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Qu’est-ce que le naufrage de l’Amoco Cadiz a changé ?

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Publié dans
le 15.03.18
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Le 16 mars 1978, l’Amoco Cadiz, pétrolier libérien s’échoue sur les roches de Portsall dans le Nord Finistère, provoquant l’une des plus grandes marées noires de l’Histoire. En deux semaines, 227 000 tonnes de pétrole brut se déversent dans la mer et, entraînés par les vents et les courants, souillent 400 km de côtes.

Cette pollution spectaculaire a un impact dévastateur sur la nature. La population choquée se mobilise pour nettoyer la côte. Les politiques et les scientifiques réalisent l’urgence de protéger l’environnement marin. « La marée noire du Torrey Canyon, dix ans avant, avait déjà frappé les esprits, l’Amoco Cadiz a accéléré cette prise de conscience », explique Christophe Rousseau, directeur adjoint du Cedre (Le Cedre, expert international en pollutions accidentelles des eaux : soutien à l’intervention, planification, formation, analyses et tests, recherche.).
Avec quelles conséquences ?

Une évolution du plan Polmar pour lutter contre les naufrages

Cette catastrophe va aboutir à l’évolution du plan Polmar, déclenché en cas de pollution marine accidentelle. Ce dispositif sert à coordonner le personnel et à mobiliser les moyens de lutte. Il s’accompagne, en amont, de la formation des collectivités locales et du stockage de matériels (nettoyeurs, barrages, sceaux, pelles, sacs plastiques…). Autant de moyens qui avaient manqué à la population mobilisée après la pollution de l’Amoco Cadiz.

Dans le cadre de ce plan, le préfet maritime peut mettre en demeure un bateau à la dérive de réagir. Si rien ne se passe, il peut imposer un remorquage pour éviter un naufrage. « Ce type d’injonction par les autorités françaises permet d’éviter nombre d’accidents. En 2016, dans la Manche, 23 navires ont été ainsi ramenés par des remorqueurs sur la côte », témoigne Christophe Rousseau.

La lutte contre les rejets polluants en pleine mer

Autre volet du plan Polmar, la Manche devient une « zone spéciale », tous les rejets en pleine mer y sont interdits. Les navires, équipés de citernes pour récupérer eaux grasses et boues huileuses, doivent décharger ces polluants dans les stations de déballastage des ports.

L’Organisation maritime internationale (OMI) soutient la France dans cette politique de prévention. Pour réduire le nombre de naufrage de navires transportant des matières toxiques, cette instance s’est fixé trois priorités : former les équipages, renforcer les navires par des doubles coques et mieux contrôler la navigation. Ainsi, la route des pétroliers, de la sortie du port à leur destination finale, est suivie par des contrôleurs. De la même façon, des stations de surveillance ont été installées sur les côtes du monde entier, permettant de signaler un mauvais chemin ou d’aider à réparer une avarie.

L’étude et la surveillance des écosystèmes marins

Autre conséquence de cette catastrophe : des directives nationale et européenne ont imposé une étude régulière du littoral. Ainsi, depuis quarante ans, l’Observatoire du littoral breton mesure et note l’état des écosystèmes.

Le naufrage de l’Amoco Cadiz a ainsi favorisé la connaissance des écosystèmes marins. « Un état des lieux de la faune et de la flore a été réalisé par les scientifiques pour mesurer l’impact de cette pollution. Et au moment de quantifier cette étude, tous se sont rendu compte qu’ils n’avaient pas de moyens de comparaison. La richesse de ce milieu naturel n’avait jamais été mesurée », confirme Yves-Marie Paulet, professeur de biologie marine à l’Université de Bretagne Occidentale.

Cet état des lieux permet de mesurer une destruction mais aussi d’évaluer le temps d’une « renaissance ». « Un écosystème marin n’est pas repeuplé, il se régénère seul, mais ce n’est pas forcément le même qu’auparavant, souligne Yves-Marie Paulet. Après l’Amoco Cadiz, il a fallu compter six à sept ans pour retrouver l’essentiel des espèces vivantes présentes avant le naufrage ».

Archives inédites, infographies animées - Amoco Cadiz : la catastrophe résumée en 4 minutes

Commentaires

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2018-03-17 02:48:47 +0100

A l'époque j'étais petite mais je me souviens d'un traumatisme national.
On nous disait de respecter la nature dès l'école primaire.
On parle de ici de "pétrole" mais il s'agit d'hydrocarbures.
Les hydrocarbures pétroliers (HCP) désignent un mélange de composés organiques présents dans des matières géologiques comme l’huile, le bitume et le charbon ou dérivés de ces matières.
Les produits pétroliers rejetés dans l’environnement, tels l’essence, le pétrole brut et le carburéacteur, contiennent généralement entre des centaines et des milliers de composés dans des proportions variables.
Source:https://www.enviro-option.c...

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