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Le blaireau (Meles meles)

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Le blaireau (Meles meles)

"Mais quel blaireau" ! Ce genre d’expression est couramment utilisé pour désigner de façon péjorative nos congénères. Pourtant, que savons-nous réellement du Meles meles ? Peut-il occuper nos Oasis Nature ? Comment le préserver de la chasse ? Tout, tout, tout, on vous dit tout sur le blaireau !

Le plus gros des mustélidés d'Europe

Le blaireau est facilement reconnaissable aux bandes noires et longitudinales qu’il porte sur sa petite tête conique et qui recouvrent ses yeux noirs jusqu’à ses oreilles. Sous son ventre et ses pattes, son pelage gris s'assombrit avec l'âge. Sa silhouette est également atypique : son corps allongé est perché sur de courtes pattes et sa croupe est plus large que ses épaules. Sa morphologie massive ne lui permet pas de chasser mais il est tout de même capable d’atteindre les 25-30 km/h !

Avec au maximum 70 cm de long (90 cm avec la queue, laquelle mesure 20 cm environ) pour 25 à 30 cm au garrot et pesant jusqu'à une vingtaine de kilogrammes, il est le plus gros mustélidé présent sur une grande partie de l’Eurasie. Mais contrairement aux membres de sa famille, il est incapable de grimper aux arbres. Autrefois, cet animal était classé dans la famille des ours, probablement parce qu’il est plantigrade (c’est-à-dire qu’il pose toute la plante et le métatarse de sa patte sur le sol) et que ses pattes sont robustes et pourvues de solides griffes.

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Profession : terrassier confirmé !

Le blaireau vit une grande partie de sa vie sous terre, en y bâtissant un village constitué de terriers, de salles et de galeries pour vivre avec sa famille et élever ses jeunes. Mais la taille de son logis n’est pas corrélée au nombre d’occupants. Il creuse également des terriers secondaires pour s’y réfugier en cas de dérangement, pour s’y reposer à proximité de sa nourriture, mais surtout pour y débusquer des vers de terre ou des champignons souterrains.

Lorsque le soleil se couche, le blaireau s’éveille et émerge de sa blaireautière pour s’atteler au nettoyage de celle-ci. Il sort la litière sale qu’il remplace par de nouvelles herbes sèches, des fougères, de la mousse, des feuilles mortes ou de la paille.

L’évacuation des déblais est souvent facilitée par le sol en pente dans lequel est creusé le terrier. En effet, le blaireau ne choisit pas au hasard l’emplacement de sa blaireautière. Il recherche un lieu en pied de petits reliefs (butte, falaise, talus…), de préférence en forêt mais parfois aussi en prairie ou en lande près d’un bosquet, d’une haie épaisse, d’un talus ou d’un fossé couvert de ronces...

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Un animal discret mais sociable

Bien qu’il ait une très mauvaise vue, le blaireau est difficilement observable parce qu’il vous repèrera grâce à son ouïe fine et son excellent odorat. Il a donc longtemps été méconnu, ce qui nous a amené à croire que cet animal était un solitaire. Or, il n’en est rien ! Le blaireau aime vivre en groupe, formant des clans allant de deux à une vingtaine d’individus (en moyenne six individus par clan). Il s’amuse avec ses congénères à toutes sortes de jeux allant des roulades, bousculades, courses-poursuites, morsures à la nuque, aux emboîtements de mâchoires qu’il ponctue de vocalises, et d’aplatissement sur le sol ou au contraire de dos arqué et poils hérissés. Le clan délimite son territoire par un marquage odorant qui témoigne de patrouilles régulières de surveillance. Le blaireau est fidèle au terrier principal, toutefois, certains individus, plus vieux, quittent parfois le groupe. Les blaireaux intrus sont agressés et chassés.

Meles meles possède un riche répertoire vocal qui lui permet d’entretenir une communication précise et efficace dans une organisation sociale complexe. Il a un langage avec des fonctions bien déterminées qui fournit une information aux membres de la communauté.

C’est une espèce monogame qui atteint la maturité sexuelle à l’âge de 2 ans. Sa période de reproduction, constituée de la mise-bas, de l’allaitement, du sevrage et du début de l’indépendance des jeunes, s’étale de janvier à début août. La gestation dure environ 2 mois, et est précédée d’une période d’attente de 10 mois pendant laquelle l’ovule fécondé est stocké dans la femelle sans être implanté. C’est de février à mars qu’ont lieu les naissances des petits blaireautins (2 à 7 par portée). Les femelles allaitent les jeunes les 3 premiers mois de leur vie qui ne sortiront qu’au bout d’un mois du terrier.

En Europe de l’ouest, le taux de naissance est de 0,3 jeune/an/femelle, ce qui est très alarmant quant au maintien de la population de blaireaux.

