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La Trochose terrassière (Trochosa terricola)

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La Trochose terrassière (Trochosa terricola)

Publié le 29/05/2026

Les beaux jours sont là, et avec eux les petites bêtes font leur retour. Faisons aujourd’hui connaissance avec la Trochose terrassière (Trochosa terricola), une araignée-loup de la famille des Lycosidae, que vous pourrez rencontrer régulièrement lors de vos promenades en forêt et dans votre jardin. Très difficile à différencier de ses congénères du genre Trochosa, elle présente de remarquables capacités. En effet, elle ne tisse pas de toiles, mais alors comment chasse-t-elle ? Portrait d'une aventurière injustement mal-aimée qui se nourrit de pucerons et d'acariens !

Description

La trochose terrassière mâle mesure entre 7 et 9 mm, tandis que la femelle mesure entre 8 et 14 mm.

Les trochoses terrassières sont des arachnides : leurs caractéristiques sont donc d’avoir 4 paires de pattes, 4 paires d’yeux et 2 tagmes, qui sont les segments du corps. Les pattes sont composées de 7 articles, dont un tibia et un fémur.

Leur céphalothorax, la partie de leur corps comprenant leur tête et leur thorax, est dotée de larges bandes latérales et d’une bande médiane plus claire, élargie dans la partie céphalique, qui est une caractéristique du genre trochosa.

Céphalothorax (au-dessus) et abdomen (au-dessous)

En France, il existe 5 espèces de ce genre, qui possèdent des biologies et des écologies différentes. Les mâles des différentes espèces peuvent être facilement identifiés, grâce à la coloration de certains de leurs organes. Cependant, il n’est pas aussi simple d’identifier les femelles : de façon générale, il est nécessaire de regarder l’espèce des mâles qui se trouvent autour d’elle afin d’identifier l’espèce à laquelle appartient la femelle.

La femelle est présente toute l’année, tandis que le mâle disparaît à la fin de l’été.

Écologie

Les trochoses terrassières sont communes sur des sols secs à moyennement humides, et chauds. Elles apprécient ainsi les prairies, landes, dunes, clairières, et lisières de bois.

Les mâles ont une activité de recherche sexuelle diurne. 2 périodes de ponte ont lieu au cours de l’année, au printemps ainsi qu’en automne, au cours desquelles près de 200 œufs sont pondus. Pour pondre, la femelle creuse un terrier d’environ 4 cm3. Elle referme sa loge avec de la terre, la tapisse de soie et reste à l’intérieur durant environ un mois, sans se nourrir. Les œufs sont placés dans un cocon sphérique, lui-même recouvert de soie blanche. Lorsque la femelle libère ses petits du cocon, ils montent sur son dos en plusieurs étages si nécessaire. Ils y restent perchés pendant environ huit jours, puis se dispersent pour mener une vie solitaire.

Les trochoses terrassières ne tissent pas de toiles : en effet, elles coursent leurs proies, puis leur sautent dessus. Elles peuvent ainsi les emprisonner entre leurs pattes et leur injecter leur venin.

Une trochose terrassière est très économe de son venin, car sa production est lente, coûteuse en énergie et il est stocké en faible volume. L’araignée en fera varier la quantité injectée en fonction de la résistance naturelle de la proie au venin et à la difficulté à la maintenir piégée. Dans le cas où la quantité de venin injectée est faible, la proie reste paralysée mais vivante, et peut ainsi être consommée sans être tuée. Au contraire dans certains cas, les blessures infligées par les chélicères (les pinces près de la bouche de l’araignée), suffisent à tuer la proie sans avoir recours au venin.

Trochose terrassière en promenade

La trochose terrassière et l’Homme

Les trochoses terrassières mordent très rarement les humains et ne le font qu’en dernier recours, lorsqu’elles se sentent menacées. Leur morsure est toutefois bénigne et peut au maximum provoquer des allergies. La trochose terrassière préfère fuir la présence humaine, car elle nous perçoit comme des prédateurs.

Mais du côté des humains, la cohabitation avec les araignées n’est pas toujours simple : celles-ci sont en effet source de curiosité aussi bien que de peur dans l’imaginaire collectif. La peur des araignées est une réaction normale : le cerveau les identifie comme des dangers potentiels, et nous incite à nous méfier des menaces. En effet, leur morphologie étrange peut mettre facilement mal à l’aise, et les images véhiculées par les médias et la culture occidentale ne sont pas pour arranger les préjugés autour d’elles. Cependant, l’arachnophobie dépasse ce malaise et devient une peur intense et irrationnelle.

Pour diminuer la peur des araignées, tentez d’en apprendre plus sur leur rôle écologique : elles nous rendent de nombreux services, comme par exemple leur consommation de moustiques ! Une exposition progressive peut aussi apporter des améliorations chez les personnes souffrant d’arachnophobie. Si la cohabitation est trop difficile, il vaut mieux déplacer les araignées ailleurs à l’aide d’une boîte transparente. Cela permet de les éloigner sans les blesser.

La trochose terrassière dans une Oasis Nature

Les trochoses terrassières se nourrissent de chenilles, de criquets et de petits vertébrés quand elles atteignent l’âge adulte. Les larves quant à elles se nourrissent de pucerons, d’acariens et de petites larves d'insectes, ce qui en font des auxiliaires de culture intéressants.

Elles constituent également une source de nourriture pour les grenouilles, les crapauds, les lézards, les mammifères insectivores ainsi que de plus grandes araignées, fourmis et guêpes.

Elles sont à leur aise dans des espaces en friche ou avec peu d’entretien, et surtout pas de pesticides.

Elles apprécient la présence de certaines variétés de plantes, comme celles à petites fleurs, dont la reine-des-prés, la camomille, la capucine, l’aneth ou le fenouil : en effet, ces plantes attirent les insectes dont elles se régalent.

Les plantes couvre-sol comme le thym, la menthe ou le serpolet procurent quant à elles de bonnes conditions de vie à la trochose terrassière, en créant un microclimat humide et ombragé au sol.

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Crédits photos : © Pexels

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