Réduction des pesticides : faute de résultat, l'État change la notation !
Publié le 07/05/2024
L'appréciation sur le bulletin laissait à désirer, la France reste un mauvais élève en matière d'utilisation de pesticides. Mais au lieu de chercher à s'améliorer, le gouvernement change d'indicateur par un habile tour de passe-passe pour faire croire à une baisse de l'usage de ces produits nocifs pour la biodiversité et la santé.
Dès le mois de février, nous vous faisions part de notre préoccupation suite à la suspension du Plan Ecophyto et à la volonté du Ministère de l'Agriculture de changer l'indicateur de référence pour mesurer l'évolution de l'usage des pesticides. Malheureusement, le choix d'enterrer le NODU qui était utilisé depuis 15 ans a été confirmé ce lundi 6 mai par le ministère, malgré les alertes répétées d'associations de protection de la nature, de scientifiques et de professionnels de santé. Aujourd'hui encore, 400 chercheurs et 200 soignants regrettent cette décision dans une tribune : "Avec son nouveau plan Ecophyto, le gouvernement persiste dans une politique d'immobilisme vieille de vingt ans".
Dans cet article, nous vous expliquions les enjeux de ce changement de thermomètre, qui permet de faire baisser artificiellement la fièvre des pesticides auxquels notre agriculture reste très dépendante. Nous avions aussi produit une note plus détaillée à ce sujet. À son lancement, en 2008, le Plan Ecophyto avait déjà pour objectif de diviser par deux l'usage des pesticides en France. 16 ans après, face à l'échec de cette stratégie, l'État avait la possibilité de réformer en profondeur ce dispositif pour le rendre plus efficace et opérationnel. Au lieu de cela, le gouvernement opte donc pour une modification trompeuse de la méthode de calcul en adoptant le HRI1, qui diminue artificiellement dès qu'une substance est retirée du marché pour être remplacée par une autre. Ce nouvel indicateur pourrait donc laisser croire d'ici peu que l'objectif de réduction de 50% de l'usage des pesticides sera atteint, alors que la quantité de substances chimiques déversées sur les champs sera inchangée.
Humanité et Biodiversité continuera à porter la voix d'une véritable transition agroécologique pour des écosystèmes vivants, une biodiversité riche et des paysans et riverains en bonne santé !
L'Écho n°120 "Déterrage du blaireau : stoppons le massacre !"
Les adhérents d'Humanité et Biodiversité viennent de recevoir L'Écho n°120, édition estivale de...
Traversée de la France à pied : une Oasis Nature semi-sauvage
Humanité et Biodiversité soutient la Traversée de la France à pied de Maxime et Justine. De...
Une prairie fleurie dans votre jardin
Développer une prairie fleurie pour faciliter la biodiversité, c'est idéal si votre jardin est...
Installer un nichoir à oiseaux
Vous aimeriez vous aussi participer à la sauvegarde des oiseaux ? Vous souhaitez un ou des...
Cahier de la Biodiversité n°1 :
"Stratégies européennes pour l’alimentation et la biodiversité et agriculture française"Pour...
PAC post 2020 : lettre ouverte au Président de la République
Avec les 42 signataires membres de la plateforme Pour une autre PAC, Humanité et Biodiversité...