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L'agriculture et le Président de la République

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Publié dans
le 22.02.14
Hollande-seul-faimali

La France et son agriculture.

Au moment du salon de l’agriculture, les journaux se mettent à parler de politique agricole.

Pour faire quelques commentaires, je m’appuierai sur l’interview du président de la République donné au journal la France Agricole.

http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/francois-hollande-president-de-la-republique-investir-dans-une-agriculture-competitive-et-durable-interview-84652.html

Les médias se sont emparés de la question du statut de l’animal. La réponse est claire pour le président

« Faut-il légiférer sur le statut de l'animal

Notre pays a le don d'ouvrir des débats pour nous opposer fébrilement... et je ne parle pas que des animaux ! Nous sommes en fait unis sur un certain nombre de principes et de valeurs. En France, nous aimons les animaux. Et les premiers qui les aiment ce sont ceux les éleveurs qui les soignent. Un agriculteur qui maltraiterait son cheptel détruirait son propre patrimoine. A juste raison beaucoup d'efforts ont été réalisés pour le bien-être animal sans qu'il soit nécessaire de le traduire par une loi. Dans le code rural notamment, l'animal est déjà considéré comme un être sensible. Pourquoi ajouter d'autres considérations ? Car, pour appeler les choses par leur nom, l'élevage aboutit à un moment à ce que l'animal soit abattu. Aussi, nous devons veiller à faire respecter des conditions qui ne le fassent pas souffrir. ».

La réponse n’est pas satisfaisante du point de vue du droit civil, que faire de l’animal de compagnie en cas de divorce. Pour l’instant, c’est un bien meuble come une chaise, insensible à l’affection. Le sujet est délicat mais devrait être abordé. Je parle ici de droit civil, la maltraitance relève du droit pénal.

Mais l’interview aborde l’avenir de nos agricultures. La monde agricole dépend de la PAC, sur ce point la France a bien défendu les intérêts agricoles par rapport à ceux qui voulait la renationalisation de la PAC. Sur le plan de la lutte contre les inégalités au sein de l’agriculture l’effort est modeste

« Y aura-t-il une étape supplémentaire dans le « rééquilibrage » des aides ?

Nous avons stabilisé les crédits européens à l'agriculture pour les sept prochaines années. Peu de secteurs économiques ont une telle visibilité. Dans le cadre de la mise en œuvre nationale, j'ai voulu rééquilibrer progressivement les aides à hauteur de un milliard d'euros sur les neuf que notre pays reçoit chaque année au titre de la Pac. Le cap est fixé pour les sept prochaines années même si tout au long de cette période, des évaluations régulières avec la profession mesureront les effets de nos décisions. Quels sont nos choix ? D'abord, la convergence, c'est-à-dire la réduction des écarts entre le niveau des aides publiques qui étaient fondées sur des références historiques qui remontaient à plus de vingt ans. Ensuite, rééquilibrer les aides sans déséquilibrer les filières et les territoires. Nous souhaitions renforcer les productions animales mais sans affaiblir le secteur des céréales. Il s'agit de créer une dynamique favorable à l'ensemble de nos agricultures. Nous avons trouvé le bon équilibre en prenant mieux en compte l'emploi dans la redistribution des soutiens en aidant davantage les exploitations situées dans les zones difficiles. J'assume ces priorités."

L’agriculture dominante est toujours l’agriculture exportatrice. Cette démarche peut se comprendre dans une économie atone où notre balance commerciale est déficitaire, ce qui n’est pas le cas pour l’agriculture.

On peut par contre saluer la mise en place de « Un instrument nouveau sera créé par cette loi : c'est le groupement d'intérêt économique et écologique (GIEE). Il permettra de fédérer les acteurs autour de projets qui concernent tout un territoire. Car l'agriculture ne concerne pas les seuls agriculteurs, elle concerne toute la société qui doit être fière de pouvoir disposer d'une sécurité et d'une qualité alimentaire exceptionnelle. »

L’exercice du président est conforme aux attentes de la grande majorité des agriculteurs, mais il s’ouvre assez peu à l’environnement et effleure les questions d’emplois.

Il y a du conservatisme dans cette politique, la biodiversité n’est pas citée, la  recherche est oubliée.

Le chemin est donc long pour voir venir une nouvelle agriculture, conciliant les trois piliers du développement durable, un développement qui engloberait aussi la forêt.

 

Commentaires

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2014-02-22 19:38:02 +0100

Ce sont des propos démagogiques. Mais le pouvoir de faire changer les choses n'incombe pas qu'au président. Il y a aussi les ministres (quoique ceux de l'écologie ne semblent pas se préoccuper particulièrement de la biodiversité et la considération des animaux), le Sénat...et nous, à l'échelon indidivuel, qui pouvons, par nos choix quotidiens, nos achats, nos consommations, "récompenser" tel ou tel système. On peut favoriser un élevage vertueux, de chèvres en plein air par opposition à une production industrielle de saucissons aux filières opaques. On peut favoriser un élevage de poules en plein air (ayant suffisamment de place car ce n'est pas toujours le cas, et bien nourries) par opposition aux élevages industriels imposant des rythmes "inhumains" à de pauvres volatiles...VOTER, ce n'est pas seulement choisir et placer un bulletin dans une urne. Nous votons chaque jour avec nos pieds et nos mains, et il est regrettable que beaucoup sacrifient l'importance et l'impact de ces petits votes cumulés au nom de l'argent économisé (je ne fais pas allusion, bien sûr, à ceux qui n'ont pas le choix).

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