Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark

LA CHARTE

d'Humanité et Biodiversité

Humanité et Biodiversité est l'héritière de la Ligue ROC qui, depuis 1976, s'est illustrée dans la protection du patrimoine naturel, la défense de l'animal être sensible, celle des droits des non- chasseurs et, finalement, de la biodiversité, sous la Présidence de deux visionnaires, Théodore Monod et Hubert Reeves. En changeant de nom, elle a voulu exprimer l'essentiel : l’humanité fait partie et dépend de la diversité du vivant, le destin de l’une est lié à celui de l’autre.

Humanité et Biodiversité entend donc contribuer avec force à sauver la diversité du vivant. La présente Charte explicite ce but et cette conviction, elle expose les méthodes auxquellesl'association entend recourir pour y répondre.

ARTICLE 1 – LA BIODIVERSITÉ DU VIVANT, UN CAPITAL IRREMPLAÇABLE

Le vivant est divers. Deux millions d'espèces ont été recensées mais il y en a bien davantage. Chacune ne survit que par ses relations avec les autres et avec les milieux où elles vivent et cette diversité d’espèces et d’interrelations est un gage d'adaptation, une « assurance vie » pour l’avenir. La diversité du vivant est le fruit de l'évolution, qui dure depuis des milliards d'années et qui a engendré des innovations par myriades, que nos laboratoires ne sauraient reproduire. La diversité du vivant est ainsi une « épargne » héritée du passé, un « capital naturel » qui bénéficie à la planète tout entière et à nous-mêmes. Et c'est une épargne qui produit des « intérêts » car l'innovation du vivant se poursuit, préparant le futur.

 

ARTICLE 2 – HUMANITÉ ET BIODIVERSITÉ, DES LIENS INDISSOCIABLES

L'espèce humaine est un élément de la biodiversité, elle en dépend. Les plantes fabriquent l'oxygène que nous respirons ; nos aliments sont issus d'êtres vivants. Certaines espèces nousmenacent parfois mais d'autres nous protègent. Si notre espèce est, plus que d'autres, pensante, les autres êtres vivants ont inspiré nos traditions, nos rêves et nos mythes. Ils sont sourcesd'idées pour nos inventions. Les animaux, les plantes, nous émeuvent et contribuent à notre bonheur.

Mais l'Humanité dispose de moyens considérables pour influencer les milieux de vie. Elle peut les anéantir, les stériliser ou du moins les appauvrir ; elle peut faire disparaître des espèces. Cespouvoirs lui confèrent une responsabilité : la biodiversité et ses potentialités d’évolution dépendent aussi de nous, pour le bien futur de nos descendants.

Mais c'est aussi l'ensemble des êtres vivants qui a le droit d'avoir des descendants et de continuer à évoluer. L'Humanité a donc la responsabilité de protéger le vivant, non seulement pour les avantages que nous en attendons mais aussi pour lui-même.

 

ARTICLE 3 – L'EFFONDREMENT ACTUEL DE LA BIODIVERSITÉ, UN ENJEU MATÉRIEL ET MORAL

L'espèce humaine semble depuis peu s'isoler du reste du vivant, tant matériellement que spirituellement, et s'enfermer dans un univers artificiel où elle règne, ou croit régner, seule : c'est làune grave crise morale car l'indifférence à la souffrance et à la disparition des autres espèces n'est pas compatible avec son appartenance à la biodiversité.

La dégradation des écosystèmes, la surexploitation de certaines espèces et la pollution provoquent une catastrophe sans précédent : des centaines d’espèces s'éteignent chaque année ou sont réduites à quelques individus ; même les espèces communes voient souvent leurs effectifs chuter de façon spectaculaire.

C'est un peu comme si l’humanité préparait sa propre faillite, engloutissant en quelques générations notre épargne commune, accumulée pendant des milliards d’années. En même temps, l'expérience sensible du vivant tend à disparaître, en particulier du fait de l'urbanisation ou de l’intensification et la standardisation agricole. La connaissance documentaire dequelques espèces, l'attachement à certaines d'entre elles ne doivent pas cacher la grande rupture : le vivant a perdu ce qu’il avait de familier, de quotidien; d'ailleurs, le sort descentaines de millions d'animaux élevés dans des conditions inacceptables ou des centaines d'espèces qui s'éteignent n'émeut pas la majorité de nos contemporains.

 

ARTICLE 4 – LES POLITIQUES DE PROTECTION DE LA NATURE NE SUFFISENT PLUS

Le plus inquiétant est que cet effondrement se produit en dépit d'efforts qui n'ont rien de dérisoires. De nombreuses zones protégées ont été créées, des lois et des conventions internationalesdéfendent la protection de nombreuses espèces. Télévision, cinéma, tourisme s'intéressent aux animaux sauvages. Pourtant, le déclin de la biodiversité s'accélère et le gouffre qui séparel'humain du vivant s'élargit : quelque chose fait défaut dans les choix qui ont été menés jusqu'à présent. Ainsi, l'on s'approche sans doute d'un seuil irréversible, où une partie trop importantedu vivant aura disparu sans qu’il soit possible de la reconstituer. Mais ce seuil n'est sans doute pas encore atteint.

