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Notre mini Oasis Nature

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Publié dans
le 21.12.13
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A notre arrivée comme locataires en 2008, la terrasse de cette maison ne comportait pas une seule plante vivante. Le jardinet ne comportait qu'une seule espèce, la pariétaire des murs Parietaria muralis. Du côté rue (côté nord), il n'y avait pas la moindre brindille; le bitume venait s'arrêter sur les murs de la maison, et était aspergé régulièrement de glyphosate par les agents municipaux.

La terrasse
 
Depuis 2008, nous laissons s'épanouir la flore spontanée des murs de la terrasse: Centhrantus ruber (lilas d'Espagne, mellifère)Cymbalaria muralis (ruines de Rome), Erysimum cheiri (giroflée d'or), sedum, et aussi la pariétaire, (Parietaria officinalis) qui doit être limitée car elle a tendance à envahir tous les milieux.

Nous avons mis des bordures en bois et avons rempli de terre et terreau les bacs ainsi ménagés. Dans ces 4 espaces se trouvent:

- des aromatiques (thym, thym rampant, persil, ciboulette, origan) associées à des hélianthèmes jaunes (jardinerie), alysses (jardinerie), Calocephalus browniii (jardinerie), santoline, une molène à feulles duveteuses déplantée près d'un chemin d'un village de la région (Verbascum bombyciferum), un lamier amplexicaule (Lamium amplexicaule) récupéré dans la nature avoisinnante, tout comme une véronique petit-chêne (Veronica chamedrys).

- des fraisiers, associés à du fenouil, de la ciboulette, de la menthe (Mentha sp.), du nepeta, du trèfle;

- de la lavande des iles d'Hyères associée à des bulbes de crocus d'automne jaunes "sauvés" d'un endroit où ils avaient été déterrés et laissés à la surface, du muscari, une ippomée à grandes fleurs bleues, permettant d'orner et fleurir un grand mur nu sans trop de risque invasif (bac et non pleine terre);

- et, dans le dernier petit bac demandé par mon fils ainé Gabriel, des sedum récupérés dans la nature (orpin de Nice, orpin blanc), des joubarbes, des véroniques de Perse (Veronica persica) récupérées dans un mur du village, etc...

Des jardinières contiennent quelques joubarbes, aloë et sedum d'Afrique du Nord peu gélifs (mais l'endroit est peu exposé au gel, protégé par son exposition au sud et les murs calcaires).

Un grand pot contenant un palmier de Chine Trachicarpus fortunei permet aussi la culture d'un ciste (mellifère).

 

Au bas des marches, près des rambardes, sur le bord d'une "IPN", nous laissons s'installer du sedim acre, des laitues des murailles, et autres plantes spontanées.

Des mangoires sont placées l'hiver: nous y mettons des graines de tournesol bio, et elles attirent (moins qu'en pleine campagne) des mésanges bleues et charbonnières.

Le jardinet

Dans notre jardinet, nous avons planté immédiatement, en 2008, un cyprès d'Italie destiné à monter et orner l'endroit très minéral en venant chercher le soleil. Sa croissance s'avère lente non pas en raison du manque d'ensoleillement dans ce jardinet encaissé, mais à cause du pH du sol trop élevé (pH=8).

Le chèvrefeuille de jardinerie (mélifère) s'est par contre très bien épanoui, et vient s'étendre sur la rambarde en fer d'un escalier. Il offre une floraison longue aux abeilles, nombreuses.

Une clématite de jadinerie pousse doucement contre le mur sud de la maison.

Un raisin d'Amérique (Phytolacca americana), naturalisé dans notre région, s'est invité. Je suis obligé d'en supprimer les repousses multiples.

 

Un Ficus carica a poussé aussi spontanément, profitant certainement d'une source d'eau profonde.

Des plantes ont été récupérées dans la nature environnnante,

- avec succès: buis (buxus sempervirens), violette (viola tricolor), sceau de Salomon (Polygonatum multiflorum), asperge sauvage (asparagus acutifolius), acanthe (acanthus mollis), hellebore fetide (helleborus foetidus), fragon (Ruscus aculeatus), nombril de Vénus (Umbilicus rupestris) (pieds replacés entre des pierres calcaires, à l'instar de l'endroit où ils avaient été prélevés) (Umbilicus rupestris) (les plantes ont tenu un certain temps, puis dépéri, mais je constate qu'elles repoussent en février 2014)...

Un jeune plant d'acanthe (Acanthus mollis) récupéré dans un village, à un endroit où la municipalité l'aurait arrachée, a donné naissance à deux plants, que j'ai transféré d'un bas de la terrasse ay jardinet en février 2014.

