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Glyphosate : des alternatives non chimiques existent

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Glyphosate : des alternatives non chimiques existent

Après plusieurs mois de travaux, l'Anses a rendu public les résultats de son évaluation des alternatives non chimiques au glyphosate, cet herbicide destiné à détruire les mauvaises herbes et considéré comme cancérogène probable pour l'homme. Cette substance toxique pour la santé et l'environnement ne serait ainsi pas totalement interdite mais soumise à des restrictions d’usage qui sont désormais prises en compte par l’Agence pour délivrer les autorisations de mise sur le marché des produits à base de glyphosate.

Lancée en 2018, l'évaluation des alternatives non chimiques au glyphosate étudiée par l'Anses avait pour objectif de déterminer les usages pour lesquels cette substance peut être substituée par des alternatives non chimiques et d’identifier les situations d’impasse où aucune alternative appropriée n’est actuellement disponible. Elle portait sur quatre principaux domaines d’utilisation :

  • la viticulture,
  • l’arboriculture fruitière,
  • les grandes cultures,
  • la forêt.

Lire l'avis de l'Anses et les conclusions d'utilisation pour ces 4 domaines

L’analyse de ces travaux révèle que des alternatives à l’utilisation de cet herbicide sont déjà couramment utilisées sans présenter d’inconvénient pratique ou économique majeur comme l’usage du désherbage mécanique ou le recours à des zones enherbées. Dans le cas des grandes cultures, le labour entre deux cycles annuels de cultures permet de se passer de l’usage de désherbants chimiques.

En revanche, les travaux conduits par l'INRAE mettent en évidence des situations d’impasse technique, où aucune alternative d’usage courant ne permet de répondre à court terme aux besoins des professionnels, sans nécessiter une modification substantielle des pratiques, qui aurait un fort impact sur l’activité agricole. C'est le cas notamment des situations où le passage d’outils mécaniques est irréalisable, de la destruction des plantes indésirables vivaces (adventices) difficiles à éliminer ou encore l’agriculture de conservation qui n’utilise pas le labour pour préserver les sols.

En zones non agricoles, les différents usages du glyphosate ne peuvent être totalement substitués par des alternatives non chimiques sans avoir des conséquences importantes, notamment pour la sécurité des opérateurs et des utilisateurs de ces services. La réduction de l’usage du glyphosate dans ces différentes situations ne peut donc relever d’une restriction fixée dans les autorisations de mise sur le marché, mais doit s’envisager dans le cadre d’une évolution des pratiques de désherbage.

Suite aux conclusions de cette évaluation comparative, les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits à base de glyphosate vont être restreintes. L'Anses a déjà annoncé le 30 septembre aux détenteurs d’AMM le renouvellement de trois produits et deux nouvelles autorisations de mise sur le marché, avec des usages restreints aux conditions identifiées par son évaluation. Quatre décisions de retrait ou de refus de mise sur le marché ont également été notifiées. L'agence explique que « pour les produits qui bénéficient d'un renouvellement de leur AMM, les restrictions d'usage seront mises en application dans un délai de six mois. Cette limitation des conditions d'emploi et des doses par hectare contribuera à réduire dès 2021 les quantités de glyphosate utilisées en France ».

La position d'Humanité et Biodiversité

Pour notre association, le travail de l’Anses ouvre la porte à de nouvelles pratiques agricoles, dont il faudra évaluer l’efficacité en termes économiques pour le producteur et en bout de chaîne pour le consommateur.

Le monde agricole est à un tournant historique, que le renouvellement de la PAC doit encourager dans une mondialisation mieux régulée, pas d’accord commerciaux avec des pays n’appliquant pas nos règles sanitaires. Les transitions professionnelles doivent être négociées et donc anticipées. Le cas de la crise sanitaire de la betterave doit nous amener à être rigoureux dans l’appui à la recherche.

Nous devons éviter de laisser penser que toutes les transitions peuvent se faire du jour au lendemain. Gageons que nos adhérents travaillant dans les industries polluantes comprendront notre soutien au travail de l’Anses, mais que certains, dans le monde tertiaire, auront du mal à comprendre pourquoi on ne va pas plus vite.

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