Humanité et Biodiversité
Menu icoMenu232Dark icoCross32Dark

Ajoutez un logo, un bouton, des réseaux sociaux

Cliquez pour éditer
  • Humanité et Biodiversité
  • ACCUEIL ▴▾
  • L'ASSOCIATION ▴▾
    • L'ASSOCIATION
    • L'ÉQUIPE
    • NOS POSITIONS
    • NOS PUBLICATIONS
    • DEVENIR BÉNÉVOLE
    • PODCAST "À VOIX HAUTE POUR LA BIODIVERSITÉ"
    • PODCAST "LES PETITES HISTOIRES"
  • ACTUALITÉS ▴▾
  • OASIS NATURE ▴▾
    • LES OASIS NATURE
    • ADHÉRENTS : CRÉEZ UNE OASIS NATURE !
    • CARTE DES OASIS NATURE
    • FICHES PÉDAGOGIQUES
    • FAQ
    • CONCOURS PHOTO 2024
  • CONCOURS 2025 ▴▾
  • BOUTIQUE ▴▾
  • ADHÉRER
  • FAIRE UN DON
  • Se connecter
  • L'ASSOCIATION
  • L'ÉQUIPE
  • NOS POSITIONS
  • NOS PUBLICATIONS
  • DEVENIR BÉNÉVOLE
  • PODCAST "À VOIX HAUTE POUR LA BIODIVERSITÉ"
  • PODCAST "LES PETITES HISTOIRES"
  • LES OASIS NATURE
  • ADHÉRENTS : CRÉEZ UNE OASIS NATURE !
  • CARTE DES OASIS NATURE
  • FICHES PÉDAGOGIQUES
  • FAQ
  • CONCOURS PHOTO 2024
Retour
Tribune : La France doit investir dans de véritables sanctuaires marins

ABONNEZ-VOUS À NOTRE NEWSLETTER

Abonnez-vous à notre newsletter
icoCross16Dark

Tribune : La France doit investir dans de véritables sanctuaires marins

Publié le 28/01/2026

La loi du 30 novembre 2021 devait marquer la fin des delphinariums en France et ouvrir une véritable rupture avec la captivité des cétacés. Pourtant, le projet de « Centre d’études, de recherche et de sauvegarde pour dauphins » porté par le ZooParc de Beauval, présenté comme une solution exemplaire, soulève de sérieuses questions éthiques, juridiques et environnementales. Derrière un changement de vocabulaire, le risque est réel de voir se pérenniser un modèle que le législateur a précisément voulu dépasser.

Par Loïc Dombreval,
Membre du conseil d'administration d'Humanité et Biodiversité,
Président du CNPA ( Conseil National de la Protection Animale),
et Rapporteur général de la loi du 30 novembre 2021 relative à la lutte contre la maltraitance animale

*   *   *

L'annonce de la création d'un « Centre d'études, de recherche et de sauvegarde pour dauphins » au ZooParc de Beauval, destiné à accueillir les animaux actuellement détenus à Planète Sauvage et potentiellement au Marineland d'Antibes, a été présentée par ses promoteurs comme une solution exemplaire à la fin programmée des delphinariums en France. En réalité, ce projet pose de graves questions éthiques, juridiques et environnementales. Il risque surtout de constituer un contournement durable de la loi du 30 novembre 2021, en pérennisant sous une autre appellation un modèle que le législateur a précisément voulu dépasser.

Cette tribune n'a pas pour objectif de nier la complexité de la situation des dauphins actuellement captifs, ni d'ignorer les contraintes techniques et sanitaires auxquelles sont confrontés les gestionnaires de ces établissements. Elle vise, au contraire, à rappeler le sens profond de la loi votée en 2021, à analyser ce que représente réellement le projet de Beauval, et à proposer une alternative crédible, responsable et tournée vers l'avenir : l'investissement massif dans de véritables sanctuaires et refuges marins.

Une loi née d'un choix de société clair

La loi du 30 novembre 2021 n'est pas une loi d'affichage. Elle est le fruit de plusieurs années de travaux parlementaires, d'auditions scientifiques, de consultations d'associations, de vétérinaires, d'éthologues et de professionnels. Elle repose sur un constat désormais largement partagé : la captivité des cétacés à des fins de divertissement n'est plus acceptable au regard de nos connaissances scientifiques et de l'évolution de la sensibilité citoyenne.