 

ARTICLE 5 : IL FAUT D'URGENCE RECONSTITUER LE CAPITAL VIVANT DE LA PLANÈTE

Nous devons favoriser la reconstitution du capital vivant de la planète et léguer son incroyable potentiel aux générations futures. La protection de quelques espèces ou de quelques zones a été une première réaction utile, mais la biodiversité ne survivra pas dans des zones trop fragmentées ; le brassage des populations, leurs migrations, leur évolution future exigent des espaces plus vastes. Et le vivant ne se limite pas à quelques espèces spectaculaires ; outre les tigres et les éléphants, des dizaines de milliers de plantes, des millions de microorganismes contribuent à la dépollution, à la fabrication d'oxygène et à la fixation de gaz carbonique : c'est ce que l'on appelle les "services écologiques". Les nouvelles politiques du vivant doivent donc aller au-delà de la"conservation" pour reconstituer le tissu vivant de la planète ; il faut penser grand et pour cela prendre en compte la diversité du vivant dans notre agriculture, dans nos jardins, dans nos villes, dans nos choix d’aménagement, dans nos choix industriels et commerciaux, en clair dans toutes nos activités.

Ces objectifs ambitieux, Humanité et Biodiversité entend y contribuer.

 

ARTICLE 6 : LES LIENS ENTRE L'HUMANITÉ ET LA BIODIVERSITÉ DOIVENT ÊTRE RENOUÉS

Le vivant comprend des êtres sensibles. Même si leur sensibilité n'est pas toujours identique à la nôtre, nous pensons que l'Humanité doit, sans mièvrerie mais avec conviction, la respecter : élevage, chasse, milieux de vie "épanouissants", les thèmes à traiter s'imposent d'eux-mêmes. Mais, au-delà, il est fondamental de restaurer une relation, affective et philosophique, entre l'espèce humaine et les autres espèces, de même qu’il est nécessaire de permettre à tous un accès facile et équitable aux espaces naturels.

 

ARTICLE 7 : CES OBJECTIFS AMBITIEUX SUPPOSENT DES POLITIQUES NOUVELLES, PRÉPARÉES PAR LE DIALOGUE ET GARANTISSANT L'ÉQUITÉ

Dans le passé, la protection de la biodiversité a trop exclusivement été recherchée par des lois imposant des contraintes à des populations peu ou mal préparées, en tout cas insuffisamment associées à leur élaboration. Désormais, le dialogue démocratique est évidemment un préalable. Mais il ne suffit pas.

Même largement discutées, pour que les gens adhèrent à des règles, encore faut-il qu'elles soient équitables. La protection des ressources marines ne peut reposer sur la diminution des revenus des seuls pêcheurs ; des parcs naturels agréables à l'œil des citadins ne sont pas acceptables au prix de l'appauvrissement de leurs habitants ; on n'empêchera pas l'abattage des forêts équatoriales si leurs habitants n'ont aucune perspective économique ; et la lutte contre les pollutions agricoles ou les élevages concentrationnaires ne sera efficace qu’en tenant compte des enjeux sociaux et des aspects économiques.

Le dialogue et le souci de l'équité sont donc indispensables. Mais ils risquent d'être stériles si des idées très pratiques ne viennent pas montrer qu'il est possible de concilier restauration de la biodiversité et activités humaines. La recherche scientifique doit produire des propositions pragmatiques. La pensée économique et juridique doit fournir des méthodes pour répartir les efforts et récompenser ceux qui supportent les contraintes les plus lourdes ou ceux qui sont le plus exemplaires.

 

ARTICLE 8 : NOTRE MISSION ORIGINALE EST DE FAIRE NAÎTRE DES IDÉES ET DE CONTRIBUER À DES SOLUTIONS DÉMOCRATIQUES ET EFFICACES

Si nous voulons, comme d'autres organisations, faire connaître l'importance de la diversité du vivant et convaincre de la nécessité de la sauvegarder, notre mission la plus originale est de contribuer à l'adoption de solutions pratiques et efficaces.

