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Les chiens de prairie, ces «Tanguy»

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Une étude américaine démontre que contrairement à la plupart des animaux, ces petits mammifères, en particulier les femelles, tendent à vivre le plus longtemps possible avec leur clan, là où ils sont nés.



Par VIRGINIE BALLET


La chaleur du cocon familial, la protection parentale, le grand saut dans l'âge adulte retardé... Comme le désormais célèbre Tanguy d'Etienne Chatiliez, les chiens de prairie apprécient le terrier parental rassurant, et s'y blottissent donc le plus tard possible.


C'est ce que démontre l'étude de John Hoogland, Américain spécialisé dans l'écologie comportementale, professeur au centre des sciences environnementales de l'université du Maryland (Etats-Unis). Cet amoureux des chiens de prairie les observe depuis près de quarante ans, principalement en Arizona, dans le Dakota du sud et en Utah, et vit, avec son équipe, cinq mois par an à leurs côtés pour mieux les observer.


Dans son étude publiée dans la revue Science, il décortique leur schéma «de dispersion», très différent de celui des autres mammifères, décrit dès 1977 par W. D. Hamilton et Robert M. May. La plupart des animaux prennent en effet leur envol et quittent leur lieu de naissance dès lors qu'ils sont en mesure de s'assumer, principalement pour éviter compétitions, luttes de pouvoir, combats de territoire et batailles pour les vivres.


Or, c'est tout l'inverse chez les chiens de prairie, en particulier chez les femelles. Chez les trois espèces du genre cynomys observées par John Hoogland (le chien de prairie à queue noire, C. ludovicianus, celui de l'Utah, C. parvidens et celui du Colorado, C. gunnisoni), le scientifique a observé une tendance à rester parmi les congénères de leur clan, jusqu'à ce que ceux-ci disparaissent. Ces petits rongeurs vivent en effet en colonies, composées d'au moins un mâle adulte, deux à cinq femelles, et un à deux adolescents.



Hoogland constate bien chez les spécimens observés une compétition avec leurs semblables pour les besoins du quotidien, mais il souligne surtout la coopération entre les membres d'un même clan, qui prend le dessus sur les luttes intestines et explique donc leur intérêt à rester vivre ensemble le plus longtemps possible. Ainsi, ils peuvent contribuer ensemble à défendre leur territoire, à chasser la belette, ou encore à donner l'alerte si un prédateur comme le coyote s'approche trop près. Enfin, les femelles ont montré une tendance marquée à jouer les mères de substitution pour une portée en cas de décès de la mère.


Et si d'aventure un clan doit se disperser (par exemple en cas de disparition de plusieurs membres), l'équipe de chercheurs a constaté que les chiens de prairie se tourneront naturellement vers un autre clan, afin de recréer un climat propice à l'entraide.





Vidéo ci-dessous en anglais montrant un prédateur potentiel du chien de prairie: le coyote.

Commentaires

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2013-03-16 10:11:11 +0100

Bonjour,

Un sujet qui me rappelle des souvenirs (3 semaines passées dans l'Ouest Américain en 92 à découvrir notamment des merveilles de la nature !)

Amicalement,
Isa

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