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Un pacte vert pour le climat

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Publié dans
le 12.02.20
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Comme annoncé, la Commission européenne a présenté, ce mercredi 11 décembre, son projet de pacte vert (Green Deal). Ce vaste programme entend faire bouger les lignes des politiques énergétiques, de transports, du logement et même de la PAC. Tout en protégeant la biodiversité ! Reste à régler les questions de calendrier et de financement pour en faire la prochaine NDC (objectif de réduction des émissions carbone) européenne, qui doit être publiée avant la COP 26. Ce qui n'est pas gagné”.
Journal de l'environnement, le 11 décembre 2019

Ce plan ambitieux chiffre à plus 1000 milliards les sommes nécessaires pour arriver à la neutralité carbone en 2050. Cet objectif affiché pour ne pas dépasser les plus 2 degrés à la fin de ce siècle.

Neutralité carbone veut dire que toutes les activités humaines doivent concourir à cet objectif, on n’émet plus de GES (Gaz à Effet de Serre) qui ne soit compensé.

Même l’agriculture sera concernée !

C’était l’une des incertitudes du pacte vert. Toucherait-il ou non à la politique agricole commune (PAC) ? C’est probable. D'ores et déjà, la publication de la prochaine mouture de la PAC est reportée au début de l’année 2022. On y trouvera, veut croire la présidente de la Commission, de nombreux plans sectoriels afin d’accroître l’agriculture de précision, le bio, l’agroécologie, des normes « plus strictes » en faveur du bien-être animal. Ces plans ambitionnent « une diminution significative de l’utilisation des pesticides chimiques et des risques qui y sont associés ».

La Commission prépare aussi un vaste plan de reboisement, de boisement et de restauration des forêts dégradées « pour accroître l’absorption du CO2, tout en améliorant la résilience des forêts et en promouvant la bioéconomie circulaire. » Ce programme devrait être insérer dans la prochaine PAC.
Autre innovation politique, la taxe aux frontières.

Taxe carbone aux frontières

A plus long terme, l’Europe ne conclura plus d’accords commerciaux avec des pays ne respectant pas l’Accord de Paris. Disposition qui sera renforcée par la mise en œuvre d’un mécanisme d’ajustement aux frontières « pour certains secteurs ». Cette taxe carbone sera conforme aux règles de l’organisation mondiale du commerce, a précisé la présidente de la Commission. Ce qui pourrait laisser supposer que les pays dotés, par exemple, d'un marché du carbone n'y seront pas soumis. Une façon de ne pas se fâcher à mort avec la Chine.

Au printemps prochain, la Commission adoptera aussi une stratégie industrielle. Au menu : économie circulaire : soutien à la décarbonation des industries lourdes. Des soutiens sont prévus pour financer ces adaptations industrielles, via le fonds pour l’innovation de l’ETS ( marché des permis d’émissions). Ils seront notamment ciblés sur la création d’une économie circulaire des batteries.

Plus floue est l’initiative en faveur de la lutte contre la précarité énergétique, situation qui touche une cinquantaine de millions d’Européens. La Commission envisage la mise en œuvre de financements innovants destinés à faciliter le financement des travaux dans les copropriétés.

Après ces bonnes intentions, il reste à passer deux caps : que chaque pays s’engage fermement dans l'objectif central et que les financements soient trouvés. Pour l’instant ces deux points sont incertains.

La mobilisation de toutes et tous sera plus que jamais nécessaire. On peut changer le cours du plus grand défi, hors les guerres et les famines, de l’histoire de l'humanité.

Commentaires

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2020-05-25 06:00:51 +0200

Pour bien comprendre le fonctionnement global du cycle de l'eau et son importance climatique sur les continents il faut raisonner par bassin versant.

Il faut voir le bassin versant comme un château d'eau, ce château d'eau est alimenté par les pluies et les pluies sont provoquées à 70% par l'évapotranspiration, donc par la végétation. La rivière est le drainage naturel du bassin , comme 30% des pluies proviennent de l'évaporation en mer, si on ne veut pas que le bassin se vide la rivière ne doit pas rejeter plus de 30% des précipitations. Ce système fonctionne bien quand le bassin versant est couvert de foret de feuillus parce que les arbres utilisent 70% des précipitations pour alimenter le cycle (par rétention dans les sols) et ne laisse repartir à la mer que les 30% d’excès.

