Santé publique

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La plupart du temps le développement durable est réduit à sa composante environnementale.

Dans les blogs d’Alternatives économiques, celui de Jean Gadrey  lui donne sa dimension économique, d’autres sa dimension travail.

Je voudrais ici soulever brièvement la question de la santé publique. Elle est pour nous constitutive du pacte social à la Française et un élément indispensable du développement soutenable.

Je ne parlerai pas des chiffres, mais de la mauvaise gouvernance de la santé publique à propos de scandales qui ont provoqués de nombreux morts.

Pour l’amiante, dont on connaît les effets néfastes depuis des dizaines d’années, il a fallu attendre 1996 ou 1997 pour voir son interdiction en France. Sur le plan mondial, le Canada, grand producteur, a bloqué, voir acheté, l’interdiction mondiale. Les morts continuent de mourir par dizaine, rendant le fonds d’indemnisation insuffisant. 

On peut craindre que si des études épidémiologiques ne se mettent pas en place, les nanoparticules fassent à terme des morts dans des secteurs souvent oubliés, les garages, les personnels de parking souterrains, avec les pneus qui crissent et émettent des microparticules.

Je ne reparlerais pas du nuage de Tchernobyl dont on sait qu’il est passé sur la France, malgré les mensonges d’ETAT.

( voir la vidéo ci-dessous: Image du nuage de Tchernobyl© IRSN )

« Dans la plupart des affaires sanitaires, un discours officiel se met en place, déniant les faits. Son prototype est le discours du professeur Pellerin, en 1986, à propos de Tchernobyl. Contrairement à une légende, Pierre Pellerin, directeur du service central de protection contre les rayonnements ionisants (SCPRI) n’a jamais dit que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française, ce qui aurait été faire preuve d’un humour peu apparent chez cet homme austère.

En revanche, Pellerin a affirmé, sans la moindre preuve, que ce nuage n’avait pas de conséquences sanitaires pour les Français et par conséquent qu’aucune précaution ne s’imposait. Dans son livre De Tchernobyl en Tchernobyl (Odile Jacob), le prix Nobel Georges Charpak estimait en 2005 que les retombées de la catastrophe pourraient provoquer 300 décès par cancer en France sur trente ans.

A ce jour, aucune étude consacrée spécifiquement à la France n’a permis de trancher, même si globalement des travaux ont montré que l'ensemble de l'Europe avait été affectée par les retombées de Tchernobyl, Pellerin a bénéficié en septembre 2011 d’un non-lieu après avoir été poursuivi par la Criirad et l’Association française des malades de la thyroïde. Le procès aura tout de même éclairé les citoyens sur la conception de l’information de ce grand serviteur de l'Etat : on a appris, par exemple, qu’il était le véritable auteur d’un rapport de l’Académie des sciences publié en 2003, rapport qui justifiait les décisions de Pellerin. Ce rapport avait été présenté comme l’œuvre de trois spécialistes de médecine nucléaire et de radiotoxicologie. C'était un faux. », source Médiapart.

On pourrait aussi citer l’affaire du sang contaminé, où la DGS savait le risque mortel à faire certaines transfusions. Mais le test était américain et à l’époque, sous Mitterrand et Fabius, il fallait combattre l’hégémonie américaine. Acte politique, pas un acte de santé publique.

Voyons maintenant le scandale du Médiator : « Dans le cas du Mediator, outre une pseudo-réforme du système du médicament qui n’apporte aucun élément nouveau, le principal dispositif est l’indemnisation par l’Oniam (l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux). Comme nous l’avons écrit et comme cela s’est passé dans l'affaire du sang contaminé, ce dispositif peut très efficacement éviter une mise en cause de la responsabilité de l'Etat. Or, dans le cas du Mediator, et quoi qu'il en soit de la responsabilité du groupe Servier, l'administration s'est rendue coupable de graves défaillances.

Dans la situation actuelle, on peut craindre que ces défaillances ne soient jamais jugées, ou le soient dans un délai trop long pour que cela ait un impact. Deux procédures sont en cours : l’une pour tromperie, auprès du Tribunal de Nanterre. L’autre pour tromperie aggravée, homicide involontaire et escroquerie, auprès du Tribunal de grande instance de Paris. La première pourrait aboutir dans un délai relativement court, mais par sa nature elle cible le seul groupe Servier.

Molécule de l'Isoméride© Harbin

De plus, l’enquête de l’Igas sur le Mediator, dont le rapport constitue une démonstration très documentée de la tromperie de Servier, ne cible pas ou peu l’administration de la santé publique. En fin de compte, ce rapport pourrait préfigurer un règlement de la situation dans lequel Servier serait condamné pour tromperie, les victimes plus ou moins bien indemnisées, et l’administration absoute, une fois de plus.  

La deuxième procédure pourrait mettre en cause l’administration, mais elle risque de durer beaucoup plus longtemps, et de mener, comme pour l’hormone de croissance, à une décision de justice sans enjeu réel, parce que les principaux acteurs concernés ne seront plus là. Compte tenu des difficultés que soulève cette procédure pour les victimes, bon nombre d’entre elles opteront sans doute pour l’indemnisation et abandonneront toute action ultérieure », source Médiapart.

Ces affaires, on pourrait aussi citer l’escroquerie PIP, montre que la gouvernance de la santé publique est défaillante, sous la coupe des laboratoires privées, ils seraient publics cela ne changeraient rien (cf. le scandale du Crédit Lyonnais).

Les conflits d’intérêts sont nombreux.

Il faut refondre le système complétement, éviter les pseudo-paniques comme la vaccination contre le virus H1N1 qui tue moins qu’une grippe saisonnière et qui a militarisé la médecine et enrichit les laboratoires.

Au travail sur la notion d’indépendance.

JP BOMPARD

 

 

Commentaires

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ecolittoral le 29 décembre 2012 15:02:23
Article intéressant mais...
Pourquoi ne pas parler de la santé durable?
Pourquoi ne pas parler de développement public?
200 000 paysans en plus pour évité le crash alimentaire qui s'annonce. Est ce que ce serait, diminuer nos importations? Réduire le chômage? (ré)aménager le territoire? Approvisionner les marchés avec des aliments non toxiques? Eradiquer ces camps de concentrations que sont les élevages industriels? Diversifier les unités de transformation, stockage, distribution, améliorer les moyens de transport? Réduire la consommation de tabac et d'anxiolitiques? Réduire le CO2? augmenter la biodiversité? Créer et/ou renforcer les entreprises de "transition énergétique"? Débloquer des crédits en investissement? Décongestionner les mégapoles? etc...
La santé durable commence par l'assiette, le sommeil, la tranquilité d'esprit dans un cadre "naturel" et apaisant. Nous sommes malades d'attendre des solutions qui ne viennent pas. Un développement public avec une multitude d'actionnaires et entrepreneurs privés.
Un développement durable améliore forcément une santé publique.
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