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Recensement général de l'agriculture : 1 ferme sur 5 a disparu en dix ans

Recensement général de l'agriculture : 1 ferme sur 5 a disparu en dix ans

Le Recensement Général Agricole établit des statistiques sur le nombre d’exploitations, les orientations technico-économiques des communes, les surfaces agricoles utilisées, les productions et surfaces concernées, les surfaces toujours en herbe, et les surfaces herbagères principales. Ces données sont donc qualitatives, et communales.

Ce premier papier donne les grandes lignes de cet exercice de la statistique publique. Les recensements de l'agriculture (RA ou RGA) sont organisés tous les 10 à 12 ans. Le premier recensement a eu lieu en 1998, puis en 2000 et enfin en 2010.

On observe ainsi en France :

  1. Une diminution du nombre d'exploitations agricoles : 1 ferme sur 5 a disparu en dix ans. En 2010, la France comptait 490 000 fermes sur son territoire. Une décennie plus tard, 100 000 d'entre elles ont disparu. La dynamique n'est pas inédite, et perdure depuis les années 1970. La fermeture de ces structures n'est pas dû à un amoindrissement de la surface agricole du pays, qui reste stable, autour de 50 % du territoire. Cela signifie en revanche que leur taille a augmenté : + 25 % ces dix dernières années.
  2. Une baisse du nombre d'agriculteurs, avec une diminution de 12 % depuis 2010. Parmi les exploitants restants, un quart a plus de soixante ans, et la moitié des dirigeants actuels partiront à la retraite d'ici 2030. Plus que jamais, l'objectif du milieu agricole demeure dans la nécessité de rendre la profession plus attrayante financièrement, pour favoriser la transmission des exploitations.
  3. Une agriculture diversifiée : en France, 48 % des exploitations sont dédiées à l'élevage et 52 % au végétal – ces dernières étant devenues majoritaires en 2020 (52 % contre 45 % en 2010).
  4. Une diversité d'exploitations agricoles : des petites et moyennes exploitations agricoles (souvent sous statut individuel) aux grandes exploitations en formes sociétaires, la France rassemble une diversité d’exploitations agricoles. Depuis 2000, les exploitations se sont agrandies. La taille moyenne des exploitations est passée de 42 ha en moyenne à 55 ha en moyenne. En parallèle, le mouvement de baisse du nombre d’exploitations s’est ralenti : les exploitations agricoles ont diminué de 26 % entre 2000 et 2010, alors que leur nombre avait diminué de 35 % entre 1988 et 2000. En 2010 en France, on produit de tout : céréales, fruits, maraichages, vins, élevages… 30 % des moyennes et grandes exploitations sont spécialisées en bovins, 23 % en grandes cultures et 15 % en viticulture.
  5. Plus de 53 000 fermes étaient engagées en bio fin 2020 : 53 255 fermes, soit 12 % des fermes et 18 % de l’emploi agricole. Ainsi, 2,55 millions d’hectares étaient cultivés en bio soit 9,5 % de la Surface agricole utilisée française.

Toutes ces premières données seront enrichies par de nombreuses analyses détaillées avec une attention particulière à l’évolution du salariat qui semble augmenter depuis 10 ans.

D’autres contributions porteront sur certains agroécosystèmes que nos paysans ont produit et qui favorisent les milieux ouverts. Un agroécosystème est donc un écosystème modifié par l’homme afin d'exploiter une part de la matière organique qu'il produit, généralement à des fins alimentaires.

Le dernier rapportage (2019) de la directive Habitat, Faune, Flore mentionne que les milieux ouverts sont en très mauvais état de conservation et en forte diminution, et que certains groupes taxinomiques qui en dépendant sont, de fait, également en mauvais état de conservation (oiseaux, insectes...). Ces agroécosystèmes ont créé les paysages qui ont fait notre pays à travers les prairies, bocages, pelouses sèches et humides, landes, pré bois... De par leur diversité sur un terroir, ces agroécosystèmes se doublent d'un effet mosaïque, lisière et micro-habitat (mares, vieilles trognes...) très favorables à la biodiversité et à d'autres espaces (eaux, qualité de vie...). De surcroît, les méthodes d'élevage en agrosystèmes sont souvent compatibles avec le bien-être animal (sauf pour les phases de transport et d'abattage industrialisé "déshumanisé") et avec la qualité des produits agricoles qui en sont issus (même s'ils restent plus onéreux).

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