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Conférence environnementale : la FNSEA respire

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Publié dans
le 22.09.12
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Moins de contraintes

Ouf ! se disent sans doute bon nombre d'agriculteurs et de syndicalistes qui les représentent à l'issue de la Conférence environnementale du week-end dernier. L'agriculture a échappé au procès fait à ses pratiques et aux mesures contraignantes pour l'avenir. L'impression désagréable qui avait prévalu lors du Grenelle de l'environnement ne s'est pas renouvelée. Et puis, surtout, les orientations annoncées sont moins perturbantes. « L'agriculture est reconnue comme un acteur de l'environnement et un secteur de solutions », confie Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, qui y participait. Certes, les biocarburants ne seront plus aidés à compter de la fin 2015. Mais c'était déjà dans les tuyaux. Certes, le moratoire pour les OGM est maintenu. Mais cela concerne les OGM déjà adoptés et ne préjuge pas de décisions ultérieures. Certes, l'épandage aérien continue d'être interdit, mais le Premier ministre n'a pas exclu les dérogations possibles. En revanche, il n'a pratiquement pas été question de dispositifs pénalisants concernant la gestion de l'eau, ni du problème des algues vertes, ni encore rien de très précis concernant la réduction de l'emploi des phytosanitaires dans les champs. Il est question de les réduire, mais cela sera du ressort du ministre de l'Agriculture, notamment via sa future loi de modernisation.

Trop de terres dilapidées

En revanche, il y a du plus, dans la Conférence environnementale, pour les paysans. Figure imposée, on y a évoqué un plan pour les produits bio. Et, surtout, le gouvernement « souhaite mettre un frein, au niveau national, à l'artificialisation nette des espaces agricoles et naturels », affirme le communiqué final. C'est tout bon à entendre Christiane Lambert. « L'artificialisation des terres, dit-elle, c'est moins de biodiversité et moins de production agricole ».

À l'entendre, sur la biodiversité, l'accord se serait réalisé sur le fait que les agriculteurs, lorsqu'ils en sont les gestionnaires, devraient être rémunérés en contrepartie. Et bon nombre d'acteurs auraient admis une trop grande complexité : « Le millefeuille réglementaire » sur l'écologie correspondant à rien moins que 198 décrets. Autre sujet qui pourrait satisfaire le syndicalisme agricole majoritaire, l'idée que les charges sociales pourront être partiellement financées par la fiscalité écologique. Une solution qui allégerait le coût du travail. Au total, les orientations de cette Conférence environnementale façon PS et Europe Écologie les Verts ont bien plus de quoi rasséréner les agriculteurs représentés par la FNSEA que le Grenelle de l'environnement façon Nicolas Sarkozy. Ce qui n'a pas empêché José Bové d'en saluer les conclusions.

Hervé PLAGNOL.

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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