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Trop de sangliers ?

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Publié dans
le 19.09.18
Sanglier_duhem

Le 30 août 2018, l’AFP (Agence France presse) relayait une déclaration de Madame Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, à propos des graves dégâts causés à l’agriculture par la sur-densité de sangliers.

Le document joint expose les raisons de notre prise de position que voici:

Le sanglier fait partie de notre faune.
C’est une espèce qui a sa place dans nos écosystèmes.
Il est devenu le gibier de base du chasseur français.
Pour maximiser les occasions de tir et les tableaux, l’accroissement des populations a été encouragé.

Traditionnellement on ne tire ni les marcassins en livrée, ni les laies suitées et ainsi le tir des seuls adultes mâles ne pèse pas de manière optimum sur la capacité d’accroissement des populations. De plus, l’agrainage systématique ainsi que les cultures à gibier (topinambour par exemple) dopent les populations, le sanglier adaptant ses effectifs aux capacités alimentaires disponibles.

Si actuellement il semble ne plus guère y avoir de lâchers de sangliers, cette pratique devrait être absolument proscrite.
Mais certaines pratiques agricoles comme l’extension de la culture du maïs ont aussi accru grandement les populations de sangliers.
Dans certaines zones à forts dégâts, il faudrait interdire l’agrainage et voir si les agriculteurs ne peuvent changer de culture au moins en attendant une baisse des populations de suidés.

Un travail national d’évaluation des impacts des effectifs de sangliers sur la biodiversité (population de certains animaux, plantes et champignons, état de conservation de réserves et autres zones de protection spéciales et zones spéciales de conservation) devrait être confié à l’AFB et au Muséum national d’histoire naturelle.
Il faudra probablement aussi voir si des dispositifs d’effarouchement, voire des tirs plus systématiques, ne pourraient être effectués dans certaines réserves ou zones inaccessibles.

Cette situation n’est pas nouvelle et l’on a déjà sans grand succès essayé d’endiguer la croissance démographique des sangliers (circulaire Borloo du 31 juillet 2009, groupe de travail « agrainage » de 2010, mise en place de schémas départementaux de gestion cynégétique …).

On parle actuellement dans le cadre de la future loi chasse de gestion adaptive. Le sanglier, voici une bonne occasion pour mettre en place ce type de gestion !

Vignette: Peinture de Bernard Duhem pour notre association.

Commentaires

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2018-09-19 12:12:50 +0200

En ce qui concerne les dégâts de gibier, la prairie permanente, riche en vers de terre, attire les sangliers. Et je peux vous dire que les dégâts sont considérables.
Un vieux chasseur m'explique ce fait. Lorsqu'il y a beaucoup de glands à manger, les sangliers ont besoin de protéines pour équilibrer leur régime alimentaire (donc ils fouillent les prairies ).
Qui pourrait infirmer ou confirmer cette info?
.
Deuxième point, concernant les dégâts de gibier, au sens plus large (cervidés).
Dans ma région (plateau ardennais ), la forêt climacique (hêtraie à luzule blanche ) a perdu la moitié de son territoire au profit des épicéas sous lesquels rien ne pousse. Il n'y a plus de graminées forestières pour nourrir les herbivores forestiers.
Voici donc un autre levier d'action : retourner à la forêt caducifoliée riche et diversifiée.

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2018-09-24 23:34:02 +0200

Des nouvelles de Belgique:
Plusieurs carcasses de sangliers atteints de peste porcine africaine ont été découvertes en Wallonie.
Des experts alertent depuis longtemps sur les risques liés à l’importation et au nourrissage de sangliers.
Lire https://medor.coop/fr/artic...

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2018-09-25 08:52:39 +0200

Merci pour l'article en lien (sur la vie du sanglier ).
Je note cette phrase : "Quand, de surcroît, les résineux ont supplanté les feuillus, les forêts ne peuvent subvenir aux besoins de l’espèce qui provoque alors des dégâts aux arbres et surtout aux cultures voisines ".
C'est un grand tabou, dans ma région, de dénoncer la mauvaise gestion forestière.
Celle qui a privilégié les rentrées financières au mépris de la faune et de la flore indigènes, au mépris de l'écosystème, bref au mépris de la biodiversité.
L'anthropisation des système écologiques crée de facto des déséquilibres que l'homme veut corriger avec des idées techniques (solutionnisme technocratique).
Créant ainsi de nouveaux problèmes....
Alors que la solution se trouve à portée de main : rétablir l'équilibre écologique initial!
La nature est bien faite. Respectons-là!

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2018-10-10 22:42:18 +0200

Rossart a tout-à-fait raison et son observation est très pertinente. La monoculture de Douglas (dans ma région le Rhône) appauvrit sinistrement les sols et pousse les chevreuils et les sangliers à chercher leur nourriture ailleurs. On a jamais voulu tirer les conséquences de la tempête de 1999, qui démontrait la nécessité de planter des forêts mixtes pour renforcer et revivifier les sols. Mais l'espoir du petit sou en plus, la logique déprimante de la productivité a fait recommencer les mêmes pratiques insensés. Le petit sou en plus, qui ne se mangera pas quand tout aura disparu.

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À propos de l'auteur

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