C'est pourquoi le législateur a interdit les spectacles de cétacés, les contacts directs avec le public, et programmé la fin de leur détention et de leur reproduction, sauf exceptions strictement encadrées. Ces exceptions n'ont jamais eu pour vocation de recréer, sous une autre forme, des structures équivalentes aux delphinariums existants. Elles visaient à permettre une transition responsable, respectueuse des animaux déjà captifs, en ouvrant la voie à des solutions réellement alternatives.

C'est dans ce cadre que nous avions pris le temps, lors des débats parlementaires, de définir précisément ce qu'étaient un refuge et un sanctuaire, afin d'éviter toute ambiguïté future.

Beauval : un changement de vocabulaire, pas de modèle

Le projet porté par le ZooParc de Beauval repose sur la construction d'un vaste ensemble de bassins et de lagons artificiels, occupant plusieurs hectares et contenant plus de 30 000 m³ d'eau, pour un coût avoisinant 30 millions d'euros selon les sources publiques. Il est présenté comme un centre scientifique, sans spectacles, orienté vers la recherche et la pédagogie.

Mais derrière cette présentation, une réalité demeure : les dauphins resteraient en captivité, dans des bassins artificiels, au sein d'un parc zoologique à vocation touristique. L'absence de spectacle ne change pas la nature fondamentale de la structure. On passe d'un delphinarium classique à un delphinarium sans spectacle, mais avec une détention prolongée, potentiellement de la reproduction, et une exposition permanente au public.

Ce changement sémantique pose un problème majeur : il donne l'illusion d'une rupture, alors qu'il s'agit d'une continuité. Or, la loi de 2021 n'a jamais eu pour objectif d'améliorer marginalement la captivité des cétacés, mais bien d'en organiser la sortie progressive.

La question centrale de la reproduction

Un point est particulièrement problématique : la possibilité de reproduction au sein de ce futur centre. La reproduction en captivité a été au cœur des débats parlementaires, car elle conditionne l'avenir du modèle. Autoriser, même implicitement, la naissance de nouveaux dauphins dans des structures artificielles revient à recréer un stock d'animaux captifs et à repousser indéfiniment la sortie de la captivité.

Un sanctuaire ou un refuge digne de ce nom n'a pas vocation à faire naître de nouveaux animaux captifs. Il a vocation à accueillir, soigner et accompagner des individus existants, jusqu'à la fin de leur vie, dans les conditions les plus respectueuses possibles. Sur ce point, le projet de Beauval reste, à ce jour, profondément ambigu.

Un angle mort majeur : l'impact environnemental

Au-delà de la question animale, le projet de Beauval soulève un autre enjeu largement sous-estimé : son impact environnemental. À ce stade, aucune étude d'impact environnemental détaillée et publique n'est disponible concernant la construction et l'exploitation de ce complexe aquatique.

Pourtant, plusieurs éléments factuels interrogent :

  • La création de bassins et de lagons artificiels sur plusieurs hectares implique une artificialisation durable des sols, dans un contexte où la lutte contre l'artificialisation est devenue un objectif national ;
  • Le remplissage, l'entretien, la filtration et le renouvellement de dizaines de milliers de mètres cubes d'eau nécessitent nécessairement des ressources en eau et en énergie. Personne ne sait quelles seront précisément ces consommations, faute de données publiques ;
  • La gestion des rejets, des sels, des produits de traitement et des infrastructures techniques associées n'a, à ce jour, pas été expliquée de manière transparente.

L'absence d'évaluation environnementale publique constitue en soi un grave problème, pour un projet de cette ampleur.

Le contresens stratégique

En investissant près de 30 millions d'euros dans une structure fixe, terrestre, artificielle, la France fait un choix stratégique discutable. Elle immobilise des moyens considérables dans un projet qui risque d'être rapidement obsolète au regard des évolutions internationales.

Car les delphinariums ferment, et continueront de fermer, notamment en Europe. D'autres pays seront confrontés aux mêmes questions que nous : que faire des animaux captifs ? Où les accueillir ? Comment organiser la transition ?

Si la France se contente de transformer ses delphinariums en « centres scientifiques » de captivité prolongée, elle ne sera ni exemplaire, ni en avance. Elle manquera l'occasion d'être pionnière.

L'alternative : investir dans de véritables sanctuaires

Depuis le début des débats sur la loi de 2021, nous défendons une autre voie : investir dans de véritables sanctuaires et refuges, conçus spécifiquement pour les cétacés issus de la captivité.

