Préserver l’ADEME : un enjeu pour la transition écologique des territoires
Publié le 09/06/2026
Face à un projet de réforme prévoyant l'intégration des directions régionales de l'ADEME aux DREAL, des défenseurs de l'agence ont lancé une pétition sur le site de l'Assemblée nationale. Ils dénoncent une recentralisation des politiques environnementales et alertent sur les conséquences potentielles pour la transition écologique dans les territoires. Signez vite la pétition !
Alors que la France s’est engagée à accélérer sa transition écologique et énergétique, un débat discret mais stratégique agite actuellement les acteurs publics : l’avenir de l’ADEME, l’Agence de la transition écologique. Une pétition déposée sur la plateforme de l’Assemblée nationale appelle à la suppression de l’article 7 du projet de loi visant à « renforcer l’État local », estimant que cette disposition pourrait fragiliser durablement l’action environnementale dans les territoires.
Depuis plus de trente ans, l’ADEME accompagne collectivités, entreprises et associations dans la mise en œuvre de projets liés à la rénovation énergétique, aux mobilités durables, à l’économie circulaire ou encore à la décarbonation de l’industrie. Selon les chiffres avancés par les auteurs de la pétition, l’agence soutient chaque année plus de 8 000 projets sur l’ensemble du territoire national.
Une réforme qui suscite de vives inquiétudes
Le cœur de la contestation porte sur une réforme qui prévoirait l’intégration des directions régionales de l’ADEME aux Directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL). Pour les opposants au texte, cette évolution ne constituerait pas une simple réorganisation administrative mais un changement profond de philosophie. Là où les DREAL exercent principalement des missions réglementaires et de contrôle, l’ADEME intervient comme un partenaire technique et financier des acteurs locaux. Fusionner ces deux approches risquerait de réduire la capacité d’accompagnement et d’innovation qui fait aujourd’hui la spécificité de l’agence.
La pétition dénonce également une réforme élaborée sans concertation suffisante. Ils soulignent que plusieurs instances consultatives de l’agence auraient exprimé des réserves, tout comme le Conseil d’État, qui aurait pointé des difficultés juridiques et administratives liées au projet.
Quel avenir pour la gouvernance écologique des territoires ?
Au-delà de la question institutionnelle, le débat touche à un enjeu plus large : celui de la gouvernance de la transition écologique. Faut-il concentrer davantage les décisions au niveau de l’État ou préserver des structures capables d’agir au plus près des réalités locales ? Pour les signataires, la réussite de la transition passe précisément par cette proximité avec les territoires, les élus, les entreprises et les citoyens. Ils craignent qu’une recentralisation des compétences ne ralentisse les dynamiques déjà engagées et ne décourage les initiatives locales.
La question économique est également mise en avant. L’ADEME est présentée comme un outil d’investissement public efficace, capable de soutenir des projets créateurs d’emplois locaux et non délocalisables. Dans un contexte où la souveraineté énergétique et la réindustrialisation figurent parmi les priorités nationales, affaiblir un acteur spécialisé dans l’accompagnement de ces transformations apparaît contradictoire avec les objectifs affichés par les pouvoirs publics.
Pour Humanité et Biodiversité, l'enjeu dépasse donc le simple avenir d’une agence. Il s’agit de savoir quel modèle d’action publique la France souhaite privilégier pour relever les défis climatiques des prochaines décennies. Une transition écologique ambitieuse nécessite-t-elle davantage de centralisation ou, au contraire, des acteurs territoriaux forts, autonomes et capables d’agir rapidement sur le terrain ?
Le débat parlementaire à venir devra répondre à cette question essentielle. Car derrière une réforme administrative en apparence technique se dessine un choix politique majeur : celui de la place accordée aux territoires dans la construction de l’avenir écologique du pays.
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