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L'Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes)

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L'Écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes)

Publié le 30/07/2026

En ce mois de juillet, tout le monde ne rêve que d’une chose : mettre les pieds dans l’eau. Nous vous proposons, dans le Zoom Espèce du mois de juillet, de partir à la rencontre de l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes), également appelée écrevisse à pieds blancs. Originaire d’Europe de l’Ouest, cette espèce vit exclusivement en eau douce et appartient à la famille des Astacidés. En espérant que cet article vous apportera un peu plus de fraîcheur !

Description

L’écrevisse à pattes blanches appartient au phylum des Arthropodes (un phylum étant une catégorie dans un arbre évolutif), qui regroupe le plus grand nombre d’espèces différentes. Ces dernières partagent un caractère commun : la présence d’un exosquelette (une carapace).

Elle fait également partie de la famille des Astacidés, caractérisée par la présence d’esthétasques (des organes sensoriels) sur certains segments de leurs premières antennes, ainsi que par la possession de 18 branchies fonctionnelles. Toutefois, les Astacidés sont très difficiles à différencier des autres familles d’écrevisses, rendant cette identification quasiment impossible pour des amateurs.

Vous pouvez néanmoins tenter d’identifier une écrevisse à pattes blanches grâce à plusieurs caractères distinctifs : son rostre (partie antérieure de la tête) est triangulaire, le bord inférieur de ses écailles est lisse, quelques épines sont présentes sur ses flancs, la face interne de ses pattes est blanche et ses pinces sont rugueuses.

Elle peut présenter différentes colorations : vert bronze, brun sombre, bleutée ou orangée, mais ses pinces sont toujours plus pâles que le reste de son corps.

Ces caractères permettent de la distinguer des autres espèces d’écrevisses présentes en France. Les écrevisses à pattes rouges, des torrents et à pattes grêles sont endémiques d’Europe de l’Ouest, tandis que les écrevisses américaines, de Californie, de Louisiane, calicot et juvéniles sont des espèces exotiques envahissantes, originaires d’Amérique et introduites accidentellement par l’Homme, notamment via les eaux de ballast.

L'écrevisse de Louisiane considérée comme une espèce exotique envahissante (© Pixabay)

L’écrevisse à pattes blanches est endémique d’Europe occidentale et est l’espèce qui était historiquement la plus représentée en France. Elle peut atteindre une taille maximale de 130 mm, avec une croissance lente réalisée par mues successives. Elle vit une dizaine d’années dans des eaux douces d’excellente qualité. Elle atteint sa maturité sexuelle aux alentours de 3 à 4 ans, après 13 à 22 mues, et les femelles pondent une fois par an entre 60 et 120 œufs.

Écologie

L’écrevisse à pattes blanches peuple naturellement l’ensemble du territoire français, mais a disparu de certaines régions à la suite de perturbations de son environnement. Aujourd’hui, elle est principalement présente dans le Sud-Est de la France, aussi bien en plaine qu’en montagne. Elle est également présente en Corse, où elle a été introduite dans les années 1920.

L’écrevisse à pattes blanches est une espèce sténotherme, c’est-à-dire qu’elle nécessite une eau dont la température reste relativement constante, comprise entre 15 et 18 °C, pour se développer correctement. Elle apprécie les eaux douces généralement pérennes, mais peut également vivre dans certains cours d’eau. Son habitat doit être riche en abris afin de la protéger des prédateurs et du courant lorsque cela est nécessaire. Elle utilise ainsi les fonds caillouteux, les blocs sous lesquels elle se dissimule durant la journée, les berges creuses avec des racines, les cavités, le bois mort et les herbiers aquatiques. Elle peut également creuser un terrier dans les berges meubles, notamment en hiver.

L’écrevisse à pattes blanches a besoin d’une eau claire, d’excellente qualité, très bien oxygénée, peu profonde, neutre à alcaline, et présentant une concentration en calcium de préférence supérieure à 5 mg/L afin de former correctement sa carapace.

Les jeunes individus se nourrissent de petits invertébrés, comme les vers et les mollusques, mais aussi de larves, de petits poissons et de têtards. Les adultes consomment également des végétaux afin de compléter leur régime alimentaire, notamment des feuilles mortes en décomposition présentes dans l’eau. Le cannibalisme est malheureusement fréquent, notamment envers les jeunes individus ou ceux dont la carapace est fragilisée, et il est favorisé par les situations de surpopulation. Ce comportement contribue également à la dissémination de maladies : lorsqu’une écrevisse malade est consommée par une autre, cette dernière risque à son tour de développer la maladie.

