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Climat et biodiversité : décryptage du nouveau rapport du GIEC

Climat et biodiversité : décryptage du nouveau rapport du GIEC

Rapport du GIEC publié le 9 août dernier : de quoi s'agit-il ?

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est l’organe des Nations Unies chargé d’évaluer les travaux scientifiques consacrés aux changements climatiques. Créé en 1988, il établit périodiquement des évaluations sur les changements climatiques, à partir des travaux publiés par des milliers de chercheurs de tous les pays membres. Ces évaluations distinguent trois thèmes :

  1. l’analyse scientifique des changements eux-mêmes,
  2. leurs impacts et les risques qui en découlent,
  3. la présentation des stratégies d’atténuation et d’adaptation susceptibles de les réduire.

La cinquième évaluation globale effectuée depuis 1988 datait de 2013. Le rapport publié le 9 août 2021 constitue la première partie, portant sur les éléments scientifiques, de la sixième évaluation, dont les deux autres parties (impacts, et stratégies d’adaptation et d’atténuation) suivront d’ici à 2022. Les aspects sociaux, politiques et économiques ne sont donc pas traités dans cette première partie.

Quoi de neuf dans ce rapport ?

Surtout, la confirmation d’un réchauffement accéléré : le seuil de 1,5°C d’augmentation par rapport à la période 1850-1900, évoqué lors de l’accord de Paris comme un niveau à ne pas dépasser d’ici à 2100, pourrait être atteint dès les 20 prochaines années : on est déjà à +1,1 °C.

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Le fait que cette hausse soit la réponse du système climatique aux émissions de gaz à effet de serre d’origine humaine est considéré comme « sans équivoque ». Le graphique ci-dessus (SPM 1, p.7 du résumé pour décideurs), indique que les températures moyennes globales depuis 1850 simulées à partir des seuls effets solaires et volcaniques sont stables, alors que les mêmes intégrant en plus les effets des émissions humaines sont en hausse d’environ 1,1°C, conformes à la réalité observée.

Le rapport indique aussi que la hausse de température moyenne depuis 1850, constatée jusqu’à 2020 et simulée ensuite selon les scénarios de variation des émissions de CO2, est à peu près proportionnelle au cumul des émissions de CO2 depuis 1850 (cf. Graphique SPM 10 p 37 du résumé pour décideurs) :

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Cette relation directe entre émissions de CO2 et réchauffement conduit à différencier les hypothèses de réchauffement futur en fonction des scénarios de réduction des émissions. Dans toutes les hypothèses de scénarios de réduction, le rapport donne (avec des évaluations de probabilité plus ou moins fortes) des indications importantes sur les enjeux des modifications à venir, notamment en matière de biodiversité. Ces modifications concernent en effet l’humidité et la sécheresse, les vents, la neige et la glace, les zones côtières et les océans :

  • modification du cycle de l’eau : pluies plus intenses, avec les inondations qui les accompagnent, sécheresses plus intenses dans de nombreuses régions ;
  • modification de la répartition des pluies : il est probable que les précipitations augmenteront aux hautes latitudes, alors qu’une baisse est projetée dans une grande partie des régions subtropicales. Des changements sont attendus dans les pluies de mousson, qui varieront d’une région à l’autre ;
  • élévation du niveau de la mer tout au long du XXIe siècle, qui contribuera à accroître la fréquence et la gravité des inondations dans les zones de faible altitude et à accentuer l’érosion du littoral. Les épisodes de niveaux marins extrêmes qui survenaient une fois tous les 100 ans dans le passé pourraient se produire tous les ans d’ici à la fin du siècle ;
  • dégel du pergélisol et perte de manteau neigeux saisonnier, fonte des glaciers et des calottes glaciaires et diminution des glaces de mer arctiques en été ;
  • réchauffement des océans, la fréquence accrue des vagues de chaleur marines, acidification et baisse de la teneur en oxygène, au moins jusqu’à la fin de ce siècle ;
  • possibilité d’accentuation du changement climatique dans les villes, notamment la chaleur (les milieux urbains étant souvent plus chauds que les zones environnantes).

Pour la première fois, le sixième Rapport d’évaluation offre une évaluation régionale poussée du changement climatique, en s’attachant notamment aux informations utiles pour éclairer l’évaluation des risques, l’adaptation et d’autres processus décisionnels ; il définit aussi un nouveau cadre qui permet de transcrire ce que les changements physiques du climat – chaleur, froid, pluie, neige, sécheresse, vent, inondations côtières et autres – impliquent pour la société et les écosystèmes.

On trouvera ces informations régionales détaillées dans le nouvel Atlas interactif, ainsi que dans les fiches régionales.

Quelques éléments forts issus du rapport

Il confirme que le changement climatique que nous vivons, du fait des émissions d’origine anthropique, est sans précédent depuis plus de 2000 ans, et que la décennie 2010-2019 est probablement la plus chaude depuis au moins 100 000 ans. Limiter le réchauffement global à +1,5°C est encore possible*, mais exige la neutralité carbone en 2050, et chaque dixième de degré au-delà se traduira par des conséquences sévères sur les conditions de vie de toutes les populations, souvent en priorité celles des plus défavorisées. La fréquence accrue des évènements extrêmes (canicules, sécheresses, inondations, etc.), en montre déjà les effets.

L’enjeu politique des décisions à prendre, à tous les niveaux, est donc de plus en plus vital pour nos sociétés.

*Cet objectif affirmé avec force lors de la COP 21, à Paris, implique un bouleversement de grande ampleur de nos modes de productions et de consommations. Nos sociétés sont-elles prêtes ? Ce sera l’objet des prochains rapports.

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