Un jardin des Hauts-de-France métamorphosé pour accueillir les papillons
Publié le 27/05/2026
Habitant dans le Nord de la France, une région densément peuplée, il est apparu essentiel à Françoise d’amener plus de biodiversité dans son jardin afin de redonner un peu de son pouvoir à la nature. Ambassadrice de deux parcs en Belgique, elle s’est donné plusieurs missions, dont celle de faire prendre conscience autour d’elle que les papillons dépendent de certaines espèces végétales pour pondre. Françoise organise le 20 juin une exposition dans son jardin, présentant plusieurs dizaines de photos de papillons devant les plantes qui leur sont indispensables.
La population avifaune étant en nette régression, j’ai transformé mon jardin pour tenter de rendre service à nos amis les oiseaux. Auparavant essentiellement une pelouse avec quelques arbres, il est désormais couvert d’une multitude de petits bosquets, où les oiseaux peuvent nicher et se cacher de leurs prédateurs. J’ai installé des plants de baies de Benjes, qui leur permettent de trouver de la nourriture, le bois en se décomposant amenant en effet beaucoup d’insectes et champignons.
Haie de Benjes
C’est ainsi que j’ai pu répertorier sur mon jardin plus d’une dizaine d’espèces d‘oiseaux, dont la Fauvette à tête noire ou le Verdier d’Europe. De plus, les espèces saproxylophages trouvent leur bonheur dans mon jardin, puisque je n’emmène plus mes branches mortes à la déchetterie.
Une Osmie épineuse inféodée à la Vipérine
Mais mon action s’est surtout concentrée sur les papillons et les abeilles monolectiques, c’est-à-dire celles qui ne butinent que certaines fleurs. J’ai donc planté plus de 200 plantes indigènes, et je suis émerveillée par le résultat, puisque j’ai pu photographier plus de 60 espèces de papillons. Bien sûr, les autres pollinisateurs ne sont pas en reste.
Ornéode du Chèvrefeuille
Saviez-vous, par exemple, que les papillons vulcains ont besoin d’orties pour pondre ? Que les liserons attirent les papillons anges blancs ? Que la brionne, cette liane qui grimpe sur les grillages et roussit à l‘automne favorise une abeille spécifique ; ainsi que la coccinelle de la brionne qui en mange les feuilles mais ne mange pas de pucerons ; et dont les baies rouges sont mangées par les mésanges ?
J’adore également la grande pimprenelle, qui attire l’azurée des paludes. Ce papillon a besoin de fourmis, qui élèvent ses chenilles. Malheureusement, cette espèce est en voie de disparition, car les conditions nécessaires à son développement et son maintien sont très spécifiques.
L’écaille chinée
J’ai de plus construit des spirales à insectes avec des pierres que j’ai ramassées, où ceux-ci peuvent être à l’abri l’hiver dans les interstices. Les bourdons font leurs nids dans les creux des murs.
Abeille butinant une cardère
Deux petites mares sont également à la disposition de ce petit monde, l’une avec une cascade où les oiseaux peuvent boire, même en hiver, l’autre où vivent grenouilles et tritons alpestres. Je vois souvent les grenouilles vertes se sauver quand j’arrose mes plantes au tuyau d’arrosage, et j’entends chanter les crapauds la nuit.
Tous les cheminements sont recouverts de broyats, qui proviennent de l’élagage de mes arbres, ce qui permet aux vers de terre de se multiplier. Les hérissons traversent mon jardin à l’automne, et passent l’hiver au chaud dans des trous qu’ils creusent sous des piles de palettes recouvertes d’une bâche. J’ai observé des trous dans le sol à proximité de mon compost mais n’ai jamais pu observer directement d’animal, peut-être sont-ils intimidés par mes deux chiens !
La partie la plus ombragée de mon jardin est entourée d’une clôture faite en sureau, qui provient de mes arbres.
La clôture en sureau
Devant celle-ci sur la gauche, on distingue une Silène ou Compagnon rouge. La végétation est dense pour permettre aux jeunes merles de se cacher. On y distingue essentiellement des Buglosses avec ses jolies fleurs bleues très mellifères, sur la droite en arrière-plan des Myosotis des bois, devant des Knauties des champs et des Lunaires, tout au fond un troène et un Eleagnus Umbella tous deux très mellifères.
En conclusion, j’ai métamorphosé mon jardin pour le transformer en havre de paix pour la faune et la flore !
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