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La vie aime le chaud, mais pas trop

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le 08.11.12
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On doit résoudre cette crise majeure qui est présente et en devenir. L'action quotidienne est indispensable, car on ne doit pas attendre les grandes conférences internationales pour vivre au quotidien  le défi. Après la victoire du président OBAMA et l'arrivée d'un nouveau dirigeant communise à la tête de la Chine doit-on s'attendre à des changements? On sait qu'un accord climatique dépend au niveau mondial de ces deux nations premières émettrices de gaz à effet de serre.

"Imaginez la Terre d’il y a 250 millions d’années, à la limite du Permien et du Trias. S’y déroule une crise biologique, provoquée par des épanchements volcaniques gigantesques, visibles aujourd’hui dans les plaines de Sibérie, a montré Vincent Courtillot (Institut de Physique du Globe de Paris). C’est la plus sévère extinction d’espèces connue dans l’histoire de la vie, provoquée entre autres par le violent effet de serre déclenché par le gaz carbonique émis par les volcans.

La Terre de cet épisode dramatique diffère de la nôtre?: les terres émergées sont unies en un mégacontinent, la Pangée, qui s’étend du nord au sud de la planète. Et un océan, la Paleo-Tethis, occupe l’essentiel des tropiques. Or cet océan, entre les 30e parallèles nord et sud, est un vaste désert, une «dead zone», affirme une équipe internationale (Yadong Sun et al., Science du 19 octobre) durant au moins un million d’années. Pourquoi?? Trop chaud.

L’ensemble du globe a connu une hausse brutale du thermomètre, permettant à des espèces tropicales de vivre non loin des pôles. Mais les tropiques ont dépassé les limites admises par la plupart des êtres vivants. Les eaux de surface ont affiché des températures de 36?°C, voire en une occasion proche des 40?°C, tandis que les terres émergées tropicales montaient à plus de 50?°C.

Menace sur la diversité du plancton

Aucune simulation par ordinateur du climat futur réchauffé par nos émissions de gaz à effet de serre ne promet une catastrophe de cette ampleur. Une étude parue dans Science, (Mridul K. Thomas et al., 26 octobre) montre que la hausse des températures océaniques va certes faire «glisser» vers les pôles les écosystèmes planctoniques. Mais que va-t-il se passer sous les tropiques, dans les eaux les plus chaudes?? A l’échelle du 21e siècle, une diminution de 40% de la diversité du phytoplancton – ?la base de la chaîne alimentaire marine ?– qui pourrait provoquer une diminution de la biomasse totale et un affaiblissement des écosystèmes. Le changement climatique serait trop rapide au regard du processus darwinien de sélection et adaptation, susceptible de provoquer l’émergence de nouvelles espèces par mutations génétiques. Si, à plus long terme, la vie planctonique peut se rétablir, elle risque de ne pas suivre le rythme imposé par l’homme et ses émissions de gaz à effet de serre pour le siècle en cours.

Le méthane du riz

Ces émissions sont aujourd’hui sur la trajectoire la plus forte des scénarios envisagés par les climatologues. De nouvelles découvertes de gaz et de pétrole, comme l’amélioration des technologies d’exploitation, peuvent donner lieu à des émissions de gaz carbonique largement suffisantes pour provoquer le pire des scénarios étudiés par les climatologues. Et d’autres peuvent s’y ajouter. Une étude (K.J van Groeningen et al., Nature climate change, 21 octobre) montre que la culture du riz, dans les conditions climatiques prévues pour la fin du siècle, dégagerait 30% de méthane (un gaz à effet de serre) de plus que dans le climat actuel. Or, pour nourrir deux milliards d’hommes supplémentaires, il faudra bien cultiver plus de riz.

Par Sylvestre Huet, le 6 novembre 2012

Photo: Carte de la zone de mort au Trias 

Source : http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2012/11/la-vie-aime-le-chaud-mais-pas-trop.html

 

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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