Dites NON à la destruction des renards, fouines et corvidés !
Publié le 10/07/2026
Le ministère de la transition écologique a ouvert une consultation publique concernant les espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts » ou ESOD (les anciens « nuisibles »). Ce sont le renard, la belette, la fouine, la martre, la corneille, le corbeau freux, la pie, le geai et l’étourneau. Ce projet autoriserait leur destruction par tir et par piégeage durant les trois prochaines années. Il autorise également le déterrage du renard, une pratique particulièrement brutale. Avec France Nature Environnement, nous vous invitons à exprimer votre désaccord.
Pourquoi faut-il se mobiliser contre ce classement ?
Ces espèces sont accusées de causer des dommages aux activités humaines, en particulier aux cultures et aux petits élevages. Dans les départements où elles sont classées ESOD, elles peuvent être détruites par tir après la fermeture de la chasse et par piégeage toute l’année, sans limitation de nombre, alors qu’on ne connaît pas toujours l’état des populations.
Or, le classement ESOD de ces animaux ne repose pas sur des preuves solides : les déclarations de dégâts ne sont pas vérifiées, l’identification précise de l’espèce est souvent impossible et l’estimation des coûts est très aléatoire. La prédation des petits carnivores, phénomène naturel, est considérée comme un « dégât » par les chasseurs qui voient les prédateurs comme des concurrents à éliminer. Enfin, lorsqu’il n’y a pas de dégâts constatés dans un département, l’espèce peut quand même y être classée ESOD au seul motif qu’elle serait « susceptible » d’en causer !
Si la loi oblige à mettre en œuvre des méthodes de prévention des dégâts (protection des élevages, effarouchement sonore, etc.), en pratique celles-ci sont rarement utilisées.
Des bénéfices souvent ignorés
Les bénéfices apportés par ces animaux ne sont jamais pris en compte dans la balance. Ainsi, le renard qui rend service à l’agriculture – chaque renard consomme des milliers de petits rongeurs chaque année - est pourtant classé ESOD sur la quasi-totalité du territoire français.
Enfin, rien ne démontre que ces destructions massives auraient un quelconque impact sur la quantité de dégâts. Au contraire, une étude récente conclut que la destruction de millions d’animaux sauvages (dont un million de renards et trois millions de corvidés) ne réduit pas les dommages économiques qui leur sont attribués. Ces destructions ne régulent pas non plus les populations animales concernées, et représentent un coût économique huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces.
Parmi ces aberrations, la reconduction de la belette comme ESOD est un cas d’école : ce petit mustélidé (20 cm, à peine 100 grammes), incapable de commettre des dégâts sérieux, est classée dans un seul département, celui du président de la Fédération Nationale des Chasseurs !
Comme l’a souligné un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement en 2024, la réglementation ESOD est une spécificité française et n’a pas d’équivalent chez nos voisins, qui privilégient l’indemnisation à la destruction. Elle est inadaptée, coûteuse et inefficace, en ce qu’elle repose quasi-exclusivement sur la destruction et que celle-ci est autorisée de manière beaucoup trop large, préventive et sans corrélation directe avec les dégâts.
Comment participer à la consultation ?
Rendez-vous avant le 30 juillet 2026 sur la page de la consultation pour avoir plus d’informations et postez votre commentaire sur la page prévue à cet effet. Il est important de personnaliser votre réponse et de ne pas faire un simple copier-coller des arguments proposés, sinon votre réponse risque de ne pas être comptabilisée lors de la synthèse de cette consultation.
Que dire ?
Nous vous invitons à répondre défavorablement à la consultation.
Au-delà des arguments généraux en faveur de ces espèces, nous vous invitons à vous exprimer sur le classement concernant votre département, en vous appuyant sur le contexte local et vos propres arguments.
Vous pouvez également demander au ministère :
- de classer la belette et le putois en tant qu’espèces protégées, comme l’ont déjà fait des pays voisins,
- d’interdire le déterrage du renard, un mode de chasse et de destruction injustifiable,
- de prendre en compte les bénéfices écologiques et sanitaires apportés par ces espèces,
- de promouvoir les méthodes de prévention des dégâts, non létales, plutôt que les destructions aveugles,
- et plus généralement, de revoir entièrement la réglementation ESOD, inadaptée et obsolète : elle se réduit à un procès à charge, mené par les chasseurs et qui repose sur des données fantaisistes et invérifiables.
_____________________
Pour aller plus loin :
Eliminer les animaux sauvages ne réduit pas les dommages agricoles
Les Français veulent en finir avec le classement des animaux « nuisibles »
_____________________
Photo : Renard roux © Nathan Horrenberger
Dites NON au piégeage de 100 000 alouettes !
Publié le 20/10/26Le gouvernement souhaite autoriser la capture de près de 100 000 alouettes des...
Restauration de la nature, la France doit passer de l'intention à l'action
Publié le 15/10/26Alors que la France vient de publier son Plan national de restauration de la...
Bourse Barbault-Weber : 5.000€ pour soutenir l'écologie impliquée
Publié le 12/10/2026Comment mettre la recherche en écologie au service des enjeux...
Venez célébrer les lauréats d' « À Voix Haute pour la biodiversité » !
Publié le 08/10/2026Humanité et Biodiversité a le plaisir de vous inviter, le mercredi 28...
Colloque "De la protection de la nature à la reconquête de la biodiversité"
Publié le 06/10/2026Les 4 et 5 novembre 2026, au sein des Archives nationales à...
Dans la boucle de la Loue, au cœur du Jura
Publié le 29/09/2026Naturaliste depuis toujours et raconteur d’histoires du vivant dans la Revue...