Stoppons le béton ! L'alerte d'une oasienne
Publié le 17/07/2023
Adhérente de longue date, Danielle nous a écrit une lettre qui dénonce les pratiques écocides des méthodes d’urbanisation et de bétonisation de son village. Son Oasis Nature en Occitanie, est un terrain de 1 900m² qui résiste encore et toujours à « l’envahisseur Béton ». Il est inscrit dans notre Réseau depuis de nombreuses années.
Il y a beaucoup d’espères sauvages ou semi sauvages dans mon Oasis Nature. J’ai réussi à sauver un laurier du Portugal qui aime trop la terre argileuse, je l’ai maintenu à hauteur de haie, et arrosé copieusement les champignons qui l’infestaient avec de l’huile essentielle de sarriette, un peu d’huile et de produit vaisselle, cela l’a guéri !
J’ai de nombreux moineaux qui viennent visiter, mais aussi des rougequeues qui nichent. Nos amis les verdiers d’Europe sont devenus rares mais les pinsons sont revenus ! Il y a aussi des rouges-gorges et mésanges en tout genre… Et de temps en temps un faucon vient prélever une tourterelle turque.
J’ai choisi il y a 25 ans un terrain situé au cœur de mon village, un grand pré contigu avec une ancienne grande ferme, qui compose aujourd’hui un corps de 17 habitations. Mon Oasis Nature est donc entourée de jardins, la plupart sans produits chimiques mais qui sont artificialisés… Et même sans produits chimiques, mon Oasis est désormais cernée de béton ! Auparavant, les jardins de village préservaient encore une partie du vivant mais les bétonnages et les abattages fréquents d’arbres âgés tuent peu à peu... De tous les oiseaux que j’ai vus, et dont je me rappelle, il ne reste en vérité plus grand chose, mais je vois très souvent deux rouges-gorges, territoriaux et fidèles.
Du côté des papillons, j’ai pu observer trois générations de paon du jour, un peu de flambés, de machaons et d’autres, mais depuis quelques années, quasi plus… De plus, notre vallée du Girou est bien imbibée de désherbants et de traitements chimiques divers !
Supprimer les jardins de villages, abattre les vieux arbres, sur-bétonner, tout ça sous prétexte de privilégier les terres agricoles qui polluent est un grave problème. Sidérée du fait qu’il n’y ait aucune réflexion, je pense qu’il faut lutter à son échelle sur ces méthodes écocides. Par exemple, le pré de mon village aurait pu accueillir des petits studios pour personnes âgées semi-indépendantes, en sauvegardant ce qu’il reste de l’espace vert, et favorisant les corridors verts pour nos hérissons, au lieu des murs actuels qui entourent les propriétés, une manie régionale. »
Alors repensons la manière de construire les habitations, séparées de murs qui ne laissent pas passer les espèces, préservons nos vieux arbres et tous les espaces verts existants en trouvant des réponses convergentes aux problèmes sociaux et écologiques de nos campagnes. À l’échelle de nos jardins, luttons contre l’artificialisation des sols !
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Photos : Danielle C. - Adhérente à Humanité et Biodiversité
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