Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark

Retour
Le rôle de la CNDP dans l'avenir de notre mix énergétique

Le rôle de la CNDP dans l'avenir de notre mix énergétique

Alors que la course aux présidentielles 2022 vient à peine de commencer, des annonces et promesses concernant le choix d’un mix énergétique ont déjà été communiquées, privant les français d’un débat public. Dans le cadre de France Relance, un milliard d’euros a déjà été promis pour l’industrie nucléaire. Une relance de l’énergie nucléaire en France représente un choix démocratique majeur, engageant les générations futures. Toute personne vivant en France doit pouvoir être pleinement informée de ces enjeux et participer à l’élaboration des décisions concernant cette politique.

En 25 ans, la Commission nationale du débat public a organisé ou garanti 23 débats publics et 38 concertations sur des projets, des plans ou programmes relatifs à l’énergie dont 6 dans le domaine nucléaire. Forte de cette expérience et de cette connaissance de la participation du public unique en France, la Commission connait la grande sensibilité, voire la conflictualité de ces sujets. Il en résulte une exigence accrue du public quant aux garanties de sincérité et d’impartialité donc d’indépendance et de neutralité de l’instance garante de ces procédures et des démarches participatives.

La Commission souligne que le public n’a jamais pu être pleinement associé à ces choix énergétiques majeurs concernant l’énergie nucléaire.

La Commission constate que la loi du 8 novembre 2019, dite loi « énergie – climat », exclut explicitement du champ du débat public, la programmation pluriannuelle de l’énergie et la stratégie nationale bas carbone, en ne prévoyant qu’une concertation préalable dont les modalités n’ont d’ailleurs pas encore été définies par voie réglementaire.

La Commission constate également que les annonces de relance de la construction de réacteurs nucléaires ont été formulées avant toute procédure de participation du public prévue par les conventions internationales, en particulier la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, ainsi que l’article 7 de la Charte de l’environnement, à valeur constitutionnelle.

À défaut d’un débat public large ouvert à toute personne vivant en France, le risque d’une radicalisation des conflits et d’un accroissement de la défiance à l’égard des responsables publics n’est pas négligeable. Seul un débat conduit dans le respect des principes d’indépendance, de transparence, de neutralité, d’argumentation, d’équivalence et d’inclusion qui régissent l’intervention de la CNDP peut contribuer à asseoir la légitimité de toute décision future concernant l’énergie nucléaire en France. La sensibilité de la question nucléaire interroge autant la transition écologique que la démocratie.

La CNDP recommande que :

  • conformément aux dispositions internationales et nationales applicables, un débat public de programmation relatif à l’énergie nucléaire ait lieu,
  • ce débat de programmation se tienne avant toute procédure de participation du public sur les projets de création d’une installation nucléaire de base.

Cet avis auquel notre représentant à la CNDP et administrateur d'Humanité et Biodiversité, Jean-Pierre Bompard, a participé activement est d’importance démocratique. Dans les années 70, le plan nucléaire français n’a jamais été débattu avec le public, ni même au parlement.

Ce n’est plus acceptable. Un débat, mené avec des règles rigoureuses, doit discuter de l’ensemble de la politique énergétique française. Cette dernière devant s’insérer dans l’objectif européen de neutralité carbone en 2050 et dans une diminution des émissions de GES en 2030 de 55 % par rapport à 1990.

Les conséquences seront lourdes pour beaucoup de citoyens, dans une période où le pouvoir d’achat est fortement impacté par les hausses des prix de l’énergie.

Découvrez davantage d'articles sur ces thèmes :
Vie institutionnelle et politique Climat
1 commentaire(s)
Aucun commentaire pour le moment.
Consultez également
L'Écho n°120 "Déterrage du blaireau : stoppons le massacre !"

L'Écho n°120 "Déterrage du blaireau : stoppons le massacre !"

Les adhérents d'Humanité et Biodiversité viennent de recevoir L'Écho n°120, édition estivale de...

31 juillet 2020
L'Écho n°118 : PAC, une opportunité à ne pas manquer pour la biodiversité !

L'Écho n°118 : PAC, une opportunité à ne pas manquer pour la biodiversité !

C'est quoi la Politique Agricole Commune ? Pourquoi la réforme de la PAC est-elle décisive pour...

5 mars 2020
Atlas de la Biodiversité Communale (ABC)

Atlas de la Biodiversité Communale (ABC)

Le 4ème appel à manifestation d’intérêt lancé par l’OFB L’Office Français de la...

22 juillet 2020
L'Écho n°119 spécial rapport d'activité 2019

L'Écho n°119 spécial rapport d'activité 2019

Au cours de l'année 2019, de nombreux évènements ont confirmé, hélas, le bienfondé des analyses...

21 juillet 2020
"Pour que vive la Nature"

"Pour que vive la Nature"

Le guide pour Agir de 14 ONG de protection de la BiodiversitéCe vendredi 22 mai 2020, journée...

20 mai 2020
Lancement de l’Office Français de la Biodiversité

Lancement de l’Office Français de la Biodiversité

Poursuivez ici selon votre inspiration...À Chamonix, en Haute-Savoie, le 13 février 2020, le...

14 février 2020