POPULARITÉ
2182

La haute mer sans pêche: solution pour garantir la pêche mondiale !

Éditer
Publié dans
le 13.02.15
000011892_5

La pêche est pratiquée en haute mer et dans les zones économiques exclusives (ZEE) des pays maritimes.

Une étude, publiée par l’équipe de Daniel Pauly, spécialiste des ressources halieutiques à l’université de Colombie-Britannique. est riche d'enseignements

En haute mer, les eaux internationales n'appartiennent à aucun pays et sont «propriété» de tous les citoyens du monde.
Au cours des dernières décennies, la pêche s'est étendue à la haute mer en raison de la surexploitation des eaux côtières, et de la demande croissante de poissons liée à l'augmentation de la population mondiale, la hausse des revenus, les subventions gouvernementales, et l'innovation technologique

L'exploitation croissante de poissons en haute mer a suscité des inquiétudes parmi les scientifiques, économistes, avocats, gouvernements, organisations non gouvernementales et le public pour plusieurs raisons. Une gestion inadéquate a entraîné une surpêche de nombreux stocks de poissons économiquement importants et les pêcheries exploitant ces ressources ont été associées à la capture accessoire d'espèces menacées ou vulnérables et à la destruction de l'habitat.

Premier constat: entre 2000 et 2010, 80 millions de tonnes de poissons ont été pêchés en moyenne chaque année, dont 10 millions de tonnes en haute mer. Et parmi elles, seules 3.000 tonnes concernent des espèces pêchées uniquement en haute mer. Quant aux autres, elles sont également pêchées dans les ZEE, la plupart migrant à partir des eaux internationales. Or ces déplacements pourraient fortement s’accroître, si on laissait ces espèces se régénérer dans une haute mer sanctuarisée.

Les chercheurs ont étudié plusieurs scénarios de colonisation des zones côtières par des poissons provenant de la haute mer. Pour l’hypothèse la plus modeste, celle selon laquelle 18% des prises de poissons présents dans les deux zones augmenteraient dans la ZEE après fermeture de la haute mer, il n’y aurait aucune perte en termes de captures au niveau mondial.

La mise en œuvre d'une fermeture de la haute mer exigerait une réforme fondamentale de la gouvernance des océans grâce à la mise en œuvre d'un nouvel accord ajouté à la Convention et en soutenant des mesures au sein d'autres organes des Nations Unies comme la FAO et la Convention sur la diversité biologique.

L'étude complète en anglais.

Le Journal de l'environnement en parle et donne une conclusion
«D’un point de vue environnemental et économique, il serait sensé de fermer la haute mer à la pêche, d’en faire un réservoir à poissons pour le monde. La réaction habituelle à ce genre d’affirmation consiste à dire que cela va engendrer de l’insécurité alimentaire, du fait d’une réduction des captures, des problèmes d’emploi et de profits, or nos résultats montrent que ce n’est pas probablement le cas, et même bien au contraire», expliquent les chercheurs.

Commentaires

0
2015-02-13 11:06:50 +0100

La surpêche est en effet un problème mondial gravissime. Mais quelle instance internationale pourra s'en emparer ?

0

2
2015-02-13 13:36:52 +0100

Cette solution d'arrêt de la pêche en zone internationale a déjà été suggérée. http://ici.radio-canada.ca/...
Cent fois sur le métier….

Ce sont les écosystèmes estuariens, et les mangroves, qui abritent les nurseries de poissons. Ces espaces littoraux permettent le repeuplement du large.
L'état des populations du large augure mal de leurs possibilités de fournir des reproducteurs franchissant les zones hauturières vers les zones maritimes des Etats, les estuaires et les mangroves …
La protection des nurseries existe parfois. C'est insuffisant et les pêcheurs ont certainement, eux aussi, des idées à exposer pour garantir à long terme, l'exercice de leur métier.

2

2
2015-02-13 13:53:00 +0100

Pour alimenter le dossier, ce document de 2012 qui concerne des aires protégées dans des espaces dépendant des Etats.
http://www.ird.fr/la-mediat...

2

0
2015-02-13 15:20:08 +0100

Le plus urgent est d'interdire la pêche en eaux profondes qui décime des espèces a croissance extrêmement lente et qui atteignent tardivement la maturité de reproduction.
Il faut aussi interdire totalement la capture des juvéniles, par exemple ceux de l'anguille d'Europe (civelles) dont la population s'est effondrée de façon dramatique au fil des dernières décennies. Malgré de nombreuses mesures de protection et de réglementation, l'anguille reste en danger critique d'extinction !

0

1
2015-02-14 13:54:26 +0100

A mamilaine,
Dans Le courrier picard , BAIE SOMME: L’encourageant retour de la civelle
PUBLIÉ LE 11/02/2015

1

À propos de l'auteur

La nature ... plus d'un demi-siècle que je prends une part active à sa défense. … Et depuis 1976, j'accompagne l'action de l'association devenue "Humanité et Biodiversité". J'en fus administratrice jusqu'à l'AG de 2020: Nelly Boutinot

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 747390
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 329870
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 131036
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 53823
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 32530
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 344562

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy