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Au-gui-l-an-neuf

Le Gui (Viscum album), autrefois récolté par les druides, est une plante qui, avec le houx, agrémente traditionnellement les fêtes de fin d'année.

Cette espèce, originaire des régions tempérées d'Europe, est plus rare en zone méditerranéenne. D'autres espèces existent sous d'autres latitudes.

Description

C'est un sous-arbrisseau de 20 à 50 cm, sempervirent (toujours vert) sur des arbres, le plus souvent des feuillus.
Il est dioïque, c'est-à-dire avec des pieds à fleurs femelles et d'autres à fleurs mâles.
Le gui est dit hémiparasite c'est-à-dire qu'il n'est pas totalement dépendant de son hôte ; il utilise les ressources de la plante hôte en lui soutirant eau et sels minéraux, mais il possède de la chlorophylle et peut synthétiser ses propres sucres et protéines.
Ses fleurs, très petites, apparaissent de mars à mai, pollinisées par les insectes. S‘ensuivent des petites baies blanches translucides de 6 mm de diamètre, mûres sur un cycle de deux ans et tombant au bout de la troisième année. Elles sont dispersées par les oiseaux.
Les feuilles sont ovales, opposées et légèrement charnues, au bout de rameaux verts, cassants et ronds. Elles ne tombent qu'au bout de 18 mois à deux ans,
Le Gui prend, après quelques années, l'apparence d'une grosse « boule » vert-jaunâtre de 50 cm à un mètre de diamètre.

Il existe plusieurs sous-espèces dont Vicium album subsp.albietis qui pousse sur les sapins et dont les baies sont jaunâtres, ou encore Vicium album subsp. austriacum qui pousse sur les pins et mélèzes et uniquement en montagne.

Ecologie

Les graines (incluses dans un tissu visqueux et collant, la viscine) se fixent aux branches des plantes-hôtesses.

C’est une plante épiphyte c’est-à-dire qu’elle ne pousse que sur un arbre ou un arbuste. Dépourvu de racines, il se fixe à son arbre hôte grâce à un suçoir de forme conique qui s'enfonce profondément jusqu'au bois, sans toutefois pouvoir pénétrer le tissu ligneux. Néanmoins, l'accroissement du bois en épaisseur par la formation des cernes annuels finit par englober plus profondément ce suçoir. Le gui provoque des tares dans le bois de ses hôtes par ses suçoirs (bois dits guités).

  • Le gui se trouve régulièrement sur les peupliers, pommiers, tilleuls, sorbiers, alisiers, saules, robiniers et aubépines.
  • Il est rare sur les autres arbres et exceptionnel sur les chênes, et totalement absent sur le hêtre.

Agrilus viscivorus, coléoptère phytophage, vit exclusivement dans le bois du gui. C’est une espèce menacée par la coupe des vieux vergers (signalée en France uniquement depuis 2005).

( Pour les enseignants : Voir : "La fauvette se nourrit de la partie sucrée et se débarrasse de la graine et des téguments en essuyant son bec sur la branche, tandis que la grive avale les baies entières et rejette dans ses fientes les graines et les téguments. et voir: Mais d'où vient le gui sur l'arbre de l'école ? ).

Utilisation, usages

C'est une plante toxique.
Comme de nombreuses plantes toxiques, résistant au gel et devant se défendre contre le système immunitaire de son hôte, le gui contient des substances d'intérêt pour la médecine et la biochimie. L'étude chimique du gui est en cours et nous réservera probablement des surprises.

  • Du mucilage de ses baies dénommé visciline, on tire une glu (la glu, longtemps utilisée pour la capture de grives dans le Midi de la France, est maintenant interdite).
  • Le feuillage du gui a parfois été utilisé pour favoriser la lactation des vaches et des chèvres.

