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Biodiversité et nuit noire

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Publié dans
le 05.09.12
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Ce n'est qu'un roman, mais il souligne les difficultés de la vie. Il nécessite de construire des espoirs autour du vivant. On doit donc prendre les actions en faveur de la biodiversité, aussi dans un monde de rêve positif, dans un humanisme qui dessine les contours d'un nouveau monde.

"Lakhdar aurait bien aimé parcourir le monde sans papiers et sans entrave, comme Ibn Battuta, le grand voyageur arabe du XIV e siècle. Mais sept cents ans après, son épopée est moins mirifique : elle le mène d'un quartier populaire de Tanger à la très malfamée rue des Voleurs de Barcelone ; en clandestin, parce que la guigne, la violence du monde et la mort le poursuivent inlassablement.

Dans son nouveau roman « Rue des voleurs », Mathias Enard se met dans la peau d'un jeune Marocain de vingt ans, fou de romans policiers (français) et de poésie (arabe), chassé de chez lui, parce qu'il a été surpris nu dans les bras de sa jeune cousine. S'en suit une série de més(aventures), qui vont le conduire à fréquenter des milieux intégristes, à rencontrer l'amour avec une jeune Espagnole, à travailler dans une entreprise française du Net, sur un ferry reliant Tanger à Algésiras, puis chez un croque-mort ibérique, avant d'atterrir dans les bas-fonds de Barcelone. Plus qu'un récit de voyage à la Ibn Battuta, c'est un genre de « conte des mille et une nuits » contemporain que nous propose l'auteur de « Zone » et de « Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants » - mille et une nuits noires, sans le merveilleux, et âpres comme ce début de XXI e siècle.

Dans les premières pages, on redoute un peu les clichés, la caricature facile. Mais Mathias Enard soigne ses personnages, évitant l'excès de pathos ou à l'inverse l'hyperréalisme. Son Tangérois, Lakhdar, est suffisamment stylisé et contradictoire - tour à tour candide et extra-lucide -pour symboliser tous les jeunes gens arabes du monde, entre rébellion et désillusion.

Les dangers de l'intégrisme

Les rebondissements incessants et une pointe d'ironie renforcent le côté feuilleton-fable. L'écrivain réussit le tour de force d'embrasser toute notre époque, faisant habilement le pont entre le printemps arabe et les révoltes des Indignés espagnols. Pour autant, il ne transige sur rien, stigmatisant la sinistre bêtise des terroristes et les dangers de l'intégrisme. Son jeune héros humaniste choisit d'ailleurs son camp - le subtil coup de théâtre final en témoigne.

« Rue des voleurs » est donc un conte qui dit le monde d'aujourd'hui avec un pessimisme noir d'encre, mais aussi avec l'enthousiasme d'une nouvelle génération qui veut en découdre. Un roman écrit à chaud (y figure même la victoire de la gauche française), mais qui glace le sang. Reste-t-il un brin d'espoir ? Sans doute... Pas d'être heureux, mais au moins d'être digne."

PHILIPPE CHEVILLEY

Commentaires

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2012-09-05 07:16:00 +0200

Je rajouterai qu'il faut connaître les approches de la biodiversité selon les civilisations.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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