Secrétariat de la Convention doit aider à la mise en œuvre du programme de travail et coordonner les activités entre les parties et les autres organisations internationales.

Les objectifs d’Aichi

En 2010, année internationale de la biodiversité, les Etats Parties se sont réunis à Nagoya au Japon. Après l’échec de l’objectif 2010 de « stopper l’érosion de la biodiversité », il s’agissait de trouver un accord global susceptible de changer la donne et de mobiliser la communauté internationale.
Après d’intenses négociations, un accord fût trouvé, avec l’adoption d’un plan stratégique en faveur de la biodiversité, dit objectifs d’Aichi (que vous trouverez ci-dessous), tandis qu’était également arrêté un accord sur l’accès et le partage des avantages (APA) et un processus de mobilisation des ressources, autrement dit un processus pour financer la mise en œuvre du plan stratégique.

La COP d’Hyderabad en 2012, confirmait ces accords avec notamment l’engagement des pays développés à doubler (par rapport à la référence 2006-2010) leur aide financière pour les pays du sud. Reste maintenant à voir ce que tout cela va donner, la communauté internationale sera-t-elle au rendez-vous de 2020 ?

Plan stratégique pour la période 2011-2020

« Vivre en harmonie avec la nature »

(Traduction Ministère de l’Écologie novembre 2010)

VISION 2050

La vision de ce Plan stratégique est de « Vivre en harmonie avec la nature », à savoir, « d’ici à 2050, la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services d’écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples ».

LA MISSION DU PLAN STRATÉGIQUE 2020

Prendre des mesures efficaces et urgentes pour mettre un terme à l’appauvrissement de la diversité biologique, afin de s’assurer que d’ici à 2020, les écosystèmes sont résilients et continuent de fournir des services essentiels, préservant ainsi la diversité de la vie sur Terre, et contribuant au bien-être humain et à l’élimination de la pauvreté.

Pour garantir ceci, les pressions exercées sur la diversité biologique sont réduites, les écosystèmes sont restaurés, les ressources biologiques sont utilisées d’une manière durable et les avantages découlant de l’utilisation des ressources génétiques sont partagés d’une manière juste et équitable, des ressources financières suffisantes sont fournies, les capacités sont renforcées, les considérations relatives à la diversité biologique et la valeur de la diversité biologique sont intégrées, des politiques appropriées sont appliquées de manière efficace, et les processus décisionnels s’appuient sur des bases scientifiques solides.

BUTS STRATÉGIQUES ET GRANDS OBJECTIFS POUR 2020

Le Plan stratégique comprend 20 grands objectifs pour 2020, regroupés en cinq buts stratégiques. Les buts et les objectifs comprennent à la fois : i) des aspirations à satisfaire au niveau mondial et ii) un cadre souple pour les objectifs nationaux ou régionaux. Les Parties sont invitées à établir leurs propres objectifs, en fonction de leurs besoins et de leurs priorités, tout en respectant ce cadre souple et en tenant compte de la contribution de chaque pays à la réalisation des buts mondiaux. Tous les pays ne devront pas nécessairement élaborer un objectif national pour chacun des objectifs mondiaux. Dans certains pays, le but mondial établi au moyen de certains objectifs aura déjà été atteint, ou il ne sera pas pertinent dans certains pays.

But stratégique A : Gérer les causes sous-jacentes de l’appauvrissement de la diversité biologique en intégrant la diversité biologique dans l’ensemble du gouvernement et de la société.

Objectif 1 : D’ici à 2020 au plus tard, les individus sont conscients des valeurs de la diversité biologique et des mesures qu’ils peuvent prendre pour la conserver et l’utiliser de manière durable.
Objectif 2 : D’ici à 2020 au plus tard, les valeurs de la diversité biologique ont été intégrées dans les stratégies et les processus de planification nationaux et locaux de développement et de réduction de la pauvreté, et incorporés dans les comptes nationaux, selon que de besoin, et dans les systèmes de la notification.
Objectif 3 : D’ici à 2020 au plus tard, les incitations, y compris les subventions néfastes pour la diversité biologique, sont éliminées, réduites progressivement ou réformées, afin de réduire au minimum ou d’éviter les impacts défavorables, et des incitations positives en faveur de la conservation et de l’utilisation durable de la diversité biologique sont élaborées et appliquées, d’une manière compatible et en harmonie avec les dispositions de la Convention et les obligations internationales en vigueur, en tenant compte des conditions socioéconomiques nationales.
Objectif 4 : D’ici à 2020 au plus tard, les gouvernements, les entreprises et les parties prenantes, à tous les niveaux, ont pris des mesures ou ont appliqué des plans pour assurer une production et une consommation durables, et ont maintenu les incidences de l’utilisation des ressources naturelles dans des limites écologiques sûres.

But stratégique B : Réduire les pressions directes exercées sur la diversité biologique et encourager l’utilisation durable.

