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Fruits. Les producteurs veulent enrayer leur déclin

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Publié dans
le 03.02.14
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Les producteurs français de fruits cherchent à relocaliser leurs productions, comme ont réussi à la faire des filières du textile et du bâtiment.

Les producteurs français de fruits ne veulent pas se résigner au déclin. Faute de compétitivité, la production phare, celle de pêches-nectarines, est passée de 400 000 tonnes annuelles il y a dix ans à moins de 200 000 tonnes.

Des secteurs qui remontent la pente

Les producteurs de leur fédération nationale, la FNPFruits, section spécialisée de la FNSEA ne se résignent. Lors de leur congrès à Lyon,en janvier 2014, ils ont invité les représentants d'autres secteurs d'activités pour partager leur expérience de reconquête. Le directeur général de la société Tricotage des Vosges, une entreprise de production de chaussettes et de collants, implantée en Lorraine près d’Épinal a racheté comment il avait racheté en 2010 la société Olympia. Cette importante entreprise de production de chaussettes délocalisait ses productions. Les méthodes de la petite société vosgienne : diversité et renouvellement fréquent des collections, suivi permanent des tendances du style et de la mode, livraisons à temps, desserte personnalisée des magasins avec les collections souhaitées ont permis d'inverser la tendance.

La FNPF a aussi convié à cette table ronde un dirigeant de la Fédération française du bâtiment (FFB), qui à force de pétitions et de démarches auprès des parlementaires, a convaincu le groupe des députés PS, de contraindre les entreprises étrangères, en provenance notamment d’Europe de l’Est, à respecter les conditions françaises de conditions de concurrence et de travail.

Prise de participation chez un éleveur ovin breton

Toujours dans cette volonté de ne pas céder à la fatalité de la déprise, la FNPFruits a fait venir le président d’une société d’investissement pour le secteur agricole, Labeliance, qui a lancé mercredi 29 janvier 2014le fonds Labeliance Agri. Et à peine constitué, ce fonds a financé son premier projet jeudi. Il s’agit en l’occurrence d’une prise de participation de 50 000 € dans l’exploitation d’un jeune éleveur d’ovins du Morbihan, élevant 450 brebis.

Hier, au congrès, la FNPFruits a signé un accord avec Labeliance, pour faciliter ce genre de prise de participation dans les exploitations arboricoles.

Ne crachant pas non plus sur les soutiens publics, les producteurs de fruits sont en train également de marquer des points : ils devraient pouvoir bénéficier de financements du fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) pour la rénovation du verger français de fruits, a indiqué Luc Barbier, président de la FNPFruits. Jusque-là, la ligne budgétaire de rénovation du verger est de 4,3 millions d’euros par an, distribués par FranceAgriMer. Une somme équivalente proviendrait des régions, qui sont autorités de gestion du Feader. Soit près de 9 millions d’euros de crédits publics pour la rénovation du verger.

Un congrès de colère aussi

Ce congrès de propositions a aussi été un congrès de colère du président Luc Barbier contre les différents gouvernements, qui selon lui ont compromis la compétitivité française en voulant « laver plus blanc que blanc ». « Comment garantira-t-on la sécurité sanitaire des fruits, lorsque la production française aura disparu ? On aura trompé non seulement les producteurs, mais aussi les consommateurs. »

Christiane Lambert, vice-présidente de la FNSEA, est venue appuyer les positions de la FNPFruits, sur le problème de la compétitivité et de l’emploi, « alors que les carnets de commande de l’agriculture sont pleins ».

Source : http://www.ouest-france.fr/fruits-les-producteurs-veulent-enrayer-leur-declin-1903731

Commentaires

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2014-02-03 14:37:04 +0100

Délocaliser signifie abandonner des vergers, suppose en vendre une partie à des promoteurs immobiliers qui en assureront l'artificialisation (après quelques modifications des plans d'occupation des sols souvent peu problématiques...)...Ce choix est regrettable, alors que les AMAP et épiceries paysannes vendent sans problème des produits de l'agriculture de proximité (souvent biologique).

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2014-02-03 14:56:12 +0100

Relocaliser la production agricole va de pair avec des circuits courts . Ça devrait aider une sortie de crise et contribuer à donner une certaine indépendance alimentaire à un territoire, évitant ainsi de longs transports émetteurs de gaz à effet de serre...

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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