Cette contribution passe d'abord par l'élaboration d'idées. Humanité et Biodiversité cherche à faire preuve de créativité : elle fait appel aux idées les plus récentes de la science (scienceshumaines comprises), du droit, de l'économie et à l’expérience de terrain. La contribution de notre association s'appuie sur ses convictions : elle ne propose rien qui ne donne lieu d'abord à un débatdémocratique. Elle se demande toujours quelles sont les populations humaines qui souffriront ou, au contraire, bénéficieront des actions en faveur du vivant ; elle cherche à en déduire despolitiques équitables. Ces idées, proposées à ceux qui veulent bien en débattre, ne sont pas figées ; elles évoluent au contraire en fonction des discussions auxquelles elles contribuent. Enfin,s'agissant d'un enjeu aussi crucial, les idées ne doivent pas seulement être produites et mises en circulation : il faut les introduire dans les processus de décision, au niveau local, régional, nationalou international. Ces processus de décisions doivent faire la place à tous les acteurs au sein d’une gouvernance partagée.

 

ARTICLE 9 : NOTRE ASSOCIATION SE DOTE DES MOYENS DE PRODUIRE CES IDÉES, DE LES SOUMETTRE AU DÉBAT ET DE LES PRÉSENTER AUX NIVEAUX CLÉS DES PROCESSUS DE DÉCISION

La vocation principale d'Humanité et Biodiversité n'est donc pas la gestion mais la participation au débat d'idées et l’action de plaidoyer, ce qui suppose des moyens adaptés.

Au niveau national, nous disposons d’un Comité d’orientation constitué d'experts aux compétences variées : écologues, naturalistes, généticiens, sociologues, économistes, juristes, géographes, philosophes etc. Ces experts sont bénévoles et travaillent en toute liberté ; il leur est seulement demandé de travailler ensemble et dans l'esprit de la Charte ; le conseil d'administration ou l'assemblée générale valident et amendent régulièrement leurs propositions.

Les idées ainsi élaborées sont introduites dans le débat public par des publications, des conférences, des participations aux travaux lancés par les pouvoirs publics, des partenariats avec des acteurs privés de tous types et tous autres moyens adéquats. Humanité et Biodiversité, sans renoncer à ses spécificités, saisit toutes les occasions de collaboration avec d’autres Organisations Non Gouvernementales parce qu'elle est convaincue que ses idées gagneront toujours à être enrichies par d'autres qui partagent ses principales convictions.

Une fois consolidées, les propositions de notre association doivent être mises en avant : outre les actions de communication classiques, Humanité et Biodiversité considère de son devoir d'être présente de façon active et concrète dans le débat sociétal : instances de concertations créées par les pouvoirs publics, dialogue avec toutes les parties prenantes concernées,rencontres avec le public...

 

ARTICLE 10 : DES IDÉES CONNECTÉES AU TERRAIN ET UN ENGAGEMENT POSSIBLE POUR TOUS

Humanité et Biodiversité doit également disposer d'une capacité d'expertise et de réflexion au niveau régional ou local : c'est un moyen de nourrir les débats nationaux par une appréhension concrète des réalités de terrain ; de plus, une partie des décisions se prennent localement. C’est pourquoi des actions de terrain contribuent à ancrer ses propositions dans la réalité : de façon limitée et bien ciblée, l'association s'engage donc en faveur d'aires protégées, d’espèces en danger, lutte contre des aménagements destructeurs ou participe à certaines manifestations...

Par ailleurs, parce que la biodiversité est l’affaire de tous, Humanité et Biodiversité développe avec ses adhérents volontaires un réseau d’Oasis nature, espaces favorables à la naturepour contribuer à créer une mosaïque accueillante sur tout le territoire. Dans le même esprit  Humanité  et Biodiversité anime une communauté d’internautes engagés.

Nos modes d’actions supposent des moyens financiers d'un montant limité mais qui doivent être suffisants. Toutefois, Humanité et Biodiversité, dans la recherche de ses ressources, veillescrupuleusement à ne pas limiter son indépendance.

 

Humanité et Biodiversité exprime donc une interdépendance de fait qui doit redevenir un lien désiré et désigne une association dont le nom est aussi un programme.

 

Charte validée par le Conseil d’Administration le 21 septembre 2011.

LA CHARTE

du mécénat d'entreprise

 L’association Humanité et Biodiversité inscrit son action dans la prise en compte du fait environnemental, et notamment de labiodiversité, par une large mobilisation de la société. Cette mobilisation concerne chacun à titre individuel mais également l’ensemble des acteurs notamment les associations mais aussi les entreprises. Cette convergence nécessaire peut s’appuyer sur le développement du mécénat.

La Charte du Mécénat d'entreprise d'Humanité et Biodiversité rassemble les règles que les administrateurs et la direction de l'association doivent respecter avant d'accepter de recevoir un soutien financier sans contrepartie de la part d'une entreprise etpendant la durée de la relation avec elle. 

