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Comment concevoir un jardin en Oasis Nature ?

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Publié dans
le 15.03.12
Prairie_fleurie-alain_naessens

La conception d'un jardin écologique doit tenir compte de la zone climatique et du paysage dans lequel il est situé. Cela nécessite quelques recherches initiales.

Les plantes

Pour choisir les plantes qui se plairont sans modifier le sol: procéder à l’analyse de son pHl
Le pH (ou potentiel Hydrogène) caractérise la réaction acide (quand le pH est inférieur à 7), neutre (pH égal à 7) ou basique (alcaline quand le pH est supérieur à 7) d'un milieu. La plupart des sols se situent entre 4 et 9.

Les sols sableux sont souvent acides (pH bas) et secs.

Les sols argileux seront souvent alcalins (pH élevé) et gorgés d'eau.

A défaut de procéder à cette analyse, essayez d'établir quelles plantes sont déjà sur le site, Exemple: une terre argileuse est riche en boutons d'or, pâquerettes et liserons: l'aubépibne s'y plaira.

Ainsi, pour la plupart des plantes méditerranéennes, il faudra un sol bien drainé et alcalin.
La plupart des bulbes préfèrent les sols légers et plutôt chauds tandis que les plantes vivaces se plairont dans une argile humide, avec un apport de matières organiques (compost) chaque année.

Les haies

Les haies fournissent aux oiseaux un site pour nicher et, l'hiver venu, un abri pour eux comme pour les batraciens, les petits mammifères, etc…

Les haies champêtres doivent être constituées de diverses espèces d’arbres, d'arbustes et de fleurs, offrant donc différentes strates de végétation. Les avantages écologiques d'une haie diversifiée sont clairs et le faible entretien annuel un facteur important.

Les arbres

Les arbres produisent de l'oxygène et consomment aussi des masses de carbone lors de la photosynthèse. Par conséquent, les arbres sont un facteur essentiel dans le jardin écologique, mais on doit garder à l'esprit qu'ils peuvent devenir très volumineux et voler la lumière, l'eau et les nutriments vitaux des plantes au sol, ce qui rend le développement difficile pour de nombreuses plantes situées directement sous un arbre imposant.

A savoir :

  • Les feuilles de certains arbres à feuilles caduques peuvent contenir des tanins nuisibles qui, en tombant, empêchent de nombreuses autres plantes de se développer (par exemple, les noyers, chênes et châtaigniers).

  • Les arbres à feuilles persistantes, les conifères comme les pins et sapins produisent une résine toxique qui permet d'éliminer la plupart des plantes qui tentent de se développer dans la zone où les aiguilles tombent.

Au contraire, les arbres tels que les pommiers, pruniers, cerisiers ou sorbiers abondent de fleurs puis de fruits comestibles ! Ils créent également un environnement idéal pour les bulbes (ail des ours, jonquille sauvage,, anémone des bois).

La diversité des arbustes

C’est parmi les arbustes que l'on trouve la diversité la plus large. Il y a des plantes essentielles comme l’aubépine, le viorne ou le noisetier dont les fleurs fournissent la nourriture aux insectes pollinisateurs, comme les abeilles et papillons. Cela vous donnera l'occasion de voir de près ces créatures lorsqu’elles se bousculent pour s’approvisionner en pollen. Les arbustes comme le sureau, l’églantine, et la viorne fournissent la nourriture, sous la forme de baies, pour les oiseaux.

Les pelouses

Une pelouse à « l’anglaise » est contraire à la philosophie écologique et son utilisation devrait être minimum. Elle nécessite un entretien nécessitant d’arroser, tondre et fertiliser régulièrement. C’est un lieu où les plantes sont stressées (tonte à répétition), où la biodiversité est très limitée, où on ne laisse pas faire la nature…
Décidez les aires de pelouses qui sont absolument nécessaires et puis transformez les autres en pelouses plus sauvages accueillant pâquerettes et pissenlits (à récolter) ou en prairie naturelle toute fleurie, ou même en parcelles potagères et arborées pour faire provision de légumes et fruits sains.

Le domaine des fleurs sauvages

Si vous avez de la place, les zones de fleurs sauvages constituent des habitats essentiels pour les oiseaux, les rongeurs et les insectes. Même dans un petit jardin, il y a généralement la place pour un petit coin de prairie. Utiliser des plantes indigènes et soyez vigilants car les mélanges de semences de fleurs sauvages vendus dans le commerce ne sont généralement pas forcément adaptées à votre région!

Bien que la prairie de fleurs sauvages nécessite peu d'entretien par rapport à une pelouse, elle a tout de même besoin d'au moins une coupe annuelle après que les graines se soient semées naturellement. Il faut aussi veiller à composter les parties fauchées.

Le compost

Un compost a sa place dans le jardin écologique. Votre Oasis Nature devra inclure, dès sa conception, une petite zone pour y laisser les tas de feuilles, tontes d'herbe et autres déchets verts se transformer en terreau fertile… Tous les déchets végétaux peuvent être recyclés… Un compost bien décomposé sert d’amendement aux plantations, les fibres plus importantes (paille, copeaux…) servent de paillis pour augmenter la rétention d'eau et empêcher la pousse des herbes indésirées

L'esthétique

Entouré d’une haie ou de murs végétalisés, le jardin sera une mosaïque de parterres de fleurs et de légumes combinés pour fournir un paysage bien agréable au regard. Une OASIS NATURE inoubliable !

Voir les articles liés :

Les prairies fleuries

Les haies champêtres

La mare naturelle

Les nichoirs à oiseaux

Les nichoirs à chauve-souris

Les abris à insectes

Commentaires

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2012-04-29 14:03:35 +0200

Bonjour,

Je vis à la Réunion avec ma compagne et nous allons bientôt nous installer dans le sud sauvage, dans une maison avec un jardin naturellement arboré avec des essences locales de cocotiers, de multipliants... ("naturellement" car une bonne partie n'est pas entretenue et constitue donc un bon point de départ pour un "domaine de fleurs sauvages")
Une des caractéristiques de ce terrain, outre la nature volcanique des sols, est qu'il est régulièrement soumis aux alizés chargés d'embruns (le terrain est très proche du littoral) donc avec un apport salin.

Est-ce que quelqu'un connaîtrait des liens permettant de mieux appréhender les particularités d'un tel contexte?

Par ailleurs, comment est-il possible de faire soi-même des mesures de pH de façon simple et économique?

Merci d'avance pour vos contributions.

Joseph

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À propos de l'auteur

Humanité et Biodiversité, est une association loi 1901, reconnue d’utilité publique, agréée au titre de la protection de la nature. . Elle est actuellement présidée par Bernard Chevassus-au-Louis, et Hubert Reeves est devenu son actif président d'honneur. . Humanité et Biodiversité mène une action de plaidoyer et d'influence pour faire émerger dans la société les défis posés par l’éro...

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