POPULARITÉ
38

Le Loup gris dans le nord-est de la France

Éditer
Eurasian-wolf-hunting-rodents-in-snow

Un loup tué dans la Marne il y a quelques jours

Info sur : http://champagne-ardenne.france3.fr/2014/02/03/un-loup-tue-par-balle-dans-la-marne-407945.html

Le 31 janvier dernier un loup a été retrouvé mort, tué par balle, dans le département de la Marne (entre Coole et Sompuis, à 2 km du village de Coole, non loin du camp militaire de Mailly). Le cadavre a été découvert par un chasseur qui a alors alerté l’Office de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS).

Après s’être rendu sur place, l’ONCFS a confirmé qu’il s’agissait effectivement d’un spécimen de Loup gris (Canis lupus) et plus précisément un mâle adulte. L’individu a bien succombé aux blessures causées par un tir de balle, remontant à quelques jours déjà.

Rappelons que le Loup gris est une espèce protégée par le Droit français. L'auteur du coup de feu risque donc une peine pouvant aller jusqu’à 1 an de prison et 15000 euros d'amende pour cet abattage illégal.

Une enquête est en cours par l’ONCFS pour retrouver l’auteur et des analyses ADN sont réalisées en ce moment pour déterminer la provenance de l’animal. Celui-ci pourrait logiquement venir du massif des Vosges mais rien n’exclut qu’il provienne de régions plus éloignées à l’Est et au Sud-Est (Jura, Alpes).

 

Une présence déjà connue depuis quelques temps à l’est de la Champagne-Ardenne

Il était connu depuis quelques temps que des loups fréquentaient le département de l’Aube. En septembre 2013, un individu avait en effet été photographié par les services de l'ONCFS de Haute-Marne près de la commune de Nully-Trémilly. Des attaques du prédateur sur le bétail d’exploitations situées à la frontalière des départements de la Haute-Marne et de l'Aube avaient été répertoriées et des tirs de défense avaient même été autorisés par les préfectures. 

En revanche, ce loup tué dans la Marne reste la preuve de présence la plus à l’ouest de Champagne-Ardenne et donc la plus proche de l’Île-de-France.

 

Un retour imminent dans la région capitale ?

Quelques 70 km séparent ce loup tué dans la Marne de la frontière de l’Île-de-France et environ 150 km du périphérique parisien. Pour un loup, ces distances sont totalement dérisoires. Cette espèce est en effet très mobile et un animal en dispersion (jeune en émancipation ou adulte exclu d’une meute par exemple) peut parcourir plusieurs centaines de kilomètres. A titre d’anecdote, aux États-Unis en 2011, un Loup ayant quitté sa meute au nord-ouest de l’Oregon a parcouru plus de 1600 km pour se rendre en Californie en 3 mois seulement.

Pour cette raison la répartition du loup progresse d’ailleurs généralement par « bonds » car des individus émigrant peuvent ainsi s’implanter très loin des populations dont ils s’extraient.

 
La flèche rouge représente la commune de Coole où le cadavre de Loup a été trouvé le 31 janvier dernier.

Sur un plan biologique, il n’y a donc aucune raison que le Loup n’arrive pas tôt ou tard dans la région francilienne. Peu de choses distinguent ses milieux naturels et semi-naturels de ceux de l’Ouest de Champagne-Ardenne. Par ailleurs, en Île-de-France, les populations de proies (sangliers, chevreuils, cerfs, ...) sont relativement abondantes. Enfin, l’est de la région francilienne comporte des zones boisées assez conséquentes - telles que bien évidemment le Massif de Fontainebleau - et le Loup peut tout aussi bien fréquenter les espaces ouverts. La fréquentation humaine en revanche est plus importante (rappelons que Fontainebleau est le deuxième site le plus touristique d’Île-de-France après la Tour Eiffel) mais le Loup sait se montrer discret.

Il est donc important de se préparer dès maintenant au retour du Loup dans la région capitale, qui paraît inévitable compte tenu des capacités de l’espèce et qui du reste représenterait un évènement fort symboliquement.

 

D’autres nouvelles concernant la progression du Loup dans le quart nord-est de la France

Info sur : http://www.loractu.fr/sarreguemines/6190-le-loup-repere-en-moselle-une-premiere-.html

Une meute reproductrice dans les Vosges, comptant au moins 4 loups

Jusqu’à l’été dernier, la présence du Loup gris était confirmée dans deux secteurs des Vosges : un loup était connu dans la plaine, du côté de Grand et un couple était noté dans les Hautes-Vosges.

A la fin de l’été 2013, l’ONCFS a pu constater la présence de louveteaux lors d’une opération de comptage de loups par hurlements provoqués, dans la Zone de présence permanente des Hautes-Vosges (département du Haut-Rhin). Ces naissances révèlaient la première reproduction de Loups en dehors des Alpes depuis le retour de ce mammifère dans notre pays il y a 21 ans !

Il a quelques jours, les agents de l’ONCFS ont à nouveau trouvé des indices de présence en repérant la piste de loups dans le massif du Valtin, du côté alsacien. Cette piste se divisant en 4 traces bien distinctes, il pourrait s’agir du couple et de ses deux louveteaux.

Un loup présent en Moselle

Le loup aura été absent de ce département pendant plus de 100 ans. Un témoin a d’abord rapporté le 26 janvier 2014 avoir observé un loup à Abreschviller (entre Strasbourg et Nancy, un petit village de Moselle à la limité du département des Vosges et du Bas-Rhin). Puis, le 30 janvier, un individu a effectivement été photographié à Walscheid (Massif du Donon) par un piège-photo de l’ONCFS, confirmant cette présence du Loup gris en Moselle. 


Loup photographié en Moselle le 30 janvier dernier par l'ONCFS.

 

Notre société, si elle ne doit pas ignorer les dégâts que peut causer le Loup sur le bétail et doit tout faire pour les réduire, doit se réjouir de l’extension du Loup constatée actuellement dans notre pays. Cette situation constitue un formidable exemple de résilience (réparation) d’une espèce jadis exterminée par l’Homme, nous donnant une deuxième chance pour réussir enfin une vraie cohabitation.

Commentaires

0
2014-02-16 21:55:55 +0100

En Belgique également on se prépare au retour du loup. En juillet 2011 un canidé a été surpris par piège photographique sur une carcasse de mouton à Gedinne, près de la frontière franco-belge (botte de Givet). Les experts qui ont examiné la photo ont identifié un loup avec une très forte probabilité. Les associations naturalistes doivent préparer l'opinion publique à accepter le retour des grands prédateurs. Ceux-ci contribueront à un meilleur équilibre de notre faune sauvage. L'environnement, mais aussi les loups du XXIe siècle n'ont plus rien à voir avec ceux du Moyen-Age.

0

À propos de l'auteur

Ingénieur, expert dans le domaine de la biodiversité.

Réputation
Découvrir la biodiversité #1f6929 decouvrir-la-biodiversite 70
Patrimoine naturel #81A23E patrimoine-naturel 24394
Ménagement du Territoire #D05D10 menagement-du-territoire 1758
Cadres institutionnels #B36281 cadres-institutionnels 96
Économie et Biodiversité #723DC4 economie-et-biodiversite 45
Transition écologique #168DBE transition-ecologique 19761

Ses derniers articles

Powered_by_tinkuy