Objectif 5 : D’ici à 2020, le rythme d’appauvrissement de tous les habitats naturels, y compris les forêts est réduit de moitié au moins et là ou cela est possible ramené près de zéro, et la dégradation et la fragmentation des habitats sont sensiblement réduites.
Objectif 6 : D’ici à 2020, tous les stocks de poissons et d’invertébrés et plantes aquatiques sont gérés et récoltés d’une manière durable, légale et en appliquant des approches fondées sur les écosystèmes, de telle sorte que la surpêche soit évitée, des plans et des mesures de récupération sont en place pour toutes les espèces épuisées, les pêcheries n’ont pas d’impacts négatifs marqués sur les espèces menacées et les écosystèmes vulnérables, et l’impact de la pêche sur les stocks, les espèces et les écosystèmes restent dans des limites écologiques sûres.
Objectif 7 : D’ici à 2020, les zones consacrées à l’agriculture, l’aquaculture et la sylviculture sont gérées d’une manière durable, afin d’assurer la conservation de la diversité biologique.
Objectif 8 : D’ici à 2020, la pollution, notamment celle causée par l’excès d’éléments nutritifs, est ramenée à un niveau qui n’a pas d’effet néfaste sur les fonctions des écosystèmes et la diversité biologique.
Objectif 9 : D’ici à 2020, les espèces exotiques envahissantes et les voies d’introduction sont identifiées et classées en ordre de priorité, les espèces prioritaires sont contrôlées ou éradiquées et des mesures sont en place pour gérer les voies de pénétration, afin d’empêcher l’introduction et l’établissement de ces espèces.
Objectif 10 : D’ici à 2015, les nombreuses pressions anthropiques exercées sur les récifs coralliens et les autres écosystèmes vulnérables marins et côtiers affectés par les changements climatiques ou l’acidification des océans sont réduites au minimum, afin de préserver leur intégrité et leur fonctionnement.

But stratégique C : Améliorer l’état de la diversité biologique en sauvegardant les écosystèmes, les espèces et la diversité génétique.

Objectif 11 : D’ici à 2020, au moins 17% des zones terrestres et d’eaux intérieures, 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services rendus par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et d’autres mesures de conservation effectives par zone, et intégrées dans les paysages terrestres et marins plus larges.
Objectif 12 : D’ici à 2020, l’extinction d’espèces menacées connues est évitée et leur état de conservation, en particulier de celles qui tombent le plus en déclin, est amélioré et maintenu.
Objectif 13 : D’ici à 2020, la diversité génétique des plantes cultivées, des animaux d’élevage et domestiques et des parents pauvres, y compris celle d’autres espèces qui ont une valeur socio-économique ou culturelle, est préservée, et des stratégies sont élaborées et mises en oeuvre pour réduire au minimum l’érosion génétique et sauvegarder leur diversité génétique.

But stratégique D : Renforcer les avantages retirés pour tous de la diversité biologique et des services rendus par les écosystèmes.

Objectif 14 : D’ici à 2020, les écosystèmes qui fournissent des services essentiels, en particulier les services liés à l’eau, et contribuent à la santé, aux moyens de subsistance et au bien-être, sont sauvegardés et restaurés, prenant en compte les besoins des femmes, des communautés autochtones et locales, et des populations pauvres et vulnérables.
Objectif 15 : D’ici à 2020, la résilience des écosystèmes et la contribution de la diversité biologique aux stocks de carbone sont améliorées, grâce aux mesures de conservation et restauration, y compris la restauration d’au moins 15% des écosystèmes dégradés, contribuant ainsi à l’atténuation des changements climatiques et l’adaptation à ceux-ci, ainsi qu’à la lutte contre la désertification.
Objectif 16 : D’ici à 2015, le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages issus de leur utilisation est en vigueur et opérationnel, en cohérence avec les législations nationales.

But stratégique E : Renforcer la mise en oeuvre au moyen d’une planification participative, de la gestion des connaissances et du renforcement des capacités.

Objectif 17 : D’ici à 2015, toutes les Parties ont élaboré et adopté en tant qu’instrument de politique générale, et commencé à mettre en oeuvre une stratégie et un plan d’action nationaux efficaces, participatifs et actualisés pour la diversité biologique.
Objectif 18 : D’ici à 2020, les connaissances, innovations et pratiques traditionnelles des communautés autochtones et locales qui présentent un intérêt pour la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique, ainsi que leur utilisation coutumière durable, sont respectées, sous réserve des dispositions de la législation nationale et des obligations internationales en vigueur, et sont pleinement intégrées et prises en compte dans le cadre de l’application de la Convention, avec la participation entière et effective des communautés autochtones et locales, à tous les niveaux pertinents.
Objectif 19 : D’ici à 2020, les connaissances, la base scientifique et les technologies associées à la diversité biologique, ses valeurs, son fonctionnement, son état et ses tendances, et les conséquences de son appauvrissement, sont améliorées, largement partagées et transférées, et appliquées.
Objectif 20 : D’ici à 2020, au plus tard, la mobilisation des ressources pour mettre en oeuvre efficacement le Plan Stratégique 2011-2020 à partir de toutes les sources et en accord avec le processus consolidé et agréé dans la Stratégie de Mobilisation des Ressources devrait s’accroître substantiellement par rapport au niveau actuel. Cette cible sera sujette à évolution en fonction des évaluations des besoins de ressources devant être développées et rapportées par les Parties.

En savoir plus sur le site de la CDB et le site du point focal français

Commentaires

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2014-09-28 13:18:31 +0200

La 12e réunion de la Conférence des parties signataires de la Convention sur la diversité biologique (COP 12 de la CDB) se tiendra au Alpensia Resort à PyeongChang, à 180 km à l’ouest de Séoul dans la province du Gangwon...

Pas moins de 20.000 participants de 194 pays sont attendus, a précisé le ministère de l’Environnement. Le rassemblement se poursuivra jusqu’au 17 octobre.

Cette conférence abordera le thème de la biodiversité pour le développement durable, fera le bilan provisoire du plan stratégique pour la biodiversité 2011-2020 et reverra l’application des objectifs en matière de biodiversité dans le cadre des objectifs post-2015 de l’ONU dans le domaine du développement durable.

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’érosion d...

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