Actuellement les rivières françaises rejettent plus de 70% des précipitations ce qui provoque des inondations, un assèchement mathématique du bassin et des canicules puisque la végétation n'aura pas suffisamment d'eau pour entretenir le cycle et évacuer la chaleur (les 2/3 de l'énergie solaire reçue par les sols sont évacués par l'évaporation de l'eau (chaleur latente) les sols secs stockent la chaleur au lieu de l'évacuer).

Les arbres assurent de façon autonome (et depuis des millions d'années) le bon fonctionnement du cycle de l'eau parce qu'ils assurent une évaporation proportionnelle à la chaleur et donc régule parfaitement le climat. Plus il fait chaud plus la végétation transpire, la quantité de vapeur d'eau dans l'atmosphère augmente et limite la puissance du rayonnement solaire qui arrive jusqu'au sol (effet parasol) . Quand la température baisse la quantité de vapeur d'eau diminue (par condensation ) et les sols reçoivent un peu plus d'énergie solaire. Ce système s'autorégule tant qu'il y a de l'eau et donc de la végétation dans les bassins versants. C'est pourquoi les zones tempérées de la planète sont couvertes d'eau ou de végétation; c'est pour cela aussi que les déserts sont caractérisés par le manque de végétation et de fortes crues dès qu'il pleut ! les saisons sont dictées par le feuillage des arbres à feuilles caduques et surtout pas par les champs de blé ...

Les forets de feuillus gardent 70% des pluies dans les sols grâce à la profondeur du système racinaire des arbres mais surtout à la forte incorporation de biomasse dans les sols. un arbre a globalement le même volume de bois au dessus du sol qu'en dessous, ce système racinaire (comme les branches) se renouvelle en permanence, la biomasse créée dans les sols par les racines mortes fait office "d'éponge" qui servira à alimenter l'arbre. C'est un système parfaitement autonome ou les sols s'enrichissent fortement même si on exploite le bois en surface.

Quand on dit que les sols agricoles se minéralisent c'est qu'ils perdent leur biomasse et ils perdent leur biomasse parce qu'ils n'en fabriquent pas assez ! Sans biomasse les sols deviennent trop perméables, les eaux qui alimentent les nappes phréatiques ne sont pas assez filtrées et les cultures manquent rapidement d'eau. La période idéale pour faire de la biomasse (et donc de la photosynthèse) c'est l'été mais pour cela il faut de l'eau, comme en France on diminue les surfaces irriguées de 10% par an pour alimenter des villes qui ne recyclent pas l'eau on amplifie la désertification, on s’attaque sérieusement à notre sécurité alimentaire , on détruit la biodiversité (un sol sec c'est un sol mort) et on en arrive même à dérégler le climat. Contrairement aux idées reçues, l'irrigation n'assèche pas le bassin versant mais au contraire participe à son alimentation : 2 litres d'eau évaporée apporte 3 litres de pluies !

En France, depuis 30 ans la pluviométrie ne change pas mais c'est la répartition annuelle des pluies qui se dégrade : fortes précipitations l'hiver et sécheresse l'été. On réglera le problème en veillant à ce que les rivières ne rejettent pas plus que 30% des précipitations , pour cela il faut faire des réserves collinaires en tête de bassin pour capter les ruissellements de surface, réguler le débit des rivières à partir de ses réserves (ce qui limitera les inondations et les assecs, exactement ce qui a été fait pour la Seine avec les quatre grands lacs) ) , recycler l'eau dans les sols (donc aucun rejet en rivière) et végétaliser au maximum l'été. La suppression des retenues sur les cours d'eau provoquent des inondations et un assèchement du bassin, les retenues créent des zones humides qui maintiennent l'eau dans le bassin versant et il est interdit d’assécher les zones humides.
Concrètement il faut de tout urgence reconstruire les ouvrages détruits depuis 20 ans et en construire d'autres : pour compenser les prélèvements dans les nappes phréatiques (et donc ne pas épuiser les nappes l'été) chaque bassin versant doit avoir un volume d'eau de surface équivalent à la consommation humaine (potable, industrie et nucléaire) plus le volume d'eau nécessaire à la végétalisation des surfaces l'été (villes et campagnes) c'est à dire 2000m3 à l'hectare ou 4000m3 à l'hectare pour le maraichage (globalement une surface végétale a besoin de 200l d'eau par m2 l'été et deux fois plus pour les fruits et légumes qui sont composés à 90% d'eau ).

les sécheresses ne sont pas provoquées par le dérèglement climatique mais le dérèglement climatique est provoqué par les sécheresses !

https://www.mediaterre.org/...

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. . Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. . Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’éro...

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