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Que risque-t-on à manger des insectes?

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Publié dans
le 09.04.15
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On le sait, l'alimentation à base d'insectes pourrait bien se généraliser au cours des prochaines décennies.
L'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) s'est prononcée en faveur du développement de l'élevage de petites bêtes à grand échelle pour parvenir à nourrir plus de 9 milliards d'êtres humains d'ici à 2030.

Deux milliards de personnes en consomment déjà, particulièrement en Afrique, en Asie et en Amérique latine. En Europe, de plus en plus de restaurants, d'entreprises, et même de grandes surfaces, se lancent dans ce marché en éclosion. Mais que risque-t-on à les consommer ? C'est à cette question que tente de répondre un avis de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) publié jeudi 9 avril 2015. Le Monde en parle ainsi que d'autres médias.

Que dit l'ANSES?

Des risques sanitaires possibles
Comme tous les aliments, les insectes peuvent véhiculer certains dangers qui doivent être maîtrisés par la fixation de normes spécifiques afin de réduire les risques potentiels liés à la consommation de ces produits.

Ces dangers sont principalement liés :

  • à des substances chimiques (venins, facteurs antinutritionnels, médicaments vétérinaires utilisés dans les élevages d’insectes, pesticides ou polluants organiques présents dans l’environnement ou l’alimentation des insectes, etc.).
  • à des agents physiques (parties dures de l’insecte comme le dard, le rostre, etc.).
  • à des allergènes communs à l’ensemble des arthropodes (acariens, crustacés, mollusques, etc.).
  • à des parasites, des virus, des bactéries et leurs toxines ou encore des champignons.
  • aux conditions d’élevage et de production, pour lesquelles il conviendrait de définir un encadrement spécifique permettant de garantir la maîtrise des risques sanitaires.

Par ailleurs, de manière générale, comme pour les autres aliments d’origine animale ou végétale, les insectes comestibles peuvent devenir, suite à une conservation non adaptée, impropres à la consommation humaine.
Le travail d’expertise de l’Agence souligne le besoin de recherches complémentaires pour mener une évaluation complète des risques sanitaires liés à la consommation des insectes. Par ailleurs, le développement de telles filières de production d’insectes, depuis l’élevage jusqu’à l’abattage, doit amener à se poser la question du bien-être animal, celui-ci ayant été jusqu’à présent très peu exploré chez la plupart des invertébrés.

Les recommandations de l’Anses
Dans ce contexte d’incertitude et de manque de données, l’Agence recommande :

  • d’accentuer l’effort de recherche sur les sources de dangers potentielles ;
  • d’établir, au niveau communautaire, des listes positives et négatives des différentes espèces et stades de développement d’insectes pouvant ou non être consommés ;
  • d’explorer la question du bien-être animal pour ces catégories d’invertébrés ;
  • de définir un encadrement spécifique des conditions d’élevage et de production des insectes et de leurs produits permettant de garantir la maîtrise des risques sanitaires ;
  • de fixer des mesures de prévention du risque allergique, à la fois pour les consommateurs et en milieu professionnel.

En attendant la mise en place de normes spécifiques et d’un encadrement adapté, l’Anses recommande la prudence aux consommateurs présentant des prédispositions aux allergies. En effet, les insectes et de nombreux arthropodes (acariens, crustacés, mollusques, etc.) possèdent des allergènes communs.
Au-delà des enjeux d’expertise spécifiquement associés aux questions d’évaluation des risques sanitaires et des bénéfices nutritionnels relatifs à la consommation des insectes, l’Anses souligne les forts enjeux de connaissances portant sur l’acceptabilité sociétale de ces nouvelles consommations ou encore sur les enjeux de développement et d’impact environnementaux qui y sont associés.

SOURCE https://www.anses.fr/fr/content/consommation-d%E2%80%99insectes-%C3%A9tat-des-lieux-des-dangers-potentiels-et-des-besoins-de-recherche

Commentaires

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2015-04-10 21:49:55 +0200

"Pour parvenir à nourrir plus de 9 milliards d'êtres humains d'ici à 2030" me laisse assez perplexe...L'humanité a t'elle pour seul dessein de croître quel que soit l'état de ses ressources, en s'en remettant alors complètement à ce type de projet? C'est très étrange comme façon de concevoir l'avenir. Beaucoup d'êtres vivants adaptent spontanément leur natalité à la ressource en nourriture...Nous semblons -d'après ce type de propos- ne pas en être capable. Est-ce vrai? Indépendamment de la nourriture, nos villes ne sont -elles pas déjà gigantesques, nos zones pavillonnaires, commerciales étendues? Cette page vaut la peine d'être vue. Où est la sagesse exactement? Jusqu(à quand la science est-elle sage? Est-on humaniste lorsque l'on finit par dériver vers une humanité hors-sol, un peu comme des tomates en serre à Almeria? On peut manger (nous qui n'avons pas cela dans notre culture) des insectes, cela ne fait aucun doute. Certains humains boivent déjà, aujourd'hui, une eau immonde...La force de la vie est le plus forte ! Mais nous, quel avenir prépare t'on réellement aux générations futures?

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À propos de l'auteur

ex-directeur de Laboratoire INRA, économiste, ex président de l'institut de recherche économique et sociale, ex membre du bureau du CNIS, négociateurs des Grenelles de l'environnement et de la mer, membre du CEDD et de la CNDP. Vice-président d’Humanité et Biodiversité.

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