ARTICLE 1 – DÉFINITION DU MÉCÉNAT

Le mécénat est un soutien à l'association qui prend généralement la forme d'un appui financier mais qui peut aussi consister en un service rendu par une entreprise (mécénat de compétences, mécénat de moyens). Il se distingue des autres formes definancements issus des entreprises par le fait qu'il n'est pas la contrepartie d'un service rendu par Humanité et Biodiversitéà l'entreprise mais la simple manifestation d'un soutien spontané à l'action de l'association. Les seules contreparties quel'association peut consentir concernent la communication telle que définie à l'article 5 de la présente Charte.

 

ARTICLE 2 – ACCEPTATION D'UN MÉCÉNAT : CONDITIONS GÉNÉRALES

Avant d'accepter le soutien d'une entreprise, l'association vérifiera que l'opération est compatible avec les conditions générales définies au présent article, tant en fonction de l'opération particulière qui est envisagée qu'en fonction des autres opérations déjàacceptées.

Les conditions générales sont les suivantes :

  • Le soutien répond à un besoin identifié par le conseil d'administration ;
  • Aucune entreprise ne peut contribuer à une part déterminante des besoins financiers de l'association, ce qui implique que la fin du mécénat correspondant ne puisse pas avoir à lui seul de conséquence négative insurmontable ;
  • Le mécénat de portée générale sera préféré au soutien ciblé, dédié à une réalisation particulière ; un soutien ciblé est cependant possible à condition que sa gestion administrative et que le cumul de la gestion administrative del'ensemble des soutiens ciblés soit compatible avec les moyens dont dispose l'association.

 

ARTICLE 3 – ACCEPTATION D'UN MÉCÉNAT : CONDITIONS PARTICULIÈRES

Avant d'accepter le soutien d'une entreprise, l'association vérifiera que l'activité de l'entreprise en question n'a pas porté atteinte de façon aiguë ou spécifique à la biodiversité. L'association s'assurera par ailleurs que l'entreprise met en œuvre une politique dedéveloppement durable en ligne avec les pratiques généralement admises dans son secteur d'activité et qu’elle s’inscrit dans unedémarche de prise en considération des enjeux environnementaux.

Dans la mise en œuvre du présent article, il sera tenu compte des moyens limités dont dispose l'association. Les informations utilisées seront des informations publiques et il sera considéré que les informations fournies par l'entreprise sont exactes, saufdonnées publiques manifestement contraires.

 

ARTICLE 4 – ACCEPTATION D'UN MÉCÉNAT : PROCÉDURE

Les propositions de mécénat font l'objet d'un rapport au conseil d'administration coordonné par la direction et établissant que lesconditions générales et particulières de la présente charte sont respectées. Le principe de chaque opération de mécénat fait l'objetd'une délibération du conseil d'administration.

 

ARTICLE 5 – MODALITÉS DE COMMUNICATION

Lorsqu'une entreprise offre un soutien financier à l'association sans demander de contreparties à cette dernière, les modalités de communication sont les suivantes :

  • L'entreprise peut faire état dans sa communication du soutien apporté à Humanité et Biodiversité ;
  • Si le mécénat a permis à l'association de mener à bien une réalisation, l'entreprise peut faire état de ce projet et le cas échéant de son succès dans sa communication ;
  • Humanité et Biodiversité peut mentionner le soutien reçu dans sa propre communication, et notamment, le cas échéant,dans la communication relative à la réalisation qui a été menée à bien grâce à ce soutien.

 

ARTICLE 6 – PORTÉE DU MÉCÉNAT

Par voie de conséquence, le fait pour Humanité et Biodiversité de recevoir le soutien d'une entreprise :

  • N'implique aucun jugement porté par l'association sur l'activité de l'entreprise et notamment sur son impact environnemental ;
  • N'implique pas que l'association fournisse des conseils à l'entreprise sur son impact environnemental ;
  • Plus généralement, ne saurait être interprétée comme délivrant à l'entreprise un quelconque label.

 

ARTICLE 7 – CONVENTION DE MÉCÉNAT

Le soutien d'une entreprise à l'association n'entre en vigueur qu'après signature d'une convention qui précise la nature et la valeurde ce soutien et les détails de mise en œuvre des engagements des deux parties. Cette convention respectera les règles fixées auxarticles 5 et 6 de la présente Charte.

 

ARTICLE 8 – PARTENARIATS MIXTES

L'association peut recevoir d'une entreprise des financements mixtes, les uns relevant du mécénat tandis que les autres sont la contrepartie de services rendus par l'association. Dans ce cas de figure, deux options de mises en œuvre sont possibles : soit deux conventions séparées sont signées, qui précisent clairement les périmètres des deux partenariats, soit il peut aussi s’agir d’une seule convention mais qui séparera également explicitement les deux périmètres.

 

ARTICLE 9 – TRANSPARENCE

La liste des mécènes de l’association figurera sur le site www.humanite-biodiversite.fr.