Le gui est largement présent dans la mythologie, les contes et les légendes.
Associé à Hermès par les Grecs, il revêt pour les Gaulois une grande importance. Les druides allaient en forêt pour couper le gui sacré, de préférence sur un chêne, même si la chose est exceptionnelle, le sixième jour de l'année celtique. Il convient de préciser que le chêne est pour les Celtes l’arbre soleil symbolisant force et puissance tandis que le gui est le végétal dédié à la lune. Les druides considéraient cette plante comme sacrée en raison des vertus médicinales et miraculeuses, qu'ils lui attribuaient. Le gui était un talisman chassant les mauvais esprits, purifiant les âmes, guérissait les corps, neutralisant les poisons, assurant fécondité aux troupeaux, et même permettant d’entrer en contact avec l’au-delà (voir et faire parler les fantômes).

Plante de décoration des fêtes de fin d’année avec le houx et le sapin.
Il était d'usage, en Europe, de s'embrasser sous une branche de gui et de choisir une baie de la gerbe, symbole de prospérité et de longue vie au moment de Noël et du jour de l’an.
On en cueillit dès le Moyen Âge pour l'offrir avec ce souhait :Au gui l'an neuf , formule en vogue jusqu’au début du 20ème siècle, lors de présentation des vœux de début d’année. En Angleterre au XVIIIe siècle, si une jeune femme célibataire acceptait un baiser alors qu'elle se trouvait sous la « kissing ball » (la « boule à baisers », boule de gui décorée et accrochée aux portes), elle était ainsi promise à un mariage dans l'année.

Le gui dans une Oasis Nature

Comme chaque élément de la biodiversité, il a son rôle. Les baies du gui (un des rares fruits disponibles en hiver) sont appréciées des oiseaux en particulier des grives, de la mésange bleue et de la sittelle.

Faut il ôter le gui des arbres ?
Sa présence affaiblit l'arbre-hôte (diminution de la croissance en diamètre et en hauteur) et diminue certaines qualités du bois par les traces de ses suçoirs.
Chez le pommier, il diminue la production fruitière.
Au point de fixation du gui, il se produit souvent un renflement de la branche hôte, puis progressivement un affaiblissement mesurable de la partie située au-delà de ce point, partie qui finit parfois par se dessécher. Néanmoins le gui n’est pas très longévif et meurt souvent avant son arbre hôte.

Le moyen de lutte le plus courant consiste à couper la touffe à sa base, mais les cordons corticaux peuvent émettre des bourgeons adventifs capables de créer de nouvelles touffes. Il est possible de tailler les branches assez largement avant le point de fixation, mais cela n'est pas possible si le gui est implanté sur une branche importante. Aucun produit chimique n'existe actuellement pour contrôler le gui sans nuire à la plante hôte.

Donc à vous de voir si vous souhaitez conserver le gui dans votre Oasis.

Commentaires

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2014-12-12 09:22:29 +0100

Je laisse dans mon oasis deux boules de gui sur un arbre déjà malade car ses racines vont dans le champ labouré et étant en bordure de haie il se prend aussi tous les traitements passés par notre voisin. Par contre je ne le laisse pas déraper vers d'autres arbres car à terme cela signifie la mort des arbres et la prolifération sur des arbres sains comme sur les peupliers qui bordent le lac près de chez moi. Sinon, c'est vrai que c'est beau et utile

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2014-12-13 10:59:49 +0100

Pour approfondir le sujet, photos à l'appui
http://biologie.ens-lyon.fr...

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2014-12-15 07:11:01 +0100

Mon Papa, ingénieur chimiste en recherche, se faisait des piqûres d'extraits de gui, extrêmement puissant comme anti-oxydant contre le cancer, disait-il...
Et, quelque part, il devait avoir raison puisqu'il a vécu, non pas les 8 mois du pronostic funeste des médecins, quelques 30 ans et cela malgré plusieurs opérations d'ablations de ¨morceaux¨.

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2017-12-28 11:57:24 +0100

Et en ce 28 décembre de l'an 2017 voici un petit film

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