Un jardin en ville n’est pas futile ! La banlieue francilienne fleurit
Publié le 16/07/2026
Comment accueillir la nature au cœur de la ville ? C’est la question que Véronique s’est posée. Son jardin de banlieue francilienne est la preuve qu’elle a trouvé sa réponse ! Véritable petit coin de paradis au milieu du béton, toutes sortes d’espèces végétales et animales s’y croisent. Découvrez dans le portrait Oasis Nature de ce mois-ci les miracles qu’une main verte peut prodiguer, même en milieu urbain !
Avec une espiègle famille et un travail qui vous titille
Un petit jardin en ville n’est pas futile !
Ce jardin a bien changé au fur et à mesure des années
Il a commencé par un gazon bien bordé et quelques rosiers colorés.
Pour aujourd’hui laisser les plantes déborder
Et les couleurs se multiplier
C’était un coin conforme à un jardin haut de forme.
C’est devenu un lieu vivant, un jardin accueillant.
Les allées en été du jardin de Véronique
Dans mon jardin, j’aime passer du temps à semer, planter, observer et déterminer les plantes qui s’y épanouissent. C’est avant tout un jardin urbain. Pourtant, les oiseaux et les insectes s’y rencontrent : j’ai repéré de nombreux papillons et coccinelles par exemple. Ils apprécient mes nombreux plants : verveine citronnée, bourraches, pimprenelles, soucis, violettes, roses trémières, lierre grimpant… J’ai également planté un olivier et de la vigne et mon grenadier a fait des fruits pour la première fois cette année.
La consoude butinée par un insecte pollinisateur
Les maisons alentour sont proches et, pour beaucoup, aménagées de manière à limiter l’entretien des espaces verts : cours bétonnées, recours aux pesticides, peu d’arbres et d’arbustes…
Mon jardin, je ne le souhaite pas exemplaire, mais inspirant. J’aimerais que les personnes qui passent devant réalisent qu’il est tout à fait possible, ici aussi, de laisser une place à la nature et d’en profiter.
Ma clôture en bois ajourée invite naturellement à poser le regard sur ce coin de verdure. Au printemps, le jardin est particulièrement remarquable depuis la rue. Il arrive que des passants m’abordent pour me poser des questions. Le plus souvent, ils s’intéressent à mon cornouiller qui, d’avril à mai, se couvre d’une multitude de fleurs à quatre pétales. Leur floraison m’évoque un nuage de crème. Planté en bord de route, cet arbre ne passe jamais inaperçu !
La douceur du cornouiller qui se couvre d’une multitude de fleurs à quatre pétales
Depuis vingt-cinq ans, mon regard sur le jardin a beaucoup évolué, au point de déconstruire ce qui m’avait été transmis dans ma famille : « rien ne doit dépasser ». Mes parents, nés dans les années trente, cultivaient un potager, malheureusement traité avec des pesticides, conformément aux pratiques encouragées dans les années cinquante et soixante. Nous avons toutefois toujours été nourris par ce potager. Lorsque j’ai eu des enfants à mon tour, j’ai souhaité retrouver cette autonomie alimentaire, en y ajoutant une dimension essentielle : le respect de la biodiversité. Quant à leur pelouse, elle était impeccable, sans « mauvaises herbes » mais aussi sans pâquerettes.
Aujourd’hui, la terre est entretenue selon les grands principes de l’agroécologie : travail du sol à la grelinette, engrais verts, paillage et apports réguliers de compost. L’eau de pluie est récupérée grâce à trois descentes de gouttières, deux composteurs valorisent les déchets organiques et aucun pesticide n’est utilisé.
Le jardin entoure la maison et accueille une grande diversité de vie. Insectes, vers de terre et oiseaux y trouvent leur place. Une petite serre permet de produire les plants et de protéger les espèces les plus sensibles durant l’hiver. Deux nichoirs sont régulièrement occupés par des mésanges charbonnières qui s’y reproduisent, tandis que le chat porte une clochette afin de limiter son impact sur la petite faune.
Une nichée de mésanges charbonnières au coeur du jardin de Véronique
Dans la mesure du possible, les semences et les plants sont issus de l’agriculture biologique. Les plantes, graines et conseils de jardinage sont régulièrement partagés avec la famille, les amis et le voisinage. Cette passion pour le jardin et, plus largement, pour la botanique se nourrit aussi de stages, de sorties botaniques et de ma participation à l’École des Plantes de Paris. Un projet me tient également à cœur : ouvrir mon jardin afin d’initier des élèves d’école primaire à la botanique. Ce projet n’a pas encore pu voir le jour en raison des fortes chaleurs de ces derniers mois.
Le jardin fait la part belle aux fleurs mellifères. Le potager accueille notamment des tomates, des cornichons, de l’ail, des oignons, des blettes, des betteraves, des courges, des courgettes, ainsi que des raisins, des myrtilles, des framboises, des cassis, des groseilles et de la rhubarbe. Bien sûr, tout cela reste à petite échelle, mais quel plaisir d’observer les plantes grandir au fil des saisons avant d’en récolter les fruits et les légumes ! Durant l’été, une structure recouverte de cannisses est installée pour apporter de l’ombre au potager. Des plantes aromatiques et médicinales y trouvent également leur place.
Le caractère à la fois culinaire et médicinal du jardin m’est particulièrement cher. Les récoltes permettent de préparer des sirops, des tisanes et d’autres préparations maison, prolongeant ainsi les bienfaits du jardin jusque dans la cuisine.
Le potager urbain de Véronique en été
J’assure seule l’entretien de ce jardin, devenu au fil des années un véritable loisir-passion. C’est un lieu de ressourcement où j’aime passer du temps, observer le vivant et profiter pleinement de la nature.
Vous aussi, créez un véritable refuge pour la biodiversité chez vous et inscrivez-le à notre Réseau Oasis Nature. En vous inscrivant, bénéficiez de nombreux conseils d'une communauté de 1 800 membres engagés partout en France, participez à nos événements (concours photo, rencontres, conférences, etc.), accédez à nos fiches pédagogiques sur les espèces faune et flore, et cartographiez votre Oasis Nature sur notre carte de géolocalisation !
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