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Le bien-être des truies va coûter cher aux consommateurs

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Publié dans
le 29.10.12
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De nouvelles normes pour le bien-être porcin

L'année 2013 apportera de bonnes nouvelles aux truies mais pas aux amateurs de viande de porc, pour qui saucissons et autres jambons fumés coûteront plus cher après l'entrée en vigueur de nouvelles normes européennes en faveur du bien-être porcin.

Les petits éleveurs s'inquiètent

Une partie des éleveurs, qui voient déjà le coût de l'alimentation animale flamber depuis plusieurs années, devraient renoncer à leur activité en raison des investissements trop lourds que ces réglementations impliqueront. Les cages à truies, utilisées pour isoler les femelles enceintes et les contrôler plus facilement, seront interdites à partir du 1er janvier dans les 27 pays membres de l'Union européenne, onze ans après l'adoption de la mesure.

Bien-être animal

Tandis que les organisations de défense des animaux saluent cette initiative, l'interdiction devrait conduire de nombreux éleveurs européens, notamment les plus petits, à abandonner cette activité, entraînant une hausse des prix sur le chorizo, le prosciutto ou encore la saucisse de Francfort.

«C'est le début d'une onde de choc», prévient Jean-Michel Serres, président de l'association des producteurs français de porc, le FNP.

« Cela aura un impact significatif sur le prix du porc et va poser de gros problèmes à l'industrie», ajoute-t-il, soulignant que l'interdiction de ces cages représentera un surplus significatif dans un secteur qui peine à être à l'équilibre.

En début d'année, l'entrée en vigueur de l'interdiction des cages de batterie pour les poules pondeuses avait doublé le prix des oeufs en France.

PROSCIUTTO ET BACON

L'augmentation du prix du porc ne devrait pas être aussi spectaculaire, le secteur ayant plus de capacité à absorber une hausse des coûts aux différents maillons de la chaîne de production et la demande pouvant se reporter sur d'autres viandes abordables comme le poulet.

Pour conserver leurs marges, les professionnels contactés estiment qu'ils devraient procéder à une augmentation de 10% au minimum sur les prix.

«Nous sommes obligés d'augmenter nos prix et pas de 3%. Aujourd'hui, nous avons déjà besoin d'une hausse de 10% pour garder nos marges et ce sera pire l'an prochain», estime Robert

Volut, président de la Fédération Française des Industriels Charcutiers Traiteurs (FICT).

«Le prosciutto italien sera autant touché que le petit-déjeuner des Anglais», ajoute-t-il.

En 2010, l'Union européenne a produit une quantité record de 22,7 millions de tonnes de viande de porc, soit plus de 20% de la production mondiale.

3 à 4% des éleveurs européens devraient arrêter

La Commission européenne estime que 3 à 4% des éleveurs arrêteront leur activité l'année prochaine, et que la mise aux normes entraînera une baisse de production de 5% sur la période 2012-2014, selon deux sources qui participaient la semaine dernière à un colloque réunissant les professionnels du secteur.

Aides supplémentaires en France

Mais l'impact de l'interdiction des cages variera selon les pays européens. 

Le Royaume-Uni, qui interdit les cages individuelles depuis 1999, a vu sa production croitre cette année et son cheptel fondre de 40% entre 2001 et 2011, pâtissant des importations de pays moins exigeants. 

En revanche, l'Allemagne, premier producteur de porc de l'UE avec environ 25% du marché, devrait être parmi les pays les plus touchés. En France, un éleveur sur dix devrait abandonner son activité, entraînant une chute de production de 6 à 7%. Le prix du porc a déjà augmenté de 24% en France depuis le mois de mai en raison de la baisse de la production, la date butoir pour la mise aux normes arrivant à un moment où de nombreux éleveurs sont fragilisés par la flambée des prix des céréales, qui représentent 30% de leurs coûts.

L'impact sur les prix des nouvelles normes européennes ne sera réellement connu qu'après quelques mois d'interdiction, lorsque tous les porcs nés avant janvier auront été abattus.

Le gouvernement français a débloqué 15 millions d'euros ces deux derniers mois, en plus des 25 millions initialement prévus, pour accélérer les mises aux normes. 

Les éleveurs français sont à la traîne comparés à leurs confrères européens. La FNP estime que cet été ils n'étaient que 50% à remplir les nouveaux critères. 

Le ministère de l'Agriculture a dit avoir reçu ces dernières semaines énormément de demandes d'aides, qui peuvent aller jusqu'à 20% des frais engagés.

Des toilettes pour les cochons

A partir du 1er janvier, les éleveurs auront l'obligation de regrouper les truies enceintes et d'augmenter leur espace vital, hormis pendant les quatre premières semaines et la dernière semaine de leur grossesse durant lesquelles les cages de gestation restent admises.

Jusqu'à présent, les truies étaient enfermées tout au long de la grossesse dans des box individuels exigus qui permettaient aux éleveurs d'empêcher ces mammifères voraces de se voler leur nourriture et de s'agresser.

Pour les défenseurs des animaux, les truies gestantes souffrent d'être confinées dans un espace si étroit qu'elles ne peuvent se retourner, d'être séparées des autres animaux et se blessent facilement aux barreaux métalliques.

A long terme, d'autres mesures en faveur du bien-être porcin pourraient d'ajouter à cette réglementation européenne, comme celles testées aux Pays-Bas dans une ferme tenue par l'Université de Wageningen.

Dans un grand espace ouvert, les porcs y disposent de différentes zones de vie délimitées : une pour les loisirs, une pour manger, une pour dormir et une faisant office de toilettes.

De tels dispositifs représenteraient inévitablement une importante hausse des coûts, et les responsables du projet doutent eux-mêmes que les consommateurs soient prêts à payer pour le bonheur porcin.

«Le bien-être animal a un coût», note Daniel Somers, manager de la ferme néerlandaise. "Tous les consommateurs sont d'accord pour améliorer ce bien-être, mais quand ils vont au supermarché ils achètent la viande la moins chère".

Sybille DE LA HAMIDE.

 

Source :http://www.ouest-france.fr/actu/AgricultureDet_-Le-bien-etre-des-truies-va-couter-cher-aux-consommateurs_3640-2127138_actu.Htm

 

 

 

Commentaires

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2012-10-29 17:01:41 +0100

Toutes améliorations à venir des conditions de vie ou alimentaires des animaux engendreront forcément un coût... puisque tout fut fait pour la réduction des coûts!...

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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