Les écrevisses à pattes blanches s’accouplent à l’automne, lorsque la température de l’eau descend en dessous de 10 °C. Les œufs sont pondus quelques semaines plus tard, puis portés et incubés par les femelles pendant six à neuf mois. Cette durée d’incubation dépend de la température de l’eau et peut être prolongée, par exemple, dans les ruisseaux froids de montagne. À l’arrivée du printemps, les œufs éclosent. Les juvéniles restent fixés à leur mère jusqu’à leur deuxième mue, avant de devenir totalement indépendants. Au cours de leur première année de vie, ils muent environ une dizaine de fois. Les adultes, quant à eux, muent une à deux fois par an.

La femelle se reproduit une fois par an, même dans des conditions optimales. Chaque ponte compte généralement entre 20 et 30 œufs, avec un taux d’éclosion variable, parfois très faible.

Photo et illustration de l'écrevisse à pattes blanches (© Pixabay /© Unspash)

L’écrevisse à pattes blanches et l’Homme

Si vous observez une écrevisse, il est intéressant de l’identifier afin de déterminer s’il s’agit d’une espèce exotique envahissante ou d’une espèce endémique. Il est bien entendu interdit de la pêcher. Vous pouvez photographier l’écrevisse puis la remettre délicatement à l’eau à l’endroit de l’observation, même si elle est morte : dans ce cas, elle pourra contribuer à enrichir son environnement en matière organique lors de sa décomposition.

Vous pouvez transmettre votre observation à la Fédération départementale pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (FDAAPPMA) ou au service départemental de l’Office national de l’eau et des milieux aquatiques (ONEMA). La survie de l’espèce peut en dépendre.

Autrefois considérées comme un mets très raffiné et accessible, les écrevisses étaient cuisinées et le sont encore aujourd’hui, notamment flambées au Calvados. Toutefois, il convient de ne pas consommer une écrevisse à pattes blanches, ni aucune autre écrevisse autochtone de France, car ces espèces sont protégées. Les écrevisses exotiques envahissantes, quant à elles, ne bénéficient pas de statut de protection en France ; leur pêche est donc autorisée dans le respect de la réglementation en vigueur. Historiquement, avant d’être protégées, les écrevisses constituaient une ressource alimentaire importante.

Malheureusement, de nombreuses menaces pèsent sur l’écrevisse à pattes blanches, ce qui a conduit à son classement au statut VU (Vulnérable) sur la Liste rouge de l’UICN. L’espèce est notamment menacée par la disparition et la dégradation de son habitat naturel : envasement lié à la présence de matières en suspension dans l’eau, destruction des berges, perturbations des régimes hydrauliques et thermiques, ou encore présence de substances toxiques rejetées dans le milieu aquatique.

Elle est également affectée par certaines interventions humaines sur la faune, comme l’introduction d’écrevisses exotiques, de rats musqués ou encore le déversement de poissons en surnombre. Ces perturbations peuvent entraîner une compétition, une prédation ou encore la propagation de maladies.

Une rivière, l'habitat de l'écrevisse à pattes blanches (© Pexels)

L’écrevisse à pattes blanches dans un Oasis Nature

L’écrevisse à pattes blanches n’est pas une espèce adaptée aux Oasis Nature, en raison de son statut de protection, mais également de la grande spécificité de son habitat. Ainsi, ne tentez pas d’en introduire dans votre mare.

Préférez plutôt préserver ses milieux de prédilection en évitant de polluer les plans d’eau et les ruisseaux, et en veillant à ne pas dégrader leurs berges.

Si vous avez la chance d’accueillir naturellement des écrevisses à pattes blanches dans votre Oasis Nature, ne tentez pas de les manipuler, car vous risqueriez de leur transmettre des agents pathogènes pouvant entraîner leur mort.

L’écrevisse à pattes blanches dans son habitat naturel (© Pexels)

Cet article vous a plu ? Découvrez encore plus sur la flore et la faune de nos jardins en vous procurant notre Coffret de 70 fiches pédagogiques Oasis Nature. Ou bien, consultez nos Zooms espèces publiés chaque mois sur notre site ou adhérez pour profiter de fiches gratuites disponibles en téléchargement sur le site.

N'hésitez pas à nous proposer en commentaire la prochaine espèce que vous aimeriez découvrir !

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Pour aller plus loin :

  • Le Crapaud commun (Bufo bufo)
  • Les Tipules (Tipulidae)
  • Les vipères (Viperinae)
Découvrez davantage d'articles sur ces thèmes :
Oasis Nature Zoom espèce Mer et Littoral
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