La création de sanctuaires n'est pas une solution simple. C'est précisément pour cette raison que la loi de 2021 accordait 5 années pour avoir le temps d'avancer dans cette direction.

Un sanctuaire implique par ailleurs des choix courageux :

  • Des sites adaptés, en milieu naturel ou semi-naturel.
  • Des transferts d'animaux longs, complexes, qui doivent être strictement encadrés par des vétérinaires et des soigneurs spécialisés.
  • Une prise de risque assumée : certains animaux, affaiblis par des années de captivité, peuvent ne pas s'adapter.

Il serait irresponsable de nier ce risque. Mais refuser toute expérimentation par peur de l'échec serait tout aussi irresponsable. Car sans expérimentation, il n'y aura jamais de solution durable.

Chaque expérience, chaque succès comme chaque difficulté, apportera des connaissances précieuses pour les futurs animaux. Et ces futurs animaux ne manqueront pas d'arriver, à mesure que les delphinariums ferment.

Une responsabilité historique

La France a fait un choix fort en 2021. Elle a affirmé que la captivité des cétacés n'était plus compatible avec ses valeurs. Elle doit aujourd'hui aller au bout de cette logique.

Construire un nouveau bassin géant à Beauval, aussi sophistiqué soit-il, revient à regarder dans le rétroviseur. Investir dans des sanctuaires, c'est regarder vers l'avenir. C'est accepter la complexité, l'incertitude, parfois l'échec, au service d'un objectif plus juste.

La question n'est donc pas seulement de savoir où placer les dauphins actuels. Elle est de savoir quel modèle nous voulons léguer pour les décennies à venir.

____________________

Photo de couverture : dauphins en liberté © Xavier Durot

____________________

Pour aller plus loin :

Petites aires marines protégées, une solution au conflit actuel

Webinaire "Aires marines protégées : préserver pêche et biodiversité"

Le Conservatoire du littoral en danger, signez la pétition pour le protéger

3e Conférence des Nations Unies sur l'Océan : H&B fait le bilan

Découvrez davantage d'articles sur ces thèmes :
Espèces menacées Biodiversité Publication Mer et Littoral
icoFacebook35Color icoLinkedin35Color icoComment35Color
icoFacebook35Color icoLinkedin35Color icoComment35Color
0 commentaire(s)
ou
Connectez-vous
Aucun commentaire pour le moment.
Consultez également
Déclin des Insectes : communiqué de presse de l'Académie des Sciences

Déclin des Insectes : communiqué de presse de l'Académie des Sciences

Communiqué de presse de l'Académie des sciences - Paris, le 26 janvier 2021Dans un avis qu’elle...

28 janvier 2021
Espèces menacées d'extinction : on en parle sur France Info

Espèces menacées d'extinction : on en parle sur France Info

Dans le billet sciences de France Info, Bernard Chevassus-au-Louis, président d'Humanité et...

22 décembre 2020
Pyrénées : 6/10 français favorables au remplacement des ours tués

Pyrénées : 6/10 français favorables au remplacement des ours tués

Les Français sont nettement favorables au remplacement des ours tués par l'homme dans les...

10 décembre 2020
Liste rouge des espèces menacées : un bilan catastrophique

Liste rouge des espèces menacées : un bilan catastrophique

L'UICN vient, à l'occasion de la journée mondiale de la vie sauvage du mercredi 3 mars 2021, de...

8 mars 2021
Êtres en transition, le vivant nous questionne

Êtres en transition, le vivant nous questionne

Publié le 16/04/2021Le projet « Êtres en transition » est né d'une rencontre entre Humanité et...

16 avril 2021
Journée internationale de la biodiversité : tous acteurs !

Journée internationale de la biodiversité : tous acteurs !

Le 22 mai 2021, nous célébrons la Journée internationale de la biodiversité, un événement annuel...

22 mai 2021
L'ASSOCIATION
  • Politique de protection des données
  • Rapports et comptes annuels
  • Statuts
  • Chartes
  • Partenaires
S'ENGAGER
  • Adhérer
  • Nous contacter
icoFacebook24Color icoYoutube24Color icoLinkedin24Color icoInstagram24Color
  • Plan du site
  • Licences
  • Mentions légales
  • CGUV
  • Paramétrer les cookies
  • Se connecter
  • Propulsé par AssoConnect, le logiciel des associations Environnementales