Le muscardin (Muscardinus avellanarius)
Publié le 28/09/2026
C’est enfin l’automne et les petits rongeurs ne vont pas tarder à commencer leurs réserves de nourriture pour l’hiver. Intéressons nous ce mois-ci à l’un d’entre eux, particulièrement attachant : le muscardin (Muscardinus avellanarius). Ce micromammifère, pesant à peine une quinzaine de grammes avant ses stocks de graisse, va vous attendrir, avec ses grands yeux noirs et son pelage doré. Découvrez dans cet article comment vous pouvez agir à votre échelle pour contribuer à sa conservation.
Description
L’animal faisant l’objet de notre Zoom Espèce de septembre est un petit rongeur de la famille des gliridés : le muscardin, dont le nom latin est Muscardinus avellanarius. Son nom découle de la légère odeur de musc qui semble provenir de son pelage. C’est un micromammifère : en effet, cette catégorie regroupe les mammifères mesurant moins de 40 centimètres, hors queue. Notre muscardin ne dépasse pas la dizaine de centimètres, à laquelle s’ajoute la longueur de sa queue, par ailleurs très poilue et épaisse, d’entre 5 et 8 centimètres. Ce petit animal ne pèse qu’une quinzaine de grammes au printemps, avant d'atteindre les quarante grammes à son entrée en hibernation.
Sa morphologie particulière témoigne de son mode de vie, qui l’est tout autant : ses petites pattes lui permettent de s’accrocher facilement aux branches et aux pétioles des feuilles. Grâce à un mécanisme naturel qui bloque certains tendons, il peut ainsi rester suspendu sans avoir à fournir d’effort. En cas d’alerte, il peut rester immobile pendant plusieurs dizaines de minutes, accroché au milieu des feuilles. Sa queue peut se sectionner naturellement lorsqu’il est attaqué par un prédateur. Elle est également préhensile, c’est-à-dire qu'elle peut saisir des objets comme par exemple des branches, ce qui permet au muscardin de l’utiliser pour se suspendre avec agilité.
Lorsque l’hiver arrive, il s’est arrangé au préalable pour se constituer un important stock de graisse, ce qui explique qu’il puisse atteindre une quarantaine de grammes. Il construit alors un nid au niveau du sol, sous les feuilles mortes, dans lequel il passera la saison froide à hiberner. Durant cette période, sa température corporelle chute fortement et peut même descendre jusqu’à environ 3 °C.
Au réveil de son long sommeil hivernal, il se met en quête d’un ou d’une partenaire pour se reproduire. Il confectionne alors un nid à base de brindilles, en forme de boule. Le muscardin se reproduit au mois de juin. Après un mois de gestation, la femelle donne naissance à au moins trois petits, parfois bien plus. Elle les allaite dans le nid douillet ayant été aménagé à leur égard, cela durant plusieurs semaines.
Nid du muscardin
Le muscardin est classé “quasi menacé” dans plusieurs régions de France par la liste rouge de l’UICN. Il est important de disposer d’un maximum d’informations à son sujet afin de mettre en place les pratiques les plus adaptées possibles à sa conservation.
Écologie
Notre petit muscardin apprécie particulièrement les habitats où la végétation est dense, comme les ronciers, les lisières forestières et les taillis. Ce couvert végétal lui offre un refuge idéal pour se déplacer à l’abri des regards. Il affectionne notamment les zones riches en arbustes à baies, comme les framboisiers et les mûriers.
Il fréquente principalement les forêts de feuillus ou mixtes, où le sous-bois est bien développé et la végétation au sol abondante. Son aire de répartition s’étend de l’Europe occidentale jusqu’à la Russie, mais exclut la péninsule Ibérique.
Malgré cette vaste répartition, le muscardin reste une espèce plutôt sédentaire : son territoire est relativement restreint et s’étend généralement sur une surface de 1 000 à 2 000 m².
Certains spécialistes européens de l’espèce suggèrent que les conditions météorologiques et la prédation sont les principaux facteurs de la mortalité hivernale chez les muscardins. Les renards et les sangliers les trouvent en effet facilement endormis dans le sol, particulièrement lorsque la neige n’est pas au rendez-vous.
Lorsqu’ils ne sont pas en hibernation, les muscardins ont de nombreux prédateurs supplémentaires, comme les rapaces nocturnes, les corvidés, les martres, les fouines et les belettes.
L’habitat du muscardin est également menacé par des pratiques anthropiques telles que le débroussaillage intensif, la destruction des lisières forestières et des ronciers, l’arrachage des haies, la disparition des forêts de feuillus remplacées par les monocultures de résineux.
Le muscardin et l’Homme
Le muscardin est une espèce protégée sur le territoire français. Mais pour que les mesures de conservation soient les plus adaptées possible à sa situation, nous avons besoin de mieux connaître ses populations et leur répartition. En effet, les connaissances sur cette espèce restent encore limitées et méritent d’être approfondies.
Bonne nouvelle : vous pouvez aider la recherche à avancer ! La SFEPM, Société Française pour l’Etude et la Protection des Mammifères, a lancé une enquête nationale au début du mois de juillet, qui se prolonge jusqu’en novembre. Pour participer, il vous suffit d’observer autour de vous, lors de vos prochaines promenades dans la nature, des traces éventuelles qui auraient pu être laissées par nos amis les muscardins. Si vous avez de la chance, vous pourrez même observer un individu de vos propres yeux. Prenez en photo votre observation, et partagez-la sur le site de l’enquête.
Mais savez-vous quels indices un muscardin pourrait laisser derrière lui ? Les noisettes rongées par le muscardin présentent un trou rectiligne, dont les bords intérieurs sont lisses, et les bords extérieurs présentent des petits coups de dents. Cherchez-les au pied des noisetiers qui se trouveront sur votre chemin. Attention à ne pas confondre ces traces avec celles pouvant être laissées par les mulots : dans ce cas de figure, le trou ne sera pas rectiligne. Les écureuils cassent quant à eux en deux les noisettes, et les oiseaux et insectes creusent des trous sans laisser aucune marque de dents.
Noisette croquée par le muscardin : les bords sont rectilignes à l’intérieur
et des traces de dents sont visibles sur le bord externe
Le muscardin dans une Oasis Nature
Si vous souhaitez accueillir des muscardins dans votre Oasis Nature, favorisez une végétation dense et diversifiée en y aménageant des haies, des boisements et quelques taillis. Les ronciers seront particulièrement appréciés, car ils offrent à la fois refuge et nourriture. Privilégiez toutefois un emplacement calme, peu fréquenté, afin de préserver leur tranquillité.
Pour les haies, choisissez des essences locales et variées, notamment des arbustes produisant des baies et de petits fruits dont ils pourront se nourrir.
Vous pouvez également installer des nichoirs en bois dans les arbres, avec l’ouverture placée contre le tronc. Ils peuvent être achetés ou fabriqués soi-même. Ces aménagements pourront être occupés une grande partie de l’année, même si les petits rongeurs préfèrent généralement construire leur propre nid pour passer l’hiver en hibernation
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N'hésitez pas à nous proposer en commentaire la prochaine espèce que vous aimeriez découvrir en envoyant un message à oasisnature@humanite-biodiversite.fr !
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Site de l'enquête sur les muscardins par la SFEPM : https://www.sfepm.org/enquete-nationale-muscardin.html
Photos : Pexels
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