- avec échec: chèvrefeuille d'Etrurie (Lonicera etrusca)...C'est le seul échec de repiquage d'une plante, à cet endroit tout du moins.

 

A la place d'un cabanon inutile revêtu d'un toit en béton (sur lequel, initialement, nous avions replanté des sedum prélevés dans la nature avoisinnante), nous venons de dégager quelques mètres carrés de terrain supplémentaire, encore nu (c'est tout récent! Nous ne sommes propriétaires que depuis septembre et ne pouvions pas faire cela avant).

Le pH du sol, à l'emplacement de ce cabanon, étant presque à 8, j'ai rapporté de la terre végétale et du terreau (origine France) à pH=6,5 avant de planter un lilas, et des vignes vierges destinées à orner les murs crépis de ciment.

J'ai rapporté des feuilles de chênes pubescents ramassées lors d'une ballade en forêt, et mes beaux-parents m'on apporté un sac de feuilles de tilleul et noisetiers...

Le 15 février 2014, nous plantons un deuxième lilas, qui souffrait de rester en pot après avoir été déplanté du Lot il y a quelques années.

Le 22 février 2014, nous plantons un rosier grimpant.

Le 23 février, ce sont un églantier (Rosa canina), une ronce (Rubus fruticosus), un fragon (Ruscus aculeatus), un lierre grimpant (Hedera helix), du trèfle, du fragon (Ruscus aculeatus), tous prélevés dans un sous-bois, qui viennent prendre leur place avec succès.

Le 15 mars, je plante un Asplenium, des fraisiers des bois (Fragaria vesca), une viorne lantane (Viburnum lantana) (plante poussant dans les sous-bois de notre région mais qui avait ici été cultivée en jardinerie), un Asplenium scolopendrium.

Le 16 mars, je replante une hellebore fetide non encore en fleur (Helleborus foetidus).

Le 23 mars, je plante un chévrefeuille d'étrurie adapté à l'ombre, Michael Morre, une clématite des bois (Clematis vitalba), des digitales adaptées à une terre non acide (Digitalis lutea), un Iris foetidissima à l'endroit le plus humide du jardin, un Polypodum vulgare, une autre viorne lantane (Viburnum lantana) et d'autres fraisiers des bois.

Le 2 avril, je plante, à l'endroit le plus inclute, un Lonicera pileata, dit chevrefeuille à cupule (originaire de Chine) (non invasif) dont les fleurs et fruits présenteront un intérêt pour les oiseaux et qui se satisfait d'ombre.

Je plante aussi, à côté d'un Iris foetidissima, un Sarcococca hookaneria "Humilis" (buxacées), arbuste persistant originaire de Chine aussi, non invasif , qui présente l'intérêt d'une floraison hivernale.

J'ajoute deux Campanula trachelium ("Bernice" et "Alta"), une Digitalis lutea, un autre Asplenium vulgare, un Asplenium trichomanes (plantes que l'on rencontre sur les murets en bordure de truffières), et une autre hellebore fetide (Helleborus foetidus)

Des graines pour fleurs favorables aux pollinisateurs et oiseaux (achetées à la boutique LPO) ont été plantées, ainsi des graines pour fleurs favorables aux coccinelles et des graines de vipérine (Echium vulgare) gagnées lors d'un spectable pour enfants au festival d'Avignon.

 

Début mai, j'accroche à un volet d'une pièce semi-souterraine (qui domine le jardinet) un hôtel à abeilles solitaires, près d'un chèvrefeuille.

 

Le jardinet est encore en cours de constitution comme le montrent les photographies, et j'espère pouvoir rapidement placer de plus belles photographies de cet endroit atypique, encaissé dans le village, assez fortement ombragé, qui ne fait pas vraiment des envieux...mais dont j'espère qu'il sera une réussite en terme de biodiversité !

 

Merci à toutes les personnes qui ont répondu à ma question sur les plantes d'ombre et d'ombre sèche, sur Humanité & Biodiversité: leurs réponses m'ont été très utiles, m'ont amené à bien des découvertes et à l'expérience de plusieurs plantations, sur le terrain.

Nous avons placé un nichoir pour rouge-gorges et rougequeues noirs un peu en hauteur sur un mur.

Côté rue

Depuis 2008, le Round-Up n'est plus utilisé. La survenue de travaux de réparation d'une canalisation d'eau a été une aubaine pour récupérer un peu de place devant la maison, du côté nord, et aménager un petit trou rempli de terre, non revêtu de bitume, à partir duquel une passiflore à grandes fleurs bleues (Passiflora caerulea) a poussé spontanément, ses racines passant certainement sous la rue.