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Un régime riche et varié au fil des saisons

Niveau alimentation, le blaireau n’est pas compliqué : il s’adapte à la disponibilité. Il trouve sa nourriture en fouissant dans le sol ou en glanant de-ci de-là, lors de ses tournées nocturnes ou crépusculaires. Son alimentation favorite est le ver de terre et en particulier les lombrics. Il se nourrit aussi de mollusques (limaces et escargots), en s’accommodant de larves d’insectes enfouies dans le sol (coléoptères tels que les géotrupes, carabidés et autres scarabées, hyménoptères et orthoptères), d’œufs, de petits vertébrés (amphibiens, micromammifères qu’il se procure par opportunisme) ou de végétaux divers (baies, bulbes, fruits, glands, maïs, blé, avoine). S’il trouve un cadavre, il peut se faire nécrophage.

En automne, le blaireau commence à fabriquer des réserves de graisse : il peut alors augmenter son poids de 60% ! Ces stocks lui permettent d’avoir une activité très ponctuelle et tranquille durant tout l’hiver, c’est ce qu’on appelle l’hivernage.

Chasse au blaireau : des méthodes cruelles et un acharnement injustifié

Pourquoi le blaireau est-il chassé ?

En France, il est la bête noire des agriculteurs et des chasseurs depuis très longtemps car il peut être porteur de la rage et de la tuberculose bovine. Il a donc beaucoup pâti dans les années 1970 et 1980 des campagnes de gazage à la chloropicirne de terriers. Politique sanitaire de l’époque censée lutter contre la rage et qui s’est avérée inefficace et même contre-productive en éliminant tous les occupants d’un même territoire, laissant ce dernier non défendu et ouvert aux les animaux voisins éventuellement malades, contribuant à diffuser des épidémies. Le nombre de cas a augmenté durant la période d’empoisonnement, puis disparu dès le début des campagnes de vaccination fin des années 80.

Le blaireau est également sensible à la tuberculose bovine, qu’il peut contracter à proximité d’élevages touchés. Des campagnes dérogatoires d’abattage du blaireau sont menées à ce titre. Cependant, tuer des blaireaux sains par chasse ou piégeage peut éventuellement aggraver l’épidémie en faisant venir des individus « colonisateurs » infectés et contribuer à étendre une épidémie. L’animal est donc injustement accusé de transmettre des maladies couvrant ainsi les demandes de destructions.

Quand et comment est-il chassé ?

L’activité des Hommes a un réel impact sur le mode de vie du blaireau. Tout d’abord, en zone périurbaine ou d’agriculture monospécifique intensive, son comportement social est complètement différent : il est beaucoup moins territorial et peut vivre en solitaire.

Bien que le blaireau ne soit pas classé comme nuisible, il est chassé 9 mois dans l’année par tir ou par vénerie sous terre. Pourquoi 9 mois ? Parce qu’après la fin de saison de la chasse (le 15 janvier au plus tard), le préfet a la possibilité d’autoriser l’exercice de la vénerie du blaireau à partir du 15 mai, et ce jusqu’à la réouverture de la saison de chasse !

La vénerie sous terre est une pratique barbare, cruelle et irréfléchie qui consiste à attraper le blaireau au fond de son terrier en creusant jusqu’à l’atteindre et en utilisant des chiens spécialement dressés pour le coincer au fond de son trou. Le blaireau se fait mordre fortement par les chiens, se défend en provoquant de profondes blessures aux chiens et, après avoir été stressé par des heures de chasse, il est violemment extirpé par des pinces métalliques sans aucune distinction (femelles en gestation, jeunes…). Une fois capturé, et si le chasseur le veut, il peut tuer le blaireau à la dague, à coups de barre à mine, de pelles, de pioches ou dépecés par les chiens. Mais il peut aussi le relâcher dans la nature. Après avoir détruit l’ensemble d’un terrier édifié par des générations de blaireaux en quelques heures, certains déterreurs reconstruisent le terrier pour mieux pouvoir revenir déterrer les blaireaux qui reviendraient s’y réinstallent. Cette pratique bouleverse et fragilise tout un site et est préjudiciable aux autres espèces qui y vivent.

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Le blaireau dans une Oasis Nature

Il y a peu de chances qu’un blaireau vive dans votre jardin. Cependant, un blaireau peut venir visiter votre extérieur et créer quelques dégâts. La solution ? Installer de clôtures électrifiées ou simplement imbibées de répulsifs (auquel il est très sensible, son odorat étant 700 fois plus développé que le nôtre !) suffisent à prévenir tous hypothétiques « désagréments ».

Si par hasard vous trouvez une blaireautière sur votre terrain, évitez toute dégradation, même si le terrier semble ancien et inoccupé. Le bouchage des terriers par des rémanents doit être proscrit ! Veillez également à les contourner lors de l'utilisation d’engins mécaniques. Lors des coupes forestières, il convient de veiller à maintenir ou favoriser un couvert végétal aussi dense que possible sur un rayon minimum d’une dizaine de mètres autour des ouvertures, même non fréquentées.

Protégeons le blaireau !

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