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Le cerf et le cheval

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L’avantage de se promener à cheval, lorsqu’on aime la nature et les animaux sauvages c’est qu’on peut les approcher beaucoup plus facilement. Ce que je veux dire c’est que l’homme se fait déceler très rapidement à cause de son rythme de marche binaire ou de son odeur. Quand on est à cheval, le rythme du pas devient celui du cheval et l’odeur celui du mélange homme-cheval, beaucoup moins agressif pour un animal sauvage.

C’est ainsi que j’ai rencontré de grands animaux sauvages. Les premiers ont été les sangliers, qui se déplaçaient en hardes avec les petits, étrange groupe sorti tout droit de la préhistoire et des peintures de Lascaux, au milieu des champs cultivés de notre plateau beauceron...

Un jour, en longeant un bois j’ai entendu un bruit inhabituel : un étrange craquement, comme si l’on brisait d’un coup un énorme amas de branches. Je me suis souvenue, ma mère m’en avait parlé : c’est qu’un sanglier est juste à côté... Le cheval a immédiatement compris, a pris peur et... a pris ses jambes à son cou !

J’ai eu la chance de rencontrer des biches avec leurs faons en bordure de la forêt de Rambouillet.

Mais je vais vous raconter ce qui m’est arrivé de plus incroyable.

J’allais, au hasard de mon humeur et de celle de mon cheval, à la découverte d’endroits inconnus en lisière de bois lorsque nous nous sommes retrouvés en face d’un cerf. Un vrai, un grand avec d’énormes bois. A moins de cent mètres. Moi, le cheval, le cerf, je ne sais pas lequel était le plus surpris. Le cerf nous regarde, nous évalue sans bouger. Le cheval aussi. Moi, je suis sidérée et je n’arrive qu’à penser : « Bon sang, mais c’est vraiment grand, un cerf et... qu’est-ce que c’est beau ! ».

Ce n’est pas moi qui ai pris l’initiative. Le cheval a fait comme un petit bond de joie sur place. « chouette, un copain ! ».
Pas confortable. Incroyable, il voulait faire connaissance avec le cerf !

Il m’a complètement oubliée. Je tente de lui rappeler que je suis là, je pose la main sur son épaule. Il dresse la tête comme une girafe (!!). Electrisé !

Le cerf voit tout ça, mais là, vraiment, non, pas intéressé. Son attitude dit « Non, vraiment je n’ai pas envie ». Il effectue un début de repli au grand désappointement de mon cheval. Il disparaît tout d’un coup, très vite, évaporé... Très digne, très classe.

Je parle au cheval : il est affreusement déçu. Je l’empêche de poursuivre le cerf gentiment mais fermement, je lui parle, je lui explique. Le cerf n’a pas envie, je comprends, c’est triste, tu voulais le connaître, échanger, mais il ne veut pas. Le retour au calme est long, je relâche la pression et on repart en direction de l’endroit où était le cerf : il a comme un espoir, son pas s’accélère.. Le cerf est peut être derrière le coin du bois ? Mais non, il est bien parti, retourné dans ses quartiers, à sa vie sauvage !

Quant à moi, je ne suis plus cavalière depuis des années car je n’ai plus les réflexes suffisants pour gérer ce type de situation. Mais ce souvenir et d’autres proches sont en moi comme des joyaux et y penser me donne à la fois énergie et douceur.

Ce sont eux qui me donnent l’énergie, la volonté profonde d’agir pour la nature

Commentaires

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2020-06-16 21:16:12 +0200

Trop belle rencontre, magnifique.

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2020-06-21 21:05:34 +0200

Sensibilisons nos enfants au respect de la vie et donc de l'environnement.
Si je compare les témoignages de mes ancêtres 19 et milieu du 20 siècle, je constate la disparition rapide ces dernières années du vrai gibier sauvage. Ces bêtes vivant naturellement dans la nature en ayant leur propre équilibre de prédateurs.
Des moments magnifiques comme celui-ci, je les ai vécu dans les années 50...
Alors qu'en 2019 les quelques lignes qui suivent décrivent un exemple de situation catastrophique de destruction rapide de notre environnement....

--En Haute Garonne, les cultivateurs pulvérisent allègrement des tonnes de glyphosate sur des milliers d'hectares, détruisant toute forme de vie. La végétation est brûlée par les produits, la terre est sans vie, les vents chargés de pesticides propagent cancers et tumeurs parmi la population des villes et villages situés au milieu de ces zones toxiques qu'il serait logique d'évacuer.
C'est un constat réel fait lors du pique-nique au milieu de la campagne : c'était lugubre, pas un bruit, pas une vie, pas un insecte, les buissons sont morts, le bois mort des arbres morts marque le chemin de terre, d'une terre glaiseuse, collante, (engrais chimiques) l'herbe y est brûlée par les pesticides à perte de vue...
Dans les années 50, lorsque je déjeunais dans la campagne avec mes parents, je découvrais la vie de la nature, au milieu des herbes et des fleurs, des bêtes de toutes sortes, courant parfois après un lièvre ou des papillons...L'agriculture intensive n'avait pas encore fait ses ravages... le bonheur de la vie rayonnait comme un soleil dans les yeux des enfants…

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À propos de l'auteur

Bonjour, je suis Dominique Henry, nouvelle adhérente et vice-présidente d’Eure & Loir Nature. Mon domaine de compétence est la communication et l’expression visuelle. Je suis infographiste. Actuellement, au sein d’Eure & Loir Nature je participe à la commission CDPENAF (Commission de Préservation des Espaces Agricoles, Naturels et Forestiers) une fois par mois à la préfecture de Chartres.

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