Par la suite, j'ai étendu, un peu à chaque fois, l'espace de verdure devant la maison jusqu'à en faire tout le tour. Mais une partie de l'espace n'est constituée que d'une couche de terre par dessus le bitume.

Un peu de flore spontanée est venue: Ficus carica sortant des profondeurs à travers une faille dans le bitume et le béton, Centhrantus ruber, Erysimum cheiri, Galium aparine, laitue des murailles (Mycelis muralis), roses trémières (Alcea rosea)...

J'ai replanté des plants récupérés dans la nature environnante: buis (réussite), chèvrefeuille d'Etrurie (Lonicera etrusca) (j'ai cru que la transfert avait échoué car mes plants étaient morts, mais je consate une végétation de Lonicera etrisca en mars 2014!), trèfle (réussite), violettes (réussite), épervière des murs (Hieracium murorum) (réussite)...

D'autres plantes ont été achetées en jardinerie: lierre, vigne vierge destinée à orner un grand mur nu au crépi noirci, campanule ( campanula sp.) , cyclamens, petits genèvriers, sedum remarquable...

Voir la façade (document pdf joint) et d'autres photos

 

Ce qui est étonnant, c'est que la plupart des personnes ayant visité cet endroit proposaient de transformer le jardinet en cour couverte d'un toit en verre, ou de le bétonner pour en faire un parking à voiture!

Nous sommes au contraire fiers d'en avoir fait un endroit où des plantes peuvent pousser en pleine terre, attirer insectes et oiseaux...un véritable petite oasis nature!le (Même si ce n'est que le début).

Nous plantons ce que d'autres arrachent! Le lierre, par exemple, planté contre un mur crépi non fragile, pourra, avec ses fruits noirs hivernaux, nourrir les oiseaux.

 

Commentaires

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2013-12-21 12:44:18 +0100

Sont-ces les plantes mellifères qui l'expliquent? L'été 2013, 4 abeilles sauvages venaient dormir sur un fil de fer pendu verticalement au-dessus d'un muret de notre terrasse. Chaque soir, les abeilles, l'une après l'autre, venaient s'installer, s'accrochant d'abord avec leur mandibule au fil de fer afin de libérer leurs pattes pour faire leur toilette, puis s'installant pour dormir... A la fin de l'été, il ne restait qu'une rescapée, qui, un soir, n'est plus revenue…
Cela reste une belle expérience à vivre, celle d'un retour de la biodiversité à toute petite échelle.

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2013-12-21 12:51:28 +0100

Nous avons aussi un récupérateur d'eau de pluie, un composteur.

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2013-12-21 12:52:05 +0100

Bravo Germain :)

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2013-12-21 12:56:29 +0100

Merci de cette belle présentation de ce qui peut être entrepris pour embellir la vie.

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2013-12-21 13:04:48 +0100

Contente de saluer un médecin membre de l'ASEF avec qui HUMANITÉ & BIODIVERSITÉ a produit un livre : Santé et biodiversité.
http://www.humanite-biodive...

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2013-12-21 13:16:15 +0100

Oui, j'étais au courant pour cet ouvrage que je n'ai pas encore acheté car j'en ai encore beaucoup à lire avant (dont "la biodiversité, une chance! Nous avons un plan B" de Gilles Luneau et Sandrine Bélier.
J'étais à la conférence Santé-Environnement à Aix.
J'achèterai le livre ensuite!

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2013-12-21 15:29:39 +0100

Votre maison est un bel exemple de bio-diversité. Je salue vos efforts pour accueillir la nature. Merci pour ce témoignage :)

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2013-12-21 21:24:38 +0100

Félicitation. Une bouffée d'oxygène dans un coeur du béton. ;)

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2013-12-21 21:37:11 +0100

Merci !

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2013-12-22 11:28:11 +0100

J'ai complété l'inventaire des espèces: j'avais oublié l'epervière des murs (Hierascium murorum), la laitue des murailles (Mycelis muraris), venues spontanément, l'acanthe (Acanthus mollis) et la molène (Verbascum bombyciferum) replantées de la région, et la menthe et le nepeta (jardinerie).

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2014-04-05 23:08:16 +0200

Bravo pour toutes ces belles initiatives ! Chaque mètre carré gagné sur le béton ou le goudron est un victoire !

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À propos de l'auteur

Bonjour. Né en 1972,à une époque où beaucoup de concepts que l'on croit modernes existaient déjà*,je suis devenu éco-conscient spontanément,peu à peu. Parallèlement à mon métier (médecin généraliste),je pratique la botanique amateur, l'ornithologie et l'entomologie amateur (de loin). Je fais des sorties, assiste à des conférences, et le savoir emmagasiné peu à peu est renforcé par des lectures....

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 53215
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 21620
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Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 2662
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 10895

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