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Près de 10 % des élevages sont «au bord du dépôt de bilan», selon Stéphane Le Foll

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le 17.07.15
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Comme toujours, devant l'urgence des situations, on essaye de répondre aux difficultés d'une partie de notre agriculture par des solutions qui maintiennent le modèle de production intensif. D'autres voies existent mais elles demandent du temps (agriculture biologique par exemple). La réponse est aujourd'hui centrée sur le prix de vente du produit avant transformation. On doit attendre de l'Europe de l'ambition pour les productions animales et une harmonisation des règles sociales et fiscales. JP B

« Nous vivons une crise agricole très importante en France », s’alarme le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, vendredi 17 juillet dans Le Parisien. Alors que les éleveurs enchaînent les actions coup de poing dans les supermarchés ou sur le Tour de France, le ministre veut montrer qu’il a bien compris leur message et entend continuer à agir en leur faveur.

« Près de 10 % des exploitations d’élevage » soit « entre 22 000 et 25 000 » d’entre elles sont « au bord du dépôt de bilan », explique-t-il. Qu’ils soient éleveurs de bovins, de porcins ou de vaches laitières, leurs difficultés proviennent de la baisse des prix constatée « depuis le début de l’année ». « Crise mondiale » du lait, évolution de la consommation du bœuf ou encore manque de valorisation de la viande française se conjuguent.

Il faut donc « traiter l’urgence », dit-il, en continuant à œuvrer pour faire monter les prix. En juin, « tous les acteurs [industriels et distributeurs…] se sont engagés à augmenter les tarifs et à répercuter cette hausse sur les producteurs », explique-t-il. Cet accord a permis une progression (+ 7 centimes sur le kilo de porc, donne-t-il en exemple), « mais il faut continuer […], tout le monde doit jouer le jeu ».

« Chacun est responsable »

Les éleveurs de porcs et de bovins, et les producteurs de lait protestent contre la non-application, selon eux, de cet accord. Ils affirment ne pas voir d’augmentation des prix d’achat et dénoncent une guerre des prix entre transformateurs et distributeurs qui a des conséquences négatives pour eux.

M. Le Foll avait demandé début juillet au médiateur des relations commerciales agricoles de contrôler ces accords, pour voir si les différentes parties avaient tenu leurs engagements d’augmenter les prix payés aux éleveurs, notamment les industriels et la distribution.

Sur le long terme, ajoute le ministre, il faut favoriser la consommation des produits français. « Dans la crise actuelle, chacun est responsable, du consommateur à l'élu local, qui doit privilégier les produits français dans la restauration collective ». Il faut notamment, selon M. Le Foll, « valoriser le logo Viande de France ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/economie/article/2015/07/17/pres-de-10-des-elevages-sont-au-bord-du-depot-de-bilan-selon-stephane-le-foll_4687075_3234.html#CqpbmuthIdcJwGZW.99

Commentaires

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2015-07-17 20:58:22 +0200

Ce n'est pas la première fois que les producteurs/éleveurs sont en crise, et, quand je lis que l'augmentation mise en place n'a pas eu de résultat chez les producteurs/éleveurs, je pense que le problème réside plus dans les intermédiaires.
Aussi, la consommation change donc forcément, cela a un impact.
Oui le consommateur a une responsabilité, mais il a aussi un budget, ou aussi un autre choix d'alimentation (je suis moi-même végétarien depuis un an et demi et si je consomme des produits laitiers, uniquement brebis, je ne consomme plus de lait de vache).

Dans un monde qui change, tous les jours de façon imperceptible mais qui ne s'arrête pas de changer, il ne faut pas s'accrocher à des modèles qui sont de moins en moins proches de la réalité.
Je suis désolé pour tous ceux des producteurs/éleveurs qui souffrent de cette crise, parce que c'est injuste que les producteurs/éleveurs ne puissent pas vivre correctement quand des intermédiaires et des distributeurs vivent très bien. Mais je n'ai pas la solution.
S'ils ne présentent pas de solutions par eux-mêmes rapidement, j'ai peur qu'ils ne s'en sortiront pas.
Je préférerais un monde végétarien, mais je sais que si ces producteurs/éleveurs font faillite, il n'y aura pas plus de végétariens mais d'autres producteurs qui "prendront" le relais tant qu'il y aura de la demande. Alors autant que les producteurs s'en sortent et non pas fassent faillite, ce qui signifie des vies brisées,

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2015-07-18 19:24:51 +0200

La généralisation d'un label "Viandes de France" permettra aux acheteurs d'identifier l'origine des produits mais les consommateurs apprécient de plus en plus la viande labellisée "Bio" …
" Les éleveurs ont développé leur production de viande biologique en 2014, motivés par des prix supérieurs à la viande classique. Les volumes ont grimpé de près de 10% à quelque 27.500 tonnes... " lisait-on le mois dernier là http://www.lefigaro.fr/cons...
«Les prix bio se sont maintenus, garantissant des revenus stables aux éleveurs, alors que ceux du conventionnel ont diminué»... «Ces prix plus intéressants ont incité les éleveurs à developper leur production dans la filière bio.»
Après les aides d'urgence, prévoir d'aider davantage la filière classique à intégrer la filière bio serait donc positif pour les producteurs et les consommateurs.

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2015-07-19 08:57:58 +0200

Plus de 600 agriculteurs se suicident par an (presque deux par jour), et la majorité d’entre-eux sont des éleveurs.
Les actions syndicales sont parfois violentes.
La situation est grave
« D’un bout à l’autre de la chaîne, le produit final concerne de nombreux acteurs, qui sont autant d’experts légitimes dans leurs métiers respectifs : éleveurs, généticiens, fabricants d’aliments du bétail, chercheurs, experts de l’eau et de la biodiversité, commerçants en bétail, abatteurs et transformateurs, importateurs et exportateurs, labels et signes de qualité, circuits courts, boucherie, grande distribution, cuisiniers, nutritionnistes et diététiciens, associations de consommateurs, ONG, élus nationaux et de collectivités…» http://wikiagri